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Les routes |
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Dans son mémoire sur l'Angoumois, Gervais évoque (page 236,237 et 238) le déplacement de la route postale vers l'actuelle RN 10 : "Changement de la route de la poste. Il fut proposé au commencement de l'année 1717 de changer la route de la poste du Poictou en Angoumois, depuis Chaunay jusqu'à Barbezieux, c'est-à-dire que le courrier de Bordeaux, qui a accoutumé de passer par Sausay, Bannières, Villefeignent, Aigre, Gourville, Saint-Cybardeaux, Villars-Marange, laissant Angoulême à la gauche en allant à Bordeaux, pour descendre à Châteauneuf, Nonnaville, et ensuite à Barbezieux, auroit passé par Limalonges, Ruffecq, manle, Pont-de-Churet, Angoulesme et Roullet, et de là à Barbezieux. Pour établir l'utilité de ce changement, on faisoit voir qu'il y avoit trois postes et demie à gagner, s'en trouvant onze et demie dans cet intervalle de l'ancienne route, et n'y en ayant que huit dans la nouvelle proposée; et on ajoutoit que les chemins de cette dernière sont plus fermes et plus beaux que ceux de l'autre. Les maires et échevins d'Angoulesme et les habitants du plat pays se joignirent à ceux qui avoient fait cette proposition et représentèrent de quelle importance il étoit que la poste passât par cette capitale de la province. Les officiers de justice et les négociants du dedans et du dehors de cette ville firent les mêmes remontrances ; mais de quelque utilité que parût ce changement pour le Roi et le public, il ne fut pas néanmoins goûté par M. de Torcy (Surintendant général des Postes), soit à cause de la difficulté du passage d'Angoulesme, ou parce que le pont de Mansle, sur lequel il falloit passer nécessairement, étoit alors emporté. Quoi qu'il n'y ait pas tout à fait trois postes à gagner, comme on le supposoit, dans ce changement, il est cependant vrai qu'il y en a bien l'étendue de deux. Les lieux de la nouvelle route par lesquels les courriers passeroient sont communément plus gros et mieux fournis pour les commodités de la course que ceux de la route ordinaire. Il est vrai que la situation d'Angoulesme étant fort élevée et ses abords assez difficiles, le passage des courriers pourrait être retardé s'ils traversoient la ville ; mais en y établissant une poste, on supposerait d'en mettre le bureau au faubourg de l'Houmeau, qui est en- dessous, et de faire tourner le courrier par le chemin bas qui est au bout inférieur de la montagne, pour gagner ensuite le grand chemin de Roullet et Barbezieux, ce qui est très praticable. La difficulté du passage de Manle étoit d'un objet plus important avant le rétablissement du pont, mais elle se trouve entièrement levée par la construction d'un nouveau (1725 pour 180 000 livres), qui vient d'être fini. Rien n'empêcheroit donc à présent un changement si avantageux, et il seroit à désirer que la Cour voulut bien l'ordonner." La partie suivante a été tirée en partie et avec son autorisation de l'excellent ouvrage du Docteur Sauteraud, Villefagnan, son Histoire. Qu'il soit remercié de cet excellent travail. Le 20 août 1760, le conseil d'administration de la ferme des postes autorise le changement de la route au cours de sa séance du 20 août. En 1760 donc, après un important reconditionnement des routes au nord de Poitiers, il fut décidé pour le sud de cette ville, et jusquà Bordeaux, un déplacement vers lest de la route de la poste. Deux itinéraires se concurrençaient : la route de Lusignan vers Saintes et celle de Vivonne rejoignant Villefagnan. Un ancien projet daté de 1715 voulait faire passer la route de Poitiers à Bordeaux par Chef-Boutonne, abandonnant ainsi litinéraire par Lusignan. Sur limpulsion de Turgot, en 1760, afin de desservir Ruffec et surtout Angoulême, la route royale venant de Poitiers, Vivonne puis Chaunay, fut retracée par Ruffec, Mansle et Angoulême (port de lHoumeau), puis Barbezieux pour aller à Bordeaux. Une ligne de poste allait desservir Villefagnan à partir de Ruffec en direction de Chef-Boutonne, avec un relais à la Faye, Villefagnan (Etoile d'Or) et Embourie. La route Villefagnan-Ruffec fut retracée à la fin du XVIIIe siècle. A la veille de la révolution, les routes de la région sont dans un état de délabrement complet. Villefagnan na jamais mieux mérité son surnom de Villefagnouse. A noter que dans les textes anciens, lorthographe était Villefaignan. Il me serait trop facile de parler de rapport de cause à effets (en fait, il était l'usage à cette époque d'insérer entre le "a" et le "g" un "i"). Nous savons cependant parfaitement que lorigine du nom Villefagnan semble tout autre -- ville des fayen ou hêtres -- et que lorthographe nobéissait pas encore à des règles rigides. Les cahiers de doléances à notre disposition déplorent tous le mauvais état des routes de la région. Dailleurs, la baisse dactivité des foires de Villefagnan notée à cette époque semble corroborer ce fait. La route départementale RD 740 relie Ruffec à Villefagnan. Elle a été construite à la fin de l'ancien régime, en 1788, sous une impulsion lancée par Turgot, Intendant de la Généralité de Limoges de 1761 à 1774 et ordonnée par le dernier Intendant, Meulan d'Ablois. Le cahier de doléance de la Faye (8 mars 1789) nous révèle une information de la plus haute importance : la construction de cette route avait été entreprise l'été précédent, en 1788 : "Art 2. La grande route qui vient d'être commencée (et cela dans le meilleur de son terrain) n'ayant servi qu'à son détriment, étant absolument inutile puisqu'elle n'a aucune issue pour sa commodité, faite par l'ambition et la haine d'un intendant qui n'a même pas respecté la saison où les blés mûrs lui promettaient un dédommagement momentané, fait le second sujet de ses plaintes."
Ensuite, une prolongation de cette route allait desservir Empuré, Embourie et rejoindre Chef-Boutonne... Histoire de la Route Départementale 27 (cliquer sur ce lien) La première voiture charentaise était construite à Villefagnan : elle s'appelait la Naphtolette...
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