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Histoire de La Faye |
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Egalement visitez l'église Saint-Vincent en cliquant sur ce lien : Eglise de La Faye Le nom de la commune de La Faye trouve son origine dans fagus, fayan, hêtre. Elle se situe dans le canton de Villefagnan, villa fagus, qui donne ville et fagnan laissant penser à hêtre également. Peut-être une origine à La Faye mais sans aucune certitude : Cliquer sur le lien ci dessous. http://pagesperso-orange.fr/jm.ouvrard/armor/fami/l/lafaye.htm La commune de La Faye a chaussé les limites de l'ancienne paroisse. Elle était depuis 1208 (acte passé le 20 mars 1208 entre Frère Jean Dupuis, Prieur de La Faye, et Irvois, seigneur de Ruffec) le siège d'un prieuré qui dépendait de l'abbaye de Nanteuil-en-Vallée. Cet acte est confirmé le 20 avril 1480 par un acte passé avec Emery, Abbé de Nanteuil et Prieur de La Faye.
En 1885 selon H. Beauchet-Filleau : "On trouve dans une charte de 1130 que dans le cas d'une attaque dirigée contre les habitants de La Faye, ceux de Courcôme étaient tenus de leur prêter secours. La Faye était une châtellenie relevant d'abord, pour la haute justice, de Ruffec et d'Aizie, puis du marquisat de Ruffec, et plus d'une contestation s'est élevée entre le seigneur et le vassal au sujet du droit de guet du château de Ruffec, ainsi qu'il résulte de l'acte de reconnaissance de 1308 entre le prieur de La Faye et le seigneur de Ruffec, et de l'arrêt de 1736 qui déchargea finalement les habitants de la paroisse de La Faye de cette obligation militaire, établie pour défendre Ruffec au Moyen Age contre les entreprises des Anglais, et au XVle siècle, pour protéger cette ville durant les guerres de religion". Vers la fin du XVIIIe siècle l'Abbaye de Nanteuil déclinait. "Au XVIIIe siècle, la décadence de l'abbaye était complète ; les prieurés mis eux-mêmes en commende ou usurpés, n'étaient plus rattachés par aucun lien à la maison- mère. La Faye est actuellement entre le mains d'un grammoniste à qui on le dispute. Il y a trois ou quatre concurrents, l'affaire n'est pas jugée". Le 10 octobre 1770, pour l'abbaye de Nanteuil "la messe était dite". L'évêque de Poitiers, Martial-Louis Beaupoil de Saint Aulaire signait à Paris le décret d'extinction et de suppression. Vers 1914, les bâtiments du prieuré étaient occupés par l'école publique de filles. La cure de Saint-Vincent de La Faye dépendait de archiprêtré de Ruffec ; l'abbé de Nanteuil y nommait. Fiefs et terres nobles
Henri de Volvire, chevalier, sgr du Vivier, Touchabran et autres places demeurant au château du Vivier, épouse le 7 mars I666, Emerie de Corgnol, dame de Magné à Courcôme, deuxième fille d'Henri de Corgnol, chevalier, sgr de Magné et Fontenille et de Marguerite Normand. Ils vivent au logis de Magné, paroisse de Courcôme. Leur fils, Jean de Volvire, chevalier, sgr de Magné et de Touchabran épouse Marie-Nicole Jouslard d'Ayron le 21 février I7O5 à Poitiers. Marie-Nicole Jouslard d'Ayron est née le 2 février I679 à Vouillé (Vienne). Elle épousa le 2I février I7I5 à Poitiers Jean de Volvire, chevalier, seigneur de Magné et Touchabran. Ils eurent deux filles. La puînée Gabrielle de Volvire épousa le IO janvier I738 René-Auguste Desmier. Jean de Volvire et Marie-Nicole Jouslard d'Ayron eurent pour fille Emery de Volvire, dame de Magné et de Touchabran, née vers 1706, qui épousera le 12 avril 1722 Louis d'Anché, éc. sgr de Bessé et le Chatenet, fils d'Isaac d'Anché et de Marie de Lescours. Louis d'Anché , chevalier, seigneur de Bessé, Magné, Touchabran, est jeune lorsqu'il décède peu après son mariage. Le couple eut pour enfants : Jeanne, qui épousa en 1747 (ou 1748), Emmanuel-François, comte de Lambertie, chevalier, seigneur de l'Epine, Saint-Martin d'Ars. Elle lui apporta en dot la terre de Bessé ; puis Marie-Thérèse, dame de Gragonne qui restera célibataire. Acte du 1er septembre 1779 pour hommage plain et dénombrement (au devoir de deux sous livres deniers d'achaptement payables à chaque mouvance de seigneur) de Dame Marie Pandin veuve de Henry César de Clervaux et propriétaire du fief du Vignaud envers à demoiselle Thérèse D'anché Dame de Touchabran, Magné et autres lieux, propriétaire de la seigneurie de Touchabran à la suite des Volvire de Ruffec.
Le domaine des Plants
Le domaine des Plants en 1868 Le domaine des Plants eut ses hautes heures de gloire agricole avec deux propriétaires notamment. Jean-François Cail au XIXe siècle puis M. Shom au XXe siècle. Le domaine des Plants vu en 1885 par H. Beauchet-Filleau, Notes de voyage de Ruffec à Niort. "En 1853, époque a laquelle Jean-François Cail devint propriétaire dans le pays, ce domaine comprenait une étendue de 100 hectares. Depuis, des acquisitions successives ont porté sa contenance à 240 hectares répartis en trois fermes : Les Plants, Touchabrant et le Treuil. Jean-François Cail, mettant à profit un outillage agricole nouveau, se livra a des essais de culture qui lui donnèrent de bons résultats. La culture de la betterave, faite sur une vaste échelle, amena l'établissement d'une distillerie qui fonctionne chaque année pour la transformation de la récolte des betteraves en trois-six. L'ensemble des bâtiments, jardins, parc, etc., occupe une superficie de plus de deux hectares. Le domaine des Plants est relié par un fil télégraphique au bureau de Ruffec et communique aussi, par un appareil téléphonique, avec une de ses dépendances dans cette ville, à Plaisance, où est installée la machine élévatoire qui fournit l'eau nécessaire." Ce site Internet : La ferme des Plans et J.F. Cail est intéressant à visiter car il retrace dans son entier la vie de Jean-François Cail.
En ce qui
concerne M. Shom, voici ci-dessous ce qu'en disait l'Avenir de Ruffec en
1954 dans son article "Pionnier
de nos régions, le Domaine des Plants". "Le
terme de pionnier signifie exactement celui qui défriche, celui qui
met en valeur, et il peut s'appliquer au propriétaire du Domaine des
Plants, dont un propriétaire précédent, puis le fermier actuel ont
toujours été en avance sur leur temps. De cette avancée justement,
il résulte parfois des difficultés supplémentaires. Les précurseurs
jouent toujours un rôle ingrat. Ils
font seuls leurs expériences au sein de l'indifférence générale ou
même de l’incompréhension générale et toute une région, bénéficie
ensuite de leur labeur. C'est sans doute ce qui se passera pour le
Domaine des Plants qui depuis vingt cinq ans étudie d’une façon très
poussée, les moyens d'améliorer la production laitière, en sélectionnant
des vaches à grand rendement, suffisamment robustes pour nos régions,
et dont pourtant le lait ait les qualités beurrières exigées. Le
domaine possède actuellement une étable de vaches laitières, de
race flamande comme on n'en voit nulle part dans la région :
quarante vaches laitières, quarante génisses de race pure, un
taureau sélectionné. M. Sohm vient d’aller chercher près de
Dunkerque un petit taureau dont le père a été acheté pour le Herd
Book et payé 800 000 francs. Les rendements obtenus avec ce bétail
donnent toute satisfaction, la production moyenne de lait observé sur
300 jours peut dépasser les 5000 litres par vache. Plusieurs vaches
donnent 20 ou 25 litres de lait par jour. Dans
l’immense étable, la double rangée de vaches à la tête fine, à
la robe unie brun presque foncé, ou tirant sur le rouge, est un
plaisir pour les yeux. L’organisation, la propreté qui entourent
ces animaux, satisfait le visiteur. Le lait produit est destiné à la
ville de Ruffec. Les
génisses sont vendues en général à des particuliers, qui désirent
renouveler leur cheptel et ont compris qu’une vache de bonne race ne
mange pas plus qu’une «toquarde» et qu’elle rapporte davantage,
sans coûter plus de peine. Le Domaine des Plants comprend outre la
vacherie, une bergerie de 400 mètres, et de 275 agneaux de race
charmoise. Le troupeau de brebis est en aussi parfait état que les
bovins. Une porcherie de truie de race Large White sélectionnées,
complète l’élevage. C’est
là un type de grande exploitation qui est rare dans notre contrée.
Le Domaine des plants compte en effet 225 hectares. En
1868, il faut un domaine modèle, M. Cail ayant appliqué toutes les
ressources du modernisme d’alors. Le domaine était spécialisé
dans la culture de la betterave industrielle, et comportait sa propre
distillerie. Mais en 1929, la propriété était tombée dans un
certain état d’abandon. La maison d’habitation, les bâtiments
industriels, les écuries avaient besoin de réparations importantes.
Admirablement secondé par Madame Sohm, qui a laissé un souvenir
inoubliable aux habitants des Plants, et dans tout le voisinage, M.
Sohm remit tout d'aplomb, modernisa l'exploitation, acheta
l’outillage nécessaire, si bien qu'il dispose aujourd'hui de toutes
les ressources de la technique moderne. Cet
immense domaine emploie huit hommes et quatre femmes. Dans les hangars
immenses se trouvent quatre tracteurs, vingt-deux moteurs électriques,
une moissonneuse-batteuse (qui fut la première de la région), une
presse ramasseuse de paille et de fourrage, une batteuse pour battre
en grange, sans parler des remorques, des tombereaux, de tout un gros
matériel d'accessoires pour les tracteurs, et d'un outillage mécanique
perfectionné. Les
bâtiments de l'ancienne distillerie désaffectée, dont le
rez-de-chaussée sert aujourd'hui de bergerie, abritent le grain dans
le premier étage transformé en greniers. Une pompe à grain, un tire
sac, réduisent la manutention au minimum. Partout, la recherche de
faire mieux, aux moindres frais possibles, par une organisation
rationnelle du travail, et par l’emploi de la mécanique,
s’affirme." Depuis 1962, le domaine des Plants appartient à une société franco-allemande qui pendant 20 ans s'est consacrée à la culture du maïs. Ayant compris son erreur, aujourd'hui elle cultive divers céréales et oléagineux (214 hectares). Le Général Inspecteur Célestin Sieur est né aux Plants Le Général Célestin Sieur est né aux Plants de La Faye (Charente) le 27 décembre 1860. Il est mort à Paris (Hôpital militaire du Val-de-Grâce) le 12 juin 1955 et a été inhumé à Ruffec le 17 juin 1955, une avenue porte son nom. Agrégé du Val-de-Grâce en 1896. Professeur de chirurgie spéciale en 1905, membre titulaire de la Société de chirurgie en 1912. Nommé médecin-général inspecteur du Service de santé en 1917. Après sa mise à la retraite en 1922, il se consacre à la Croix-Rouge. Elu membre de l'Académie de médecine (section pathologie chirurgicale) le 3 décembre 1918. Président de la société française d'histoire de la médecine (SFHM) en 1939. Elu Membre émérite le 18 novembre 1952. A
l'école
de santé de Lyon, la Promotion 1956 porte le nom de
"Médecin général inspecteur Sieur". Il était le fils de Pierre Sieur, propriétaire cultivateur, 42 ans, et de Marie Queron, 36 ans, sans profession). Marié
le 14 avril 1887 à Niort (Deux-Sèvres) avec Marie Amélie JACOMELLA,
il s'est remarié, après veuvage, avec Berthe Anna Constance DELORY. Célestin
Sieur a été formé en médecine à Bordeaux. Externe en 1880,
interne en 1881, entré au service le 13 septembre 1881 (École du
Service de santé à Bordeaux) En 1914, il est chef de service au Val-de-Grâce. A la déclaration de guerre de 1914, il a rendu obligatoire la vaccination contre le typhus. Célestin Sieur était médecin inspecteur Général. Il fut chef supérieur du service de santé de la 8e Armée : médecin-inspecteur Célestin Sieur du 6 février 1915 au 25 avril 1915. En 1916, il a réorganisé avec le directeur de la santé du gouvernement militaire de Paris le service hospitalier parisien. Livre
à consulter : SIEUR (Médecin général, C.)– Six mois de
direction du Service de santé du XXe corps d'armée (28 juillet
1914-15 février 1915) – Paris, Charles Lavauzelle, (1937) « La
protection contre les gaz asphyxiants employés par l’ennemi fut
primitivement confiée au service de Santé seul », écrit le médecin
général Sieur. Il ajoute : « Le commandement
n’ayant pas tout d’abord attaché à cette arme nouvelle
l’importance qu’elle devait avoir, aussi bien dans la défensive
que dans l’offensive ». Au lendemain du 22 avril 1915, le
général Joffre désigne la Direction générale du service de Santé
du grand quartier général pour la protection des troupes françaises,
contre ce qu’il appelle « ce nouveau mode de terreur, de
maladie et de mort ». Une organisation contre les gaz de combat
est en passe de se développer ; elle est placée sous le
contrôle technique de Charles Dopter, éminent professeur d’hygiène
au Val-de-Grâce, célèbre pour ses travaux sur la méningite cérébro-spinale. Célestin Sieur est inspecteur du service de santé du groupe d'armées de réserve du 26 mars 1918 au 4 mars 1919. En 1919, il est nommé à la présidence du comité consultatif de la santé et est fait camarade honorifique de l’université royale d’Edimbourg. Il fut membre de l'Académie de médecine et vice-président de la Croix Rouge Internationale. Célectin Sieur a été élu à l’académie de médecine en 1918 (1928) et en fut le président jusqu’en 1939. Il a été remarqué pour son travail sur l’anatomie du visage et le traitement du tétanos. Il fut aussi vice-président de la Croix-Rouge Internationale. Il a été décoré de la Grand’Croix de la Légion d’Honneur en 1954. Site de la SFHM : http://www.bium.univ-paris5.fr/sfhm/hist_presidents1.htm Paroisse sans moulin Les habitants de la Faye se rendaient avant la Révolution au moulin de Rejallant, sur La Charente, pour faire moudre leur grain. la paroisse ne possédait pas de moulin à eau (aucun cours d'eau) ni de moulin à vent car elle était tenue par l'église qui tenait à percevoir les taxes lies à la banalité (cas des moulins à eau, et non des moulins à vent). Mais pas sans vin La paroisse comptait en 1751 de nombreux viticulteurs dont les vignes étaient pour la plupart situées sur la route de Raix. A noter que des bois et des carrières de sable les ont progressivement remplacées après la crise du phylloxéra. La Révolution annonce la commune de La Faye En 1789, la Faye compte 215 feux. En comptant 4 habitants en moyenne par feu, on obtient 860 habitants pour la paroisse. A noter que le recensement de 1853 donne une population de 864 habitants. En 1786 la paroisse est taxée de 2.475 livres de taille, 1.320 livres d'accessoires, 1.375 livres de capitation, 1.784 livres de vingtièmes. Le cahier de doléances a été établi en assemblée vraisemblablement devant les portes de l'église de La Faye le 8 mars 1789. Il est divisé en trois chapitres : sujets de plaintes, sujets de demandes, sujets de remontrances. La commune est traversée par la départementale 740 qui fut tracée en juillet 1788 pour relier Ruffec à Villefagnan. Le cahier de doléance de la Faye (8 mars 1789) nous révèle une information de la plus haute importance : la construction de cette route avait été entreprise l'été précédent en 1788 : "Art 2. La grande route qui vient d'être commencée (et cela dans le meilleur de son terrain) n'ayant servi qu'à son détriment, étant absolument inutile puisqu'elle n'a aucune issue pour sa commodité, faite par l'ambition et la haine d'un intendant qui n'a même pas respecté la saison où les blés mûrs lui promettaient un dédommagement momentané, fait le second sujet de ses plaintes". En 1790, l’assemblée constituante institua 83 départements par les décrets du 15 janvier, des 16 et 26 février. Ces décrets furent sanctionnés par Louis XVI le 4 mars 1790, figeant ainsi la désignation définitive de ces départements. Le but de cette décision était de réorganiser "harmonieusement" le dispositif administratif français et de mettre un terme aux anciens découpages. La
Charente fut d’abord séparée en 6 districts (devenus
arrondissements par le décret du 28 pluviôse de l'an 7 ou l'an 1800) :
Angoulême, La Rochefoucault, Confolens, Ruffec, Cognac et Barbezieux,
lesquels totalisaient 44 cantons. Le département de la Charente était ensuite divisé en 5 arrondissements, 29 cantons et 426 communes. Le décret du 22 novembre 1789 précisait qu’il y aurait une municipalité en chaque ville, bourg ou paroisse de campagne (Art 1°, paragraphe 7). Il existait toutefois avant la révolution des assemblées générales d’habitants, convoqués à la sortie de la messe, en vue de répartir la Taille entre les propriétaires. En effet, le 12 juillet 1787, le roi avait institué des municipalités qui comprenaient deux membres de droit, le seigneur et le curé, puis au moins 3 membres élus (3 membres pour 100 feux). Cette assemblée municipale désignait un syndic (ou maire) et un greffier. Pour être électeur il fallait alors au moins payer dix livres d’impôts fonciers et pour être éligible trente livres. Les anciennes municipalités furent abolies par l’assemblée nationale, loi du 14 décembre 1789. Les nouveaux élus prêtèrent serment au tout début de 1790 et durent prononcer le texte suivant : " Nous jurons d’être fidèles à la Nation, à la Loi et au Roy et de maintenir de tout notre pouvoir la Constitution du royaume, et de remplir nos fonctions en notre âme et conscience". Un curé dans la Révolution à La Faye Source : bulletin n°4 du GRHAIJ année 1994 pages 45 et 46. "François Mathurin Lepelletier fut sans doute ordonné prêtre dans l'année 1763. Vicaire de Lessac, paroisse rattachée à l'évêché de Poitiers, il fut nommé par l'abbé de Charroux à la cure des Vestisons, ancienne paroisse rattachée à celle d'Hiesse. L'église de cette minuscule paroisse, vu son délabrement, était alors interdite au culte par l'évêque de Poitiers. François Mathurin Lepelletier prit possession de cette paroisse le 30 janvier 1764, devant Maisondieu, notaire royal à Abzac. Il devait occuper ce poste, tout en étant vicaire de Lessac, jusqu'en 1767. Nommé curé de La Faye (Charente) par l'abbé de Nanteuil aussitôt après le décès du curé en titre, Toussaint Pierre Poullet, il prit possession de sa paroisse le 28 février 1767, devant Balland jeune, notaire royal à Ruffec. L'Assemblée nationale constituante voulait fonctionnariser et démocratiser le clergé. Elle chargea son comité ecclésiastique de rédiger une loi dite "Constitution civile du clergé", publiée le 12 juillet 1790 et sanctionnée par le roi le 24 août suivant. Le décret du 27 novembre 1790 exigea de tous les ecclésiastiques fonctionnaires publics qu'ils prêtent serment de fidélité à cette constitution sous peine de destitution. Cette obligation du serment allait entraîner une scission entre les prêtres dits jureurs et les non jureurs, dont les conséquences se manifesteraient bien au-delà du Concordat de 1801." Cependant, cette loi ne fut pas perçue favorablement et il fallut obliger (décret du 24 juillet 1790) le clergé à prêter rapidement serment - dans les huit jours - sous peine de démission et de suppression du traitement. Ce traitement était des plus décents : en effet, en théorie chaque vicaire recevait 1000 livres, chaque curé 2000 livres quand l’évêque bénéficiait de 20000 livres (la majorité des curés du district de Ruffec n’obtenaient que 1200 livres). "François Mathurin Lepelletier fut du petit nombre de ceux qui refusèrent le serment. Sur 556 ecclésiastiques du nouveau diocèse d'Angoulême égal en étendue au nouveau département de la Charente, soumis au serment, 142 refusèrent de le prêter ou le prêtèrent avec restriction ; ils furent par la suite rejoints par 42 prêtres qui rétractèrent le serment qu'ils avaient d'abord prêté. Dans son titre II, article 1er, la Constitution civile du clergé prévoyait que, désormais, on ne connaîtrait qu'une seule manière de pourvoir aux évêchés et aux cures, à savoir la forme des élections. Toutes les élections se feraient par la voie du scrutin et à la pluralité absolue des suffrages (art. 2). L'assemblée électorale du district de Ruffec, où siégeaient quelques dizaines d'électeurs désignés sans considération de leurs opinions religieuses, se réunit dans l'église Saint-André de cette ville le 27 mars 1791 et les jours suivants. Le 29 mars, Mathurin Gérard Lepelletier, curé de Villefagnan, frère du curé de La Faye, qui avait refusé le serment, fut remplacé par Pierre François Forès, ex-vicaire de Montembœuf." Le 30 mars 1791, le directoire du district de Ruffec devait procéder, par vote du bureau électoral, au remplacement des cures vacantes. Pour la Faye, deux curés sont candidats : le curé de Raix, Jean François Couturier, et le vicaire de Mouton, monsieur Poussard. Cinquante électeurs procèdent à cette élection. Un premier tour ne donna la majorité absolue à aucun des postulants. Un second tour, avec seulement quarante neuf électeurs donnait vingt quatre voix au curé de Raix et vingt quatre voix également à monsieur Poussard car un électeur avait déposé un billet blanc dans l’urne. C’était reparti pour un troisième tour. Mais maintenant cinquante deux votants allaient déposer un bulletin. Jean-François Couturier bénéficia de vingt et huit bulletins favorables, monsieur Poussard vingt et trois, et l’urne contenait à nouveau un bulletin blanc. Le président proclama Jean-François Couturier curé de La Faye. « Sur-le-champ est venu Monsieur Couturier de Raix, accompagné de la garde nationale de Ruffec et de la musique et tambours, lequel en adressant un discours à l’assemblée électorale, a accepté la cure de La Faye à laquelle il vient d’être nommé et a signé Couturier. » Jean-François
Couturier n’a jamais rejoint la Faye, et monsieur Belerme lui
succéda à Raix de janvier 1794 à 1797. La cure de la Faye fut
offerte le 15 mai 1791 à l’abbé Rivière, vicaire de Ruffec, par
un suffrage favorable de quarante voix sur une totalité de cinquante
six. La dîme
était supprimée, le curé devenait fonctionnaire de l’Etat. "Bien qu'ayant accepté cette nomination, Couturier n'occupa point son nouveau poste et demeura à Raix où il se maria le 7 ventôse an 2 (25 février 1794). Le 28 avril 1791, le directoire du district de Ruffec se faisait l'écho des plaintes portées contre les curés réfractaires à la loi, tels que Bernard à Ebréon, Limousin à la Magdeleine, Lepelletier à La Faye, et Préveraud à Juillé, "qui cherchaient par des insinuations lâches et perfides à fomenter des troubles et des insurrections parmi les citoyens de ces paroisses". Le directoire du district, pour mettre un terme à ces troubles, demanda instamment au département d'ordonner de nouvelles élections. Aussi, le 15 mai 1791, Pierre Rivière, "vicaire dAnay", fut élu curé de La Faye. Il traversa la Révolution, occupa divers postes dans le diocèse d'Angoulême au lendemain du Concordat, et finit comme curé de Juillé. Nous ignorons le sort immédiat de François Mathurin Lepelletier, ainsi que celui de son frère, après leur remplacement à La Faye et à Villefagnan." François Mathurin Lepelletier, déporté, décéda plus tard sur l’Indien et fut inhumé à l’Ile d’Aix. Le train La ligne de chemin de fer reliant Paris à Bordeaux traverse la commune entre Ruffec et Courcôme. Son passage avait obligé à construire un tunnel sous les bois de Touchabran. Elle fut terminée entre Ruffec et Angoulême au cours du mois de juillet 1853. La jonction Poitiers-Angoulême allait être établie au début de 1855, lorsque s’ouvrait enfin à la circulation sur une seule voie le tronçon Ruffec-Poitiers. Trois mois plus tard, le 1er avril 1855, la circulation normale pouvait débuter et le service des postes, continu et performant, allait alors fonctionner.
2. Niort-Ruffec De 1885 à 1959, la ligne de chemin de fer Niort-Ruffec traversait la commune avec une halte sur la route qui conduit aux Plans. De cette halte à la gare de Ruffec, la ligne était à deux voies. Cela permettait au train montant d'attendre avant de prendre la voie l'entrée en gare du train descendant. Une maisonnette existait au passage à niveau de la Tachonnerie. Le train de Ruffec à la Faye vu en 1885 par H. Beauchet-Filleau, dans "Notes de voyage de Ruffec à Niort". "La nouvelle ligne ferrée, après avoir suivi parallèlement celle de Paris à Bordeaux depuis la gare de Ruffec jusqu'à une distance d'un kilomètre environ, incline sur la droite et traverse la plaine de Longchamp, laissant à gauche le hameau de Veillemorte, qui se trouve placé dans le triangle formé par les deux chemins de fer. Par un tracé sinueux jugé sans doute indispensable pour rattraper le niveau de la ligne d'Orléans, le chemin de fer parcourt la plaine du Treuil et entre dans une tranchée profonde que traverse sur un pont métallique la route départementale N°7, de Confolens à Melle. A la sortie de cette tranchée, percée clans la même colline que celle où la compagnie d'Orléans a dû établir un tunnel, on débouche dans une autre vallée qui s'étend jusqu'à la halte de La Faye. Sur ce parcours, le regard du voyageur ne rencontre de saillant, en dehors de quelques groupes d'habitations dans la campagne, que l'importante ferme et distillerie (les Plants, propriété de M. Cail, et qui, avec ses bâtiments multiples, son usine à gaz, sa distribution d'eau, son parc, ses jardins, ses serres, ,semble une petite ville transplantée au milieu de la vaste étendue de terrain dont les habitants ont pour mission d'assurer la culture. La halte de La Faye dessert cette commune et permet aussi au voyageur une arrivée plus facile à Courcôme, dont le chef-lieu se trouve situé à 3 km environ. Mais revenons à notre chemin de fer. Après quelques minutes d'arrêt, le train reprend sa marche à travers un terrain légèrement accidenté ; il traverse des bois clairs, d'une étendue d'environ 100 hectares, connus sous le nom des bois de Raix, et passe à hauteur de la commune de ce nom, qu'il laisse sur la gauche. Raix n'a point de station* ; sa position, à distance à peu près égale entre La Faye et Villefagnan, ne permettait point d'en établir une ; en revanche, on y a construit deux jolis ponts très rapprochés l'un de l'autre, pour le service des chemins qui dessert cette commune. Dix minutes plus tard, on entre en gare de Villefagnan." H. Beauchet-Filleau ne pouvait deviner que Raix en raison de ses foires importantes le 17 de chaque mois obtiendrait un arrêt puis une halte du train. S'il cite deux ponts métalliques au Nord de Raix pour desservir les hameaux de La Groge et de la Roussellerie, il a complètement omis le pont de 4 mètres qui est mitoyen entre Raix et La Faye : omission grave puisque ce pont est le seul pont en pierre de taille que compte la ligne sur l'ensemble de son parcours. Les enfants de La Faye (et de Raix) ont été nombreux à jouer sous cet ouvrage d'art.
Le monument aux morts inauguré le 10 octobre 1920 Sources : Le journal de Ruffec du 17 octobre 1920.
LES ANNEXES Annexe 1. Cahier de doléances de la paroisse de La Faye Procès
verbal d’assemblée de la paroisse de La Faye Réunion le 8 mars, en l'auditoire du lieu. Président : maître François Babaud, notaire royal, faisant la fonction de juge, " attendue l’impossibilité de M. le juge de ce lieu d'y être présent". Comparants : Pierre Couturier, Jean Couturier, Pierre Marchand, Jean Grelon, Thomas Bournaud, Jean Touzeau, Pierre Touzeau, François Petit, Pierre Desbains, Pierre Pelladeau, Pierre Mondion, Jean Arnaud, Jean Chevallier, Jacques Rigaud, Jean Rollain, Jean Rigaud, Jacques Dallançon, Jean Machet, Pierre Collet, Jean Près, Jean Gautron, Jacques Mourier, François Bourdelais, Jean Trouvé, François Rollain, Jean Touzeau, Jean Collet, Jean et pierre Touzeau, Jean Gaderaud, Jacques Rousselot, François et Jean Fréquent, André Bonnaud; Jacques Friquet, Jean Sourit, Pierre Sorton, Pierre Normand, François Tissaud, Jean Rousselot, Jacques Mourier, Gabriel Tourier, François et Jean Collet, Jean Bais, Jean Fayou, Jean Boucheraud, Louis Guillot, François Renon, Pierre Deléchelle, Jacques Groussard, Pierre Dindinaud, Jean Deléchelle, Jean Binard, le sieur Demondion du Chiron, Pierre et Jean Gautron, Jean-Charles Bonnet, Pierre Demondion, Jean Montaguet, Pierre Rossine, Jacques Dindinaud, Louis Gautron, Jean Loraud, Pierre Gautron cadet, Jean Gautron, André Loraud, Jean Genty, le sieur François Boudon, François Meunier, Pierre Baussand, Pierre et Martial Chullier, Jean Thurand, syndic ; François Pouyaud, Jean Demondion, Jacques Braud, André Loraud, François Goboriaud, Pascal Vinsonnaud, Jean Vinsonnaud, Pascal Gobinaud, Jean Groussard, Gabriel Repain, François-Jacques Desplans, Louis Léchelle, Henry et Louis Garnaud, François Groussard, Jean Gautron, François Gautron, Pierre Rivière, François Combaud, André Quéron, Jean Peraud, Jean Tinaud, François Sire, François Riffaud, Pierre Gaschet, Étienne Gratreau, Louis Garnaud, Jean Menais, Louis Corlier, François Clémanceau, Jean Roullain, Jean Suire, Jean Barrot, Jean Gautron, Jean Deléchelle, Jean Rolain, André Bertrand, François Verdon, Jean Amiaud, Jean Sorton, François Barret, Louis Gire, Jacques Demoulins, Jean Sorton, Pierre et Jean Cornut, Antoine Grimaud, Pierre Giblard, Pierre Guillot, François Sorton, François Caillier, André Desmoulins, Jean Audier; Jean Nivaud, François Touchard, Jean Guillot, Jacques Arnon, Jean Coiteux, Pierre Desmoulins, Louis Coiteux, François Cebaud, Jean Trillet, Gabriel Genty, François Rangier, Jean Renon, Jean Rangier, François Arnon, Jean Audier, François Bonicaud, Pierre Cornut, François Barrot, Etienne Moisne, Pierre Pourajaud, Jean Bouchaud, Louis Bouchaud, Pierre Sorton, Pierre Boissier, François Lavauzelle, François Bouchaud. Le bourg et communauté comte 215 feux. Cahier
des plaintes, doléances et remontrances à
faire par la paroisse de la Faye à
l'assemblée préliminaire d’Angoulême. Vue
la liberté accordée au Tiers état de France par Louis XVI, son
auguste Monarque, de faire parvenir jusqu'au pied du trône ses
plaintes, doléances et justes réclamations pour son soulagement et
les moyens qui lui paraîtront les plus justes et les plus surs pour
maintenir dans ce même royaume l'équilibre le plus parfait entre
tous ses membres, ladite paroisse ose demander à Sa Majesté de
vouloir bien accepter d'un bon oeil tout ce qui lui paraîtra digne et
de ses grandes vues et du soulagement de son peuple. En
conséquence de sa prière et de la permission qui lui en est accordée,
elle va passer à l'énumération des différents articles qui
l'affectent et y procédera dans l'ordre le plus parfait, le plus
clair, et le plus à même de donner à son Roi le témoignage assuré
de son amour et de son respect pour sa personne. I. SUJET DE PLAINTES Art.
1. La paroisse de la Faye se plaint d'être vexée par l’impôt de
manière à retirer à peine de ses fonds de quoi suffire aux gages et
à la nourriture de ses colons et à la subsistance de ceux qui
exploitent par eux-mêmes ; de ce que l'ambition de son intendant
et de ses commissaires départis pour le prélèvement de ce même impôt
les rend sourds les uns et les autres aux justes réclamations quelle
peut faire, lorsque quelqu'un de ses membres veut vérifier son taux
auquel il est injustement taxé. Pour preuve du fait, elle dit
qu'alors de l'époque trop malheureuse pour elle de l'établissement
de cette taille tarifée, elle ne payait que 1600 livres de tout l'impôt;
qu'alors les fonds furent estimés 13506 livres et 8 s. de revenu; que
pour cette même estimation elle paye 6821 livres 16 sols. Art.
2. La grande route qui vient d'être commencée (et cela dans le
meilleur de son terrain) n'ayant servi qu'à son détriment, étant
absolument inutile puisqu'elle n'a aucune issue pour sa commodité,
faite par l'ambition et la haine d'un intendant qui n'a même pas
respecté la saison où les blés bientôt mûrs lui promettaient un dédommagement
momentané, fait le second sujet de ses plaintes. Art.
3. Les collecteurs porteurs de rôles et les huissiers aux tailles ne
laissent pas que de tourner à son détriment, puisque, peuplée par
le pus grand nombre de malheureux, elle peut à peine payer la
surcharge, sans être forcée pour éviter de voir sortir de ses misérables
chaumières les meubles les plus utiles à sa subsistance, sans être
forcée, dis-je, de payer à ces avides du plus petit lucre, à différentes
fois, le double de sa quotité personnelle. Tous ces agents tirent de
la peine du malheureux le principal motif de leur aisance et s'en
trouvent tous bien, en ce que les significations, les procès-verbaux
et les transports exprès sont plus répétés et les rétributions
plus augmentées. Art.
4. Le bureau des traites porté à Ruffec, ville commerçante par les
différentes foires et marchés qui s'y tiennent, s'oppose à ce
quelle tire de ses bestiaux et différentes denrées le produit quelle
en tirerait si, pouvant voyager librement et sans frais bien injustes,
elle transportait partout où bon lui semblerait sa marchandise ou
bestiaux, et les vendait là ou là à celui qui en offrirait le plus.
Cette entrave au commerce parait révolter le plus grand nombre et même
tous les habitants voisins. D'ailleurs les employés dans cette partie
commettent souvent des abus tant dans les procès-verbaux qu'il ne
savent pas rédiger que par les accommodements qu'ils font sans en
avoir prévenu le directeur. Dans l'une et l'autre circonstance, le
misérable se trouve vexé, soit par l'injustice des droits perçus,
soit par la fixation de la ligne qu'ils assignent dans quels lieux il
leur plaît, et l'horreur qu'il s'en fait le porte à accommoder pour
telle somme qu'on lui demande; mais toujours faut-il; qu'il lui en coûte,
et ce contre l'intention du Monarque. Art.
5. Le bureau des aides n'offre pas moins de difficultés que celui des
traites. L'on ne peut pas faire arriver à Ruffec une barrique de vin
sans qu'il en coûte considérablement; tant pour les droits d'entrée
que pour le don gratuit, ou, qui mieux est, les droits réservés. Ces
mêmes droits sont si exagérés qu'un particulier vendant son vin à
Ruffec, plusieurs années de suite, a payé au bout de trois ou quatre
ans beaucoup au-dessus de la valeur de ses fûts, étant forcé
d'acquitter à ce même bureau toutes les fois qu'il lui faut faire
entrer son vin et faire sortir son fût vide, pour laquelle sortie il
paye 6 s. 3 d. par chaque fût pour les droits et quittances: Les
cercles, planches, bois d'ouvrage et bien d'autres denrées, dont l'énumération
deviendrait trop longue, payant de même. Les employés dans cette
partie commettent les mêmes abus que ceux employés dans les traites.
Les uns et les autres, réunis ou séparés de leurs directeurs, ne
cherchent qu'à vexer le public, à lui tirer la quintessence de son
revenu, animés de la mauvaise intention de leurs commettants, portés
tous du même zèle, conduits tous par le même intérêt, ils ne
forment dans leur ensemble qu'un groupe de sangsues avides, non de
sang, mais d'argent, et excitées à faire des plaies mortelles par
l'appât d'une bien modique rétribution. Mais, disent-ils, les petits
ruisseaux font les grandes rivières, et nous aimons mieux un mauvais
accommodement qu'un procès, parce qu'il nous en revient davantage.
Leurs démarches deviennent souvent encore plus funestes, lorsque, par
un zèle outré, ils en viennent jusqu’à susciter dans un village
une révolte ; alors, ils se contentent de verbaliser, soit à
droit, soit à tort ; la paroisse a toujours tort et les battus
payent l'amende. Art.
6. Les préposés aux droits de contrôle mettent un obstacle aux
menus de l'Etat, en ce qu'on est obligé pour éviter la fraude d'y
commettre beaucoup de préposés, qui, pour la rétribution qu'on leur
accorde, absorbe (nt) une grande partie des produits. D'ailleurs le
prix exorbitant qu'il en coûte fait faire beaucoup d'arrangements par
des sous-seings privés, qui, souvent conçus par des personnes
ineptes à la partie, y glissent beaucoup d'abus qui engendrent des
procès tendant tous au détriment de l’une et l'autre parties
contractantes ; que sils étaient modérés, les actes notariés
se multiplieraient, le nombre des employés diminuerait ; le Roi
et ses agents trouveraient un avantage réel. Qui empêche donc de
supprimer ces bureaux, de diminuer le nombre des notaires, d'ordonner
à chacun qu'il serait déposé dans leur maison les actes différents
qu'ils passeraient et de diminuer les droits de ces mêmes actes ;
ceux du -papier marqué, et d'accorder la liberté de faire quelques
actes que ce soit sur papier libre, pourvu qu'ils fussent revêtus du
contrôle, nécessité absolue pour la sûreté du public. Art.
7. La grande distance qu'il y a de Ruffec, où elle plaide en première
instance, par appel à Angoulême ; et en dernier ressort à
Paris, fait plaindre la susdite paroisse de ce qu'on n'a pas cherché
â éviter et les grands frais qu'ils font faire, et les volages de
longue haleine, et la longueur du temps (tellement) qu'un chef de
maison soit absent de chez lui, pour quelquefois malgré ses démarches
répétées, soit auprès de son avocat, de son rapporteur ou de ses
juges, il soit forcé de s'en retourner sans avoir pu obtenir un
jugement. Le suisse n'a pas été bien payé; les épices du
rapporteur n'ont pas été assez fortes, il faut que mon misérable.
s'en retourne labourer, ses choux, pour faire de l'argent, pour mieux
satisfaire les agents de sa ruine, et pour lors il est bien reçu, il
est recommandé, et, malgré le meilleur droit, il perd son procès.
Que s’il n’eut pas bien payé, il eut perdu dix ans plus tard et eût
fait dix voyages de plus. Que l'on simplifie les droits; que l'on
rapproche les justices, et que l'on accorde â la province de se faire
juger en dernier ressort pour la somme qu'il plaira assigner devant
des juges ordinaires. Art.
8. Elle réclame contre l'établissement de certains
huissiers-priseurs pour assister aux différentes ventes qui se font
en justice, disant qu elle est déjà assez malheureuse d'avoir à
combattre contre cette multitude d'agents barbares, sans qu'il en soit
préposé d'autres plus avides et à qui, par leur plus grandes qualités,
on accorde de plus forts honoraires. Elle se plaint de plus de ce que,
pour aller d'un endroit distant d'un autre de demi-lieue, ils mettent
ordinairement sur leur assignation distant de deux lieues et
transports exprès, lorsqu'ils vont dans un village ou paroisse
assigner plusieurs particuliers. Art.
9. Lors de l'établissement des francs-fiefs, ils n'existèrent chez
les bourgeois, que parce que ne faisant pas la guerre, et que la
Noblesse la faisant, et cela â ses dépens, était souvent forcée de
vendre ou aliéner quelques-uns de ses droits. Aujourd'hui, payée des
services qu'elle rend à l'État, enrichie aux dépens du royaume, et
possédant toutes les charges d'honneur pour prix de ses exploits, il
parait juste que le Tiers Etat ayant subi la rigueur d'une loi qui
depuis bien des temps eût pu être disputée, il est juste; dis-je,
qu'il soit entièrement déchargé de ce droit onéreux et contraire
aux constitutions de la monarchie. Art.
10. Elle se plaint de cette partie de la Noblesse, fière et altière,
qui n'est créée que d'aujourd'hui, cherche â l'appui de ses
exploits mémorables qui n'existèrent jamais, et a cherché â se
soustraire a l'imposition qui, suivant l'intention et de notre
Monarque et de ses prédécesseurs, eût dû affecter toute la classe
des hommes. S'ils firent, dit-elle, la guerre dans un temps où ils
n'eurent pour toute rétribution que leur exemption, qu'alors ils en
aient joui, à la bonne heure ! Mais aujourd'hui, ou le tiers état,
seul soutien le plus solide du trône (malgré son opinion), s'offre
de signaler (preuves dont ils n'ont pas besoin, si l'on consulte
l'histoire) et demande qu'on le mette à même de convaincre à n'en
pouvoir douter de la pureté de ses sentiments, de son attachement
inviolable pour sa patrie et de son obéissance pour son Roi, ceux de
cette partie de la Noblesse qui ont le moindre soupçon sur son compte
(d'ailleurs ils se flattent assez pour ne pas croire que personne ne
le soupçonne), qu'ils en jouissent, cela n'est pas juste. De plus,
qu'on accorde les emplois au mérite et, que pour y parvenir, on donne
au concours toutes les places à discuter entre la Noblesse et le
Tiers, et que soient cotisés également les uns et les autres; tel
est le veau de la Nation. Art.
11. Elle se plaint que, vexée des impositions injustement réparties,
comme je l’ai dit plus haut, elle se plaint, dis-je, qu'indépendamment
de cette vexation; elle soit exposée à payer annuellement au prieur
et seigneur de la paroisse la somme de 4200 livres, prix de la ferme ;
de ce que la petite quantité de terrain assignée pour parfaire cette
somme, soit en dîmes, agriers, cens et rentes, paye au moins trois
quarts de boisseau de blé par boisselée, dont moitié froment et
moitié méture blanche; de ce que le susdit prieur voulant éviter à
son fermier, au détriment de la paroisse, d'être chargé en plein au
rôle, ne fait sa ferme apparente que de 3ooo livres, et que par une
contre-lettre, il soit dit qu'il lui payera annuellement 12oo livres.
Indépendamment de cette noirceur, il est encore comptable à la
paroisse du peu de commisération qu'il a eu pour les pauvres l'année
1785. Cette même année, le respectable et zélé pasteur s'adressa
â l'intendant et au sieur prieur pour le soulagement de sa paroisse.
Après différentes lettres, il obtint enfin de l'un de ces deux êtres
barbares 17 boisseaux de seigle pour sa paroisse composée de 215
feux. En 1788, et la présente année, à l'époque des grands froids,
le zèle du curé a redoublé, mais inutilement, et ni l'un ni l'autre
de ces deux cœurs de rocher n'a rien accordé, pas même un soupir
pour ceux qui sont morts de faim et de froid. L'on ne vit jamais bénéfices
sans charges. Celui en question n'en a aucune, est de 4200 livres et
de 600 livres de pot-de-vin, et est mangé hors de la paroisse et par
quelqu'un absent depuis bien des années. En outre, la liberté de se
rédimer des grosses charges dues au prieuré, qui mettent tous les
tenanciers, pour ainsi dire, hors d'état de payer les impôts ;
qu'en étant libérés, ils seront plus en état de satisfaire aux
besoins de l'État; et que le principal de ces mêmes redevances fût
déposé au Trésor royal, â la charge de payer 4 pour cent au
titulaire du bénéfice, ces sommes principales peuvent faciliter â
payer les dettes de l'État, dont le peuple ne souffrira pas. II. SUJETS DE DEMANDESArt.
1. Demandons d'abord que, pour obvier à l'inégalité et aux abus qui
se commettent, tant dans l'imposition que dans sa perception,
demandons que toute espèce d'impôts pécuniaires soient abolis et
annulés â jamais ; qu'il n'y en ait qu'une seule et unique espèce
répartie le plus également que faire se pourra sur toutes les têtes
du royaume. Art.
2. Demandons l'entière suppression des intendants et des commissaires
départis, ou pour le prélais (sic) ou pour la vérification des rôles,
attendu qu'ils ne tournent qu'à notre ruine et à notre détriment,
en cherchant à vexer le misérable par la quantité d'impôts
exorbitants et la paroisse en général par les grandes routes qu'ils
percent pour aller d'un bourg à un autre. Art.
3. Demandons que le genre d'impôts que nous payons actuellement en
argent nous soit ôté et remplacé par un impôt quelconque pris en
nature sur toute la surface de la terre en général, dans le royaume
de France. L'on verra qu'alors personne ne se plaindra, si ce n'est
peut-être du trop haut taux auquel il aura été mais nous nous en
rapportons là-dessus à la sagacité des États généraux. Art.
4. Demandons que l'adjudication de la ferme ou bail soit accordée à
une personne de la paroisse, solvable et cautionnée par elle, afin
que les engrais de cette même ferme servent au moins à bonifier les
terres dont ils sortent, vu que la susdite paroisse est distante de près
de deux lieues des prairies, dénuée absolument du ressources de
l'eau et que son terrain: est fort ingrat et de peu de rapport; que le
fermier ou régisseur, soit chargé de faire parvenir dans les coffres
du Roi directement le prix de sa ferme, régie ou autre gestion ;
que, pour la tranquillité publique et la sûreté de la conduite de
ce même argent dans les coffres du Roi, les brigades de maréchaussée
soient augmentées, et rapprochées, de manière à ce que la conduite
de cette même somme puisse se faire à Versailles par quelque voiture
que ce soit, escortée pour sa sûreté de quatre cavaliers, et que le
lieu de leur résidence et les alentours ne souffrent pas de leur
absence. Art.
5. Demandons la translation des bureaux des traites, de l’intérieur
sur les frontières, assurant à Sa Majesté et l'aisance de ses
sujets et la splendeur de son royaume, qui se trouvera bien allégé
d'avoir rompu cette barrière qui s'opposait depuis si longtemps à sa
tranquillité et aux débouchés de ses bestiaux et différentes denrées ;
qu'elle verra fleurir le commerce, et ses habitants à même de payer
plus facilement ses impôts. Que les droits d'aides, dons gratuits et
autres indépendants soient absolument annulés ; que le vin,
eau-de-vie, cercles, planches, bois d'ouvrage puissent avoir un libre
cours par tout le royaume et se transporter d'une extrémité à
l'autre une fois y entrés, sans que personne s'y puisse apposer. Art.
6. Demandons que la justice soit simplifiée, qu'il soit accordé aux
juges dont nous ressortons le droit de juger en dernier ressort jusque
à cent livres, pour obvier aux frais que nous sommes forcés de faire
par les différents appels et voyages d'allée et de venue ; que
le nombre des juges y séant (s) soit augmenté, afin qu'un en puisse
remplacer un autre en cas d'absence ou de maladie; que ces mêmes
places ne soient accordées qu'au mérite et au concours ; les
notaires royaux soient maintenus dans les privilèges qui sont accordés
par leurs provisions de notaires, tabellions et gardes-notes ;
que leurs minutes soient inséparables d'avec la charge ; que les
notaires d'Angoulême ne soient plus autorisés â les enlever, ce qui
cause une dépense outrée à tout le peuple, qui pourrait avoir
besoin d’un des actes qu'eux, leurs pères ou aïeux ont passés ;
qu'étant sut les lieux, elle peut leur coûter un écu ; étant
obligés d'aller à dix lieues de leur domicile, pour réclamer cette
même expédition, sont obligés de faire une absence de cinq â six
jours, de vivre à l'auberge et de payer de très gros droits pour
leur expédition, ce qui leur cause un tort considérable par la
perte de leur temps et la dépense qu'ils sont obligés de faire;
autoriser également les notaires à réclamer les minutes qui leur
ont été enlevées de leurs prédécesseurs, lesquelles, comme on a
dit, seront inséparables d’avec la charge ; que si les enfants
ou héritiers du notaire décédé résignent la charge, seront obligés
de livrer à l'acquéreur toutes les minutes, desquelles il sera fait
inventaire, dont copie sera déposée au greffe du lieu ; l'acquéreur
de la charge, ainsi que ses héritiers, seront tenus responsables
desdites minutes. Art.
7. Demandons que toutes les personnes du Tiers possédant fief soient
déchargées des droits de francs-fiefs ; qu'il répugne à un
misérable père de famille qui n'a qu'un morceau de fief de le
partager entre cinq â six enfants, forcé parce qu'il n'est pas
gentilhomme par la cloche ou depuis deux jours, forcé, dis-je, de
payer le tiers en sus de son revenu tous les vingt ans, et chacun de
ses enfants à chaque mutation, après sa mort; trop heureux encore,
si l'on n'exigeait d'eux que ce qui est légitimement dû, soit disant
par les ordonnances ; mais vexé par le préposé au bureau ou
par le contrôleur, toujours avides de faire de nouvelles recherches,
il paye, mais non pas tout, parce qu'il faut absolument qu'il reste
une queue, pour multiplier les frais et augmenter les revenus de ces
gens avides. Il en est de même des droits de contrôle, parchemin,
papier timbré, des expéditions d'actes en forme, des droits des
huissiers ou royaux ou seigneuriaux. Art.
7. Demandons que les uns soient modérés, les autres supprimés ;
qu’il soit libre de faire les actes de peu de conséquence sur
papier timbré et qu’ils aient la même force. Que les droits de ces
exploiteurs, par, tout le royaume, soient taxés par les juges, sous
lesquels ils exercent. Que les traitants ne puissent actionner
personne pour le contrôle des testaments dont ils n'entendent pas se
servir; et qu'ils ne puissent non plus forcer les notaires d'établir
sur leur répertoire les testaments qu’ils reçoivent que
lorsqu’ils sont contrôlés ; que les traitants en soient pas
en droit de visiter ce répertoire, les testaments étant des actes
secrets et qui ne doivent être communiqués à personne. Art.
8. Demandons que les gros bénéficiers : rentés et dîmés de telle
ou telle paroisse, n'ayant pas de charge y attachée, soient astreints
à manger leurs revenus chez eux et dans la paroisse qui supporte et
paye les charges ; que, s'ils s'en trouvaient absents, dans un
temps de calamité pour le pauvre, on les astreignit â en répandre
au moins la moitié pour son soulagement et de ne pas faire la sourde
oreille aux réclamations des pasteurs qui souvent ne sont pas à même
par la modicité de leur revenu de suffire à tout. D’ailleurs, ces
mêmes bénéfices ne furent accordés que tour les prières et les,
et on a le droit de les faire passer d'une tête sur l’autre ;
J’en connais quelques-uns dans ce genre, mais je renvoie pour la
preuve du fait à l'article de plainte que j'en ai formé (et qui)
assure la sincérité de l’avance. Art.
9. Demandons que cette partie de la Noblesse, de toutes les classes,
tant des hauts rangs que occupant les emplois différents, soit cotisée
au rôle des impositions comme nous, et supporte les charges de l'État,
puisque ce n'est qu'à ses dépens qu'elle vit, et est récompensée
le plus souvent d'actions héroïques quelle ne fit jamais, et que
nous ne sommes plus aux siècles où elle combattait pour l'honneur et
faisait la guerre â ses dépens. L'intérêt et l'honneur touchent de
trop près les hommes, pour qu'ils ne demandent pas qu'il leur soit
permis de concourir avec cette partie de la Noblesse, fière de ses
privilèges, pour obtenir, comme eux, ces places d'honneur, s'y
signaler et s'attirer par là l'honneur et l'estime de la patrie.
C'est â ce but heureux pour eux qu'ils demandent â Sa Majesté de
leur permettre d'atteindre, persuadés qu'ils sont d'avance que, si le
seul mérite est récompensé, ils n'auront pas plus â craindre de
succomber que des jeunes enorgueillis de leur naissance qui prétendent
à tort être les seuls soutiens du trône et être capables de répandre
du sang pour la patrie ; pauvre patrie ! que si tu n'avais
eu de soutien que de cette classe d'homme, qu'il y a longtemps que tu
n'existerais plus ! Mais, je t’entend me crier : les auteurs
fourmillent de traits de. bravoure passés dans telles et telles
batailles ; visitez les mers ! Ces mêmes auteurs, ce seront
eux qui vous convaincront à n'en pouvoir douter et du mérite des
uns, t de la fausse jactance des autres. Art.
10. Nous demandons que l'impôt soit réparti égaiement sur toutes
les classes des hommes en général ; que ni la partialité ni
l’animosité des imposés ou imposants n'y entrent pour rien. Nous
demandons enfin que toute la province d'Angoumois soit seule érigée
en. pays d'États, sans être réunie avec quelque espèce de province
que ce soit. Tels.
sont les vœux de la susdite paroisse, qui, à l'appui de ses avances,
va apporter ses motifs de remontrances. III
SUJETS DE REMONTRANCES
Art.
1. La susdite paroisse a l'honneur de représenter fort humblement à
l'auguste assemblée que son vœu unanime et son zèle commun la
portent à demander à cor et â cri, la suppression de toute espèce
d'impôts quelconques en argent et l'établissement d’un impôt
territorial pour suppléer à tous les subsides pécuniaires de toutes
espèces quelconques. C'est au cœur généreux de son Roi, à la
sagacité de ses ministres et aux lumières des Etats généraux à
qui elle laisse le droit d'en fixer, le taux et la perception ;
elle demande toujours que cet impôt territorial soit pris en nature
dans quelque partie de son terroir, que, ce soit bois, prés, vignes,
et terres labourables, etc. ; et que les jardins déjà exempts
des recherches, des leveurs de droits curiaux et seigneuriaux, soient
estimés à la rigueur comme terrains de la première qualité et du
plus grand rapport. Si, d'un consentement unanime, elle demandé ce
genre de percevoir, elle donne pour raisons les moyens suivants : Toutes
les fois que nous serons taxés, et imposés en argent, l’intention
du Roi sera frustrée ; l'ambition et la zizanie se mettront de
la partie ; la faveur fera de son côté, de manière que
quiconque n’aura rien payera beaucoup, ainsi de suite. En
nous imposant de la sorte, vous ferez, Sire; et le bonheur de vos
sujets et le soulagement de vos peuples et rendrez â votre royaume un
nouveau lustre et le ferez briller à jamais des rayons étincelants
de votre justice et de votre bonté. Votre peuple n'aura plus à
craindre la poursuite des intendants, des commissaires départis pour
la perception de vos droits, des collecteurs et des huissiers, tous
vexateurs et oppresseurs au misérable. Le pauvre ne possédant rien
au soleil ne payera rien ; le colon, homme si utile à votre État,
ayant la clef du grenier qui contient le fruit de ses travaux se réjouira
et chantera à jamais les louanges d'un Roi juste et bon de l'avoir
mis à l'abri des "occursions" que faisaient sur elle ces vautours affamés
d'argent et de vices. Art.
2. Que si les cris d'allégresse que pousseront ces malheureux, dégagés
de cette foule de gens sapant jusque aux fondements leur aisance et
leur liberté, parvenaient jusque aux oreilles de notre Monarque, de
quelle satisfaction intérieure ne jouirait-il pas de les voir tous
s'empresser à lui témoigner leur ressentiment pour l'avantage qu'il
leur procure en les privant à jamais de cette foule;de directeurs,
employés dans tous les genres et les différents bureaux, préposés
pour la perception de ses droits, dans laquelle ils commettent les
abus sans fin, tous rejaillissant sur le misérable, qui, vexé par
leur barbarie, ne peut enfin plus supporter un fardeau trop . onéreux
et, trop pesant pour ses, faibles moyens. Art.
3. Nous n'avons rien de plus à cœur à désirer, que cette stabilité
immuable que l'on veut établir dans le royaume, dans les finances et
dans les différents corps le composant. Ce sera d'après cette ferme
résolution prise que nous aurons, à jouir des douces prérogatives
que nous accorde notre Roi en nous soustrayant, nous misérables, obsédés
depuis des temps bien reculés, à la surcharge des impôts, à la
vexation des gens préposés pour leur perception, à la barbarie de
ces gens ambitieux et jaloux de notre bonheur, â l'opposition
formelle que met cette Noblesse à ce que nous passions pour leurs égaux,
à l'antipathie presque née avant nous qui subsiste entre ces deux
Ordres, à la persécution des huissiers, huissiers-priseurs royaux et
seigneuriaux, à la surveillance de ces argus prêts à faire mettre
la main au collet d'un honnête homme pour le recouvrement d'un droit
trop injustement perçu, en nous fournissant les moyens sûrs de
subvenir a notre calamité future et pourvoir à la sûreté de nos
individus personnels, en multipliant les êtres nécessaires à cet
emploi et supprimant le nombre de ceux inutiles et contraires à ces mêmes.
avantages. Ce
sera alors que le peuple animé du zèle le plus patriotique, de
l'amour le plus pur et le plus parfait pour son Roi, chantera à
jamais ses louages immortelles, préconisera les sentiments de son
ministre surveillant, et publiera partout par ses acclamations la
justice, l’égalité, la bonté et la pitié de l’un et de
l’autre. A noter : 27 signatures dont celle de Jacques Desplants (docteur en médecine) comme au procès verbal. Annexe 2. Le train de Paris à Bordeaux Le
train, de Paris à Bordeaux.
Une
enquête sur l’avant-projet d’une ligne de chemin de fer de Paris
à Bordeaux était ordonnée par le Préfet le 12 septembre 1839 quant
à la partie traversant le département de la Charente. L’opinion
publique inquiète de l’influence d’un tel projet, manquant
d’informations et d’éléments d’appréciation, pensa tout
d’abord qu’un tel projet était préjudiciable au commerce établi
dans cette commune. Ruffec était en effet une plaque tournante et
chacun craignait voir l’affluence des foires chuter et diminuer le
volume des marchandises échangées. Donc à priori, la ville de
Ruffec voyait plus d’inconvénients que d’avantages à l’établissement
de cette ligne, tout en se disant tout de même disposée à la
recevoir. Dans le cas contraire, la commune de Villefagnan se serait
sans doute portée sur la liste des candidats... Les résultats donnés
par la commission d’enquête du 12 septembre 1839 étaient les
suivants : -
vingt et un conseils municipaux étaient pour, -
trois ne se prononçaient pas, -
onze dont Ruffec émettaient des craintes quant au roulage sur les
routes royales et départementales. Ruffec
craignait aussi que la «nourriture locale» destinée aux chevaux se
raréfie en devenant facile à exporter. Treize communes demandaient
que le tracé soit déporté sur leur territoire. La
loi du 11 juin 1842, relative à l'établissement de grandes lignes de
chemins de fer, précisait : "Art
1. : qu'il sera établi un système de chemin de fer se dirigeant...
de Paris.... sur la frontière d'Espagne, par Tours, Poitiers, Angoulême,
Bordeaux et Bayonne... (et de même pour toutes les grandes lignes) Art
2. : l'exécution des grandes lignes se feront avec le concours de l'Etat,
des départements traversés et des communes intéressées, de
l'industrie privée... Art
4. : dans chaque département traversé, le conseil général délibérera
sur la part de chacun..., cette délibération sera soumise à
l'approbation du Roi." Le
19 avril 1844, Ruffec devenait enfin favorable au projet de ligne
Paris-Bordeaux. Le 16 octobre suivant, le ministre allait d’ailleurs
recevoir, dans ce sens, une demande expresse émanant de Ruffec. La
section Tours-Poitiers venait d’être terminée en 1851 alors que
les travaux de Ruffec à Angoulême étaient adjugés le 1er juillet.
Au mois d’août suivant les travaux du tunnel de Touchabran étaient
adjugés et commençaient. Il faut noter que l’envergure d’un tel
chantier demandait une grande main d’œuvre : 300 ouvriers étrangers
durent renforcer les effectifs locaux. L’animation régnant dans les
auberges, cabarets et estaminets devait être sulfureuse. Ruffec avait
tout prévu, cependant, en demandant une compagnie d’infanterie afin
d’épauler les gendarmes et policiers chargés d’assurer le
maintien de l’ordre. Courcôme recevait même une brigade de
gendarmerie, affectée spécialement à cet effet. Si
le premier chemin de fer français était établi depuis 1837, il
fallut attendre tout de même le 20 septembre 1852 pour voir
fonctionner la ligne Angoulême-Bordeaux, laquelle était inaugurée
par Louis Napoléon au retour d’une visite dans le Midi. La
ligne fut terminée entre Ruffec et Angoulême au cours du mois de
juillet 1853. La jonction Poitiers-Angoulême allait être établie au
début de 1855, lorsque s’ouvrait enfin à la circulation sur une
seule voie le tronçon Ruffec-Poitiers. Trois mois plus tard, le 1er
avril 1855, la circulation normale pouvait débuter et le service des
postes, continu et performant, allait alors fonctionner. Le 28 avril 1895, dans son numéro 17, l’Observateur de Ruffec relatait un malheureux accident survenu sur cette ligne : "Dimanche soir, le chauffeur du train rapide de Paris à Bordeaux, ayant commis l’imprudence de se pencher un peu trop au dehors de sa machine pour s’assurer qu’il n’y avait pas d’obstacles sur la voie, une de ses mains fut heurtée par la maçonnerie du pont de la station de Chaumont et presque arrachée du poignet. Des médecins se trouvaient dans le train et ont donné les premiers soins au conducteur Thibaut qui à son arrivée à Bordeaux a dû subir l’amputation et restera estropié à l’âge de 35 ans".
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