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Histoire de Brettes

Des petites histoires de Brettes.

Brettes possédait un château appelé Tour de Brettes. Cette construction du XVe siècle, malgré ses multiples mutilations, offre encore beaucoup d’intérêt.

Parmi les seigneurs de Brettes, nous trouvons au XIIIe siècle : Aimery de Corneille, écuyer, auquel succède son fils, Pierre, seigneur de Brettes, qui prit à bail, en juillet 1278, quelques terres de l’Abbaye de Nanteuil.

Les Corneille portaient : “écartelé au I et 4 d'or au chevron de gueules, accompagné de deux molettes de même en chef, et d’une corneille de sable en pointe, au 2 et 3 d'azur au sautoir dentelé d’or, cantonné de 4 pigeons d’argent”.

La famille de Brettes était originaire de la Basse-Marche ; en Limousin, Brette signifie vache. On cite Jeannot de Brettes, seigneur du Cros en 1537 qui épousa le 15 avril  1532 Peyronne de Neufville, fille du seigneur de Magnac. François de Brettes, chevalier, seigneur du Cros, chevalier de l’ordre du Roi le 6 janvier 1571, devint le mari d’Anne du Vigier. Cybard de Brettes, écuyer, seigneur du Cros, du Masrocher, Brouilhac, épousait à son tour Jeanne de Salignac, le 9 octobre 1589.

Catherine de Brettes, fille de Gédéon de Brettes, chevalier, marquis de Cros Limousin, épousa le 6 juin 1676 à Pressac Guy d’Alloigny, seigneur de Boismorant dont il eut seulement une fille. Catherine d’Alloigny épousa ensuite François Taveau de La Vigerie. Alloigny : «de gueules, à 3 fleurs de lis d’argent, 2 et 1».

Famille Chasteigner. René Chasteigner portait : «d’or, au lion passant de sinople, armé et lampassé de gueules». Ils étaient les seigneurs de la Tour de Brettes encore en 1789. « Les sieurs François de Chasteigner et les demoiselles leurs soeurs, propriétaires d’un domaine, rentes, dixmes et agriers dans la paroisse de Brettes, le tout du revenu de 760 livres, payeront quatre-vingt-trois livres douze sols. » Charles de Barbezières époux de Marie Jeanne Chasteigner (Charles de Barbezières, chevalier, seigneur de la Talonnière, Brettes en partie, et de Jeanne de Chasteigner).

Les Brettes portaient :

"d'argent à 3 vaches de gueules"

De Brettes : famille noble qui habitait la Basse-Marche et le Poitou. Elle a sans doute tiré son nom de la paroisse de Brettes, près de Ruffec.

Autres familles : famille de Pressac (seigneurs des Egaux à Empuré), seigneurs en partie de Brettes en 1771. 1789, le sieur Philippier de Fonbrette fils et la dame Bretinaud, demeurant en Poitou, propriétaires de rentes et un domaine dans la paroisse de Brettes, le tout du revenu de 100 livres, payeront onze livres.


Brettes fait part de ses doléances

Brettes, aujourd’hui commune du canton de Villefagnan, était en 1789 de la   sénéchaussée et élection d'Angoulême, dans le diocèse de Poitiers, et le marquisat de Ruffec (1). La paroisse était taxée en 1789, à 1.060 livres de taille, 565 livres d’accessoires, 590 livres de capitation, 790 livres de vingtièmes.

Les doléances sont des requêtes adressées par un tiers à une autorité politique ou religieuse essentiellement pour faire des remarques, ou pour exprimer un souhait.

Les cahiers de doléances étaient préparés par le peuple à l'adresse des États généraux, avant qu'ils soient réunis, pour exprimer des remontrances ou faire des remarques. De tels cahiers ont été rédigés pour la première fois lors des États généraux de 1614, avant-derniers États généraux tenus en France. Les cahiers de doléances les plus notoires restent ceux de 1789. En 1789, les cahiers de doléances ont presque valeur de sondage.

Un procès-verbal de l’assemblée du bourg et paroisse de Brettes, pour la nomination des députés, est rédigé (Arch. munic. Angoulême, A A 21). La réunion a lieu le 9 mars, en l’auditoire du lieu. Le syndic (nom inconnu) préside. Les comparants sont Jacques Vésinat, Jacques Maisonneuve, Jean Turcat, Jean Chambret « et autres ». La paroisse se compose de 90 feux, sont cités 2 députés, les sieurs Claude Cassant et Jean Rouché ; apposées 13 signatures, celles des sieurs Jean Texier, P. Chambret, Louis Boisset. P. Texier. P. Deléglise, André Maisonneuve et Brilouet, outre celles des comparants cités et des députés.

Suit le procès-verbal d’élection de députés et d’instructions et pouvoirs à eux donnés par les habitants de la paroisse de Brettes en Angoumois, suivant le protocole anciennement observé : le début, en forme de procès-verbal, contient la date de l’assemblée, la mention de la comparution du syndic et des habitants, celle de la publication relative à la convocation et des pouvoirs donnés aux députés.

Suit le texte du cahier, qui débute ainsi :

« Que lesdits habitants ne sont accablés et foulés d’impôts, que parce que les ministres ont ci-devant établi le système injuste et meurtrier de la taille tariffée, où la Noblesse et le Clergé, sous prétexte de différents privilèges, le plus souvent même usurpés, possèdent les plus grands biens sans presque rien payer, pendant que le malheureux cultivateur, réduit à la plus médiocre fortune, paye presque tout, et encore parce que les ministres et leurs agents, tant dans l’administration que dans la finance, sans aucun respect pour eux-mêmes ni pour les sujets du Roi, sans égard aux lois du royaume qui veulent que les Français ne puissent être taxés que de leur consentement, ont insensiblement écarté et renversé tous les obstacles et augmenté jusqu’à l’excès, par l’effet de leur seule volonté, la charge du peuple, dont ils ont dissipé le produit ; que pour s’assurer à l’avenir la jouissance de leurs biens, ils veulent et entendent :

- ART. 1er. Qu’aucune partie de leurs propriétés ne puisse leur être enlevée par des impôts, s’ils n’ont été préalablement consentis par les États généraux du royaume composés, ainsi que le veulent la raison et la loi, des députés librement élus par tous les cantons, sans aucune exception, et chargés de leurs pouvoirs ;

- ART. 2. Que, suivant les intentions du Roi manifestées dans le résultat de son Conseil du 27 décembre 1788, les ministres soient à l’avenir responsables de l’emploi de toutes les sommes levées sur le peuple ;

- ART. 3. Qu’attendu que les impôts non consentis n’ont été payés jusqu’ici que par la crainte des emprisonnements arbitraires ou de quelques coups d’autorité qui ont arrêté toutes les réclamations, lesdits habitants veulent et entendent que personne ne puisse être arrêté ni emprisonné, pour aucun motif, qu’en vertu des lois du royaume. Seront tenus lesdits députés de faire insérer la déclaration des volontés desdits habitants dans le cahier du bailliage d’Angoulême, et chargent spécialement lesdits habitants ceux qui seront élus par l’assemblée dudit bailliage d’Angoulême de la faire valoir aux Etats généraux, et de ne consentir à la levée ou prorogation d’aucun subside, avant que ladite déclaration ait été adoptée par eux et solennellement proclamée ; leur donnent néanmoins pouvoir, sous la condition ci-dessus, et non autrement, de consentir à l’établissement ou prorogation des subsides que les États généraux jugeront indispensablement nécessaires aux besoins de l’État, toutes dépenses inutiles préalablement retranchées, pourvu toutefois que les impôts soient supprimés et remplacés par des subsides loyalement répartis entre tous les citoyens, sans distinctions ni privilèges, à raison seulement de leurs propriétés.

- ART. 4. Chargent, en outre, lesdits habitants lesdits députés de représenter à l’assemblée de la sénéchaussée d’Angoulême qu’il serait très salutaire de remédier aux abus qui se commettent dans l’administration de la justice, dont les frais immenses appauvrissent un [grand] nombre de citoyens ; de représenter aussi d’établir une cour souveraine dans une des villes capitales la plus voisine, pour éviter les frais immenses qu’il en coûte pour plaider dans le Parlement de Paris, éloigné d’eux de plus de cent lieues ; demander le retour périodique des États généraux, et surtout un Etat provincial et particulier pour l’Angoumois.

Suit la formule des pouvoirs.

Fait sous les seings de nous juges et greffier, les jour et an que dessus. Figurent 11 signatures, les mêmes (moins deux) qu’au procès-verbal, notamment celles des deux députés.

A la suite du cahier, se trouve cet ajout : Dans la presse où se sont trouvés les officiers de justice pour présider aux assemblées de paroisse, en conformité aux lettres du Roi et ordonnance de M. le sénéchal d’Angoumois, quelques précautions, quelque diligence qu’ai pu faire ladite paroisse de Brettes pour se procurer un président à son assemblée, il ne lui a pas été possible, tant la presse a été grande.

Voilà le malheureux sort de ces campagnes isolées, où il n’y a point de justice, ni aucun membre qui y ait rapport. Ces isolés campagnards n’ont d’autre ressource dans des révolutions qui les surpassent que le secours de leur pasteur qui dans celle-ci, ne peut malheureusement les servir, sans préjudicier son corps qui, cependant, mérite des égards.

Lequel arrêté, tous les habitants de ladite paroisse, de nouveau convoqués et assemblés sur les 4 heures du soir, ont signé tous ceux qui savent signer, pour servir et valoir.

Suivent 11 signatures, les mêmes que ci-dessus.

C'est dommage pour l'histoire, mais ce cahier ne revêt que des généralités - le notaire a copié un modèle – et ne nous renseigne aucunement sur le cas particulier de Brettes.

(1) Source : Cahiers de doléances de la Sénéchaussée d’Angoulême et du siège royal de Cognac pour les États généraux de 1789 - P. Boissonnade - Paris – 1907 ; reproduit par Histoire-Passion.

Anomalie à Villairet

 Le 10 mai 1935, le Journal de Ruffec publiait cette anomalie, selon lui :

« Lundi dernier, a été célébré à Souvigné, le mariage de M. James Babaud, domicilié à Villairet, commune de Souvigné, avec Mlle Blanche Thébault, domiciliée à Villairet, commune de Saint-Fraigne. Les deux jeunes époux, quoique habitant le même village, étaient séparés administrativement.

En effet, Villairet, petit village de 90 habitants, est partagé entre trois communes : Souvigné, Brettes et Saint-Fraigne, qui sont elles-mêmes régies par deux cantons, Souvigné et Brettes par Villefagnan, et Saint-Fraigne par Aigre.

44 habitants sont sur la commune de Souvigné, 30 sur Brettes et 16 sur Saint-Fraigne.

Villairet se trouve donc dans une situation géographique assez bizarre ; cependant, l'acheminement de la correspondance est opérée pour la totalité du village par le circuit postal d'Aigre, bureau de Souvigné. »

Des bois de valeurs différentes

L'intercommunalité avant l'heure, même si d'autres divisions étaient à observer, notamment quant à la classification des eaux de vie : les trois communes produisaient de l'eau de vie des Charentes avant 1909, seule Saint-Fraigne aura le droit à l'appellation « fin bois », les deux autres se contentant de celle de « bons bois ».

Gouttons entre autres nectars cette anecdote croustillante rapportée par les descendants des maires farceurs : « Au début du XXe siècle, le maire de Brettes, celui de Souvigné et leur collègue de Saint-Fraigne, résidaient tous les trois à Villairet. Ils installèrent le 14 juillet une table ronde au point de rencontre de leurs trois communes et banquetèrent ensemble... sans quitter leur commune ». Serge Béguier a bien voulu pauser pour nous sur l'emplacement du sycomore.

Nombreuses les frairies ?

Quant aux frairies, Villairet n'en organisait qu'une... Comme le dit avec amusement Serge Béguier : « Souvenons-nous de l'époque où le carrefour à trois « branches », point de convergence des trois communes, était figuré par un magnifique sycomore. Lequel arbre avait été spécialement taillé pour que ses trois principales branches donnent chacune la direction d'une des trois communes ». Les anciens étaient imaginatifs, et ne manquaient pas d'humour.


Connaître le loup

Les petits bergers et les petites bergères ont dû souvent trembler en apprenant que la région était envahie par les loups. Comme en 1853, L'Observateur de Ruffec nous dit tout le dimanche 10 février 1895.

Avec le froid, qui probablement leur rend la vie plus difficile, les loups voyagent beaucoup, multipliant leurs méfaits sur divers points de notre arrondissement. On les a signalés à Verdille, à Tuzie, dans la forêt de Ruffec.

La semaine suivante ils sont à Raix où ils étranglent neuf moutons chez M. Laudoyer. Puis quatre aux Houillères à Courcôme chez M. Rousseau, une semaine après. De grandes battues sont organisées en forêt. On en parle encore le 14 avril 1895 chez Boutet à Courcôme avec sept moutons égorgés. Puis à Verdille où les loups ont égorgé une chienne. A Charmé, Pierre Vallade a pris deux louveteaux en plein champ.

On en parle en 1896, en 1900. Le conseil général alloue des primes : 150 fr. pour une louve pleine, 100 fr. pour un loup ou une louve d'au moins un an, 40 fr. pour un louveteau, 200 fr. pour un loup qui s'est jeté sur des êtres humains...

Il va de soit que l'expression « connaître le loup » n'a aucun rapport avec les faits rapportés ici.


Les moulins à eau et à vent

Après les moulins à sang mus par les animaux, les esclaves ou les femmes, c’est la nature, en l’occurrence l’eau et le vent, puis l’énergie mécanique et électrique qui prendront le relais.

Le moulin à eau semble être apparu dès le troisième siècle au sud de la Gaule romaine. Au IXe siècle, ces moulins connaissent une forte croissance. Le moulin à eau est alors une source de richesse et les moulins, qui jusque là étaient exploités par de petites communautés villageoises, vont être alors pris en charge par les seigneurs ou construits et exploités par les monastères. Les habitants n’ont d’autre choix que de se rendre faire moudre leurs bleds à ce moulin contre redevance, c’est une obligation qui résulte du droit de banalité des seigneurs. Cette redevance se faisait sous la forme d’un prélèvement de un seizième sur les quantités à moudre.

La chasse du meunier

Le meunier n’a pas le droit d’aller « chasser » du grain à moudre sur les terres de ses collègues voisins. Son chasseron qui va chercher le grain chez le paysan et lui redonne en farine est placé sous haute surveillance.

Le moulin à vent apparaît en Europe vers 1080. En Poitou-Charentes au XIIIe siècle. Ce sont les croisés qui ont rapporté cette bonne idée, car ils avaient pu observer les détails de construction et en apprécier le fonctionnement en Orient. Au début, les ailes, le plus souvent au nombre de quatre, sont constituées d'une armature en bois supportant une toile tendue, du chanvre. Le meunier oriente la tête du moulin selon le vent et déplie les voiles en fonction.

Sous l’Ancien Régime, le meunier est parfois le propriétaire du moulin - quand il ne l'afferme pas -, il l’érige avec l’autorisation du seigneur moyennant paiement d’un droit. Après la Révolution, le moulin à vent (usine) devient entreprise libre, souvent rachetée par le meunier. Le moulin est encore le lieu de rencontre des hommes et des femmes. On y discute de toutes ses affaires, on y échange des nouvelles.

Le rendement était faible, le meunier connaissait des périodes de chômage imposées par l'absence de vent. Avec la modernisation des moulins à eau et l’arrivée des minoteries, l'apparition de la minoterie industrielle et la généralisation de l'électricité dans les campagnes, l’imposition sur les moulins en tant qu’outil industriel - même s’ils n’était pas utilisés - ces géants ailés étaient condamnés. On leur coupe les ailes, au mieux on les recouvre de tôles pour en faire des silos à grain ou des poulaillers, voire des porcheries. Et ce sont souvent les derniers construits, après 1800, qui disparaissent les premiers. Les meules sont transférées vers un moulin à eau.

Le droit de mouture

La production de la farine a longtemps constitué un enjeu national majeur : l'État souhaitait à tout moment connaître la capacité de production des minoteries françaises en cas de guerre et de crise. Autour de 1935, étant donné la surproduction et la chute du prix du blé, l'État avait imposé, dès 1936, un contingentement de la production. Ce système, unique en Europe, perdure encore aujourd'hui puisque les moulins doivent posséder un « droit de mouture » qui peut s'acheter d'un moulin à l'autre. On trouve ainsi encore quelques minoteries familiales, où le droit de mouture se passe de génération en génération.

Le moulin Guiet était en bon état au début du XXe siècle.

De l'eau et du vent à Brettes

Brettes bénéficie de la force du vent et de quelques filets d’eau, d'où quelques moulins à blé sur son territoire. Un moulin à eau, quatre moulins à vent. Outre la mouture des bleds (nom commun des froment, orge, méture, etc.) pour faire la farine à pain, le meunier devait écraser le maïs destiné aux animaux. Avec le temps, et l’arrivée des minoteries, les derniers moulins ne se consacraient plus qu’à cette tâche.

Trace de moulins

Sur la carte de Cassini (1768), nous observons quelques moulins, mais cette carte n’a pas la réputation d’être absolument infaillible. Sur la carte au 80.000e de 1851 nous observons un moulin à eau aux Fillons, et quatre moulins à vent : à la Charrière, à Marsillé, à l'ouest de Brettes et à la Courtaudière. Certains de ces moulins ont pu être construits juste après la Révolution avant de devenir rapidement obsolètes. Ces moulins, démolis, apparaissent sur le premier cadastre (1829). Dans les bulletins communaux publiés dans les années 1990, ils ont été répertoriés.

Le moulin à vent dit de Brettes (aux champs Pigeon) était érigé sur la section A122 dite du pré Merlet. Ses propriétaires connus étaient Jean Deleigne, en 1846 ; Pierre Turbaud en 1856, Pierre Turbaud fils en 1874 , et Denis Guiet en 1911. C'est lui que nous pouvons admirer sur un cliché du début du XXe siècle.

Le moulin à vent du chemin de la Courtaudière (section A 365) appartenait à Jacques Turbaud en 1834 ; Pierre Turbaud en 1846 ; Pierre Turbaud fils en 1882.

Le moulin à vent de Marsillé situé au champ du moulin (section C 76), appartenait à Jacques Martin en 1836 ; Pierre Martin (d'Ebréon) en 1846 ; Pierre Cornut en 1861.

Le moulin à vent de La Charrière (section SD 259), appartenait à Alexis Cassant en 1847. Il sera démoli en 1879.

Le moulin à eau des Fillons (section SD 801) appartenait à Alexis Cassant. Il fut démoli en 1879.


Affermage des moulins des Fillons et de la Charrière le 3 juin 1774 (Source : archives familiales, paroisse de Brettes, affermage de moulins.)

Cet acte notarié montre l'association moulin à eau et moulin à vent. Le moulin à vent supplée le moulin à eau en période de basses eaux et d’assèchement total du cours d’eau sur lequel il est établi. « Par devant les notaires de la ville et marquisat de Ruffec en Angoumois soussignés, furent présents François Roucher, Antoine Roucher et André Roucher, laboureurs demeurant au village de La Charrière, paroisse de Brettes, lesquels solidairement ont aujourd'hui donné à titre de ferme à Jean Roucher, laboureur demeurant au même village de La Charrière, paroisse de Brettes, pour le temps de cinq années entières et consécutives dont la première commencera à la fête de Saint- Jean-Baptiste prochaine pour finir à pareil jour, ces cinq années terminées, c’est à savoir leurs parts et portions dans deux moulins, l’un à eau et l’autre à vent, situés sur la dite paroisse de Brettes, l’un appelé le moulin des Fillons et l’autre le moulin à vent de La Charrière, ensemble une petite pièce de terre en chènevière, située entre les deux ruisseaux près le susdit moulin à eau, de la jouissance à semer environ un demi-boisseau comble de bled, touchant au dit moulin, plus une petite « encoinssonnée » (champ triangulaire), située et touchant au dit moulin de la contenance d’environ trente sillons avec la liberté de prendre du bois pour boucher les pas de la dite « encoinssonnée » lorsqu’il le jugera à propos, et la coupe des « ayes » tout autour des dites chènevières et « encoinssonnée ».

La présente ferme faite à la charge, par le dit Roucher, preneur, de donner et payer chaque année au terme de Saint-Jean-Baptiste la quantité de cinquante deux boisseaux de bled méture mesure de Ruffec, telle quelle sera prise et perçue pour les « moudurages » (mouture) par le dit preneur, desquels dits cinquante deux boisseaux de bled mouture il en reviendra au dit François Roucher vingt-six et aux dits Antoine et André Roucher chacun treize, tout quoy sera payé comme dit et au susdit terme de Saint-Jean à commencer à la Saint-Jean 1775 et continuer ainsi d’année en année au dit terme jusqu’à la fin de la présente ferme.

Sera tenu le dit Roucher preneur d’entretenir les dits deux moulins de basse moudrie à ses frais et de couverture pour le moulin à eau de la main de l’ouvrier seulement, et au regard des autres réparations dont les dits moulins peuvent avoir besoin pendant le cours du présent bail comme de meule ou autres ustensiles, convenu quelles seront faites, savoir celles du moulin à eau pour chacun une cinquième partie et celle du moulin à vent pour chacun un tiers, feront aussi récurer l’Aume lorsqu’elle en aura besoin par cinquième portion ainsi qu'ils sont fondés dans le dit moulin à eau ainsi que de raccommoder la chaussée à frais communs.

S’oblige aussi le dit preneur outre les conditions ci-dessus de faire moudre les pochées des dits François, Antoine et André Roucher pour l’entretien de leurs maisons seulement, sans en percevoir aucun moudurage pour quelque raison que ce soit, ce qui fait une des conditions expresses du présent bail, lequel moudurage a été évalué à quatre boisseaux par an.

Convenu que dans le cas que le Seigneur Marquis de Ruffec vint à demander quelques droits pour le droit de chasse des dits moulins que les parties payeront ce droit par égale portion entre elles suivant l’abonnement qu'ils en pourront faire avec le dit seigneur, les dits bailleurs en garantissent par ces présentes le dit preneur c’est à dire  à proportion des portions qu’ils sont fondés dans le susdit moulin, et au regard des rentes dues pour raison des dits moulins elles seront payées par égale portion entre les parties.

Tout ce que dessus a, par les dites parties été voulu, consenti, stipulé et accepté et à l’entretien ont obligé et hypothéqué tous leurs biens présents et futurs les bailleurs solidairement l’un pour l’autre un seul pour le tout renonçant aux bénéfices de division d’ordre de discussion et d’éviction de bien. Ce qu’ils déclarent bien savoir et entendre dont de leur consentement volonté et requête ils ont été jugés et condamnés par nous dits notaires.

Fait et passé au dit village de La Charrière, maison et demeure des dits Roucher le trois juin 1874 après-midi. Le dit André Roucher déclare ne savoir signer. La minute des présentes est signée J. Roucher, Antoine Roucher, J. Roucher et Bouquet notaire à Ruffec, et Bouquet notaire, contrôlé à Villefagnan le 9 juin 1774. Reçu 4 livres 4 sol, signé Caron.


En ce temps là...

Le dimanche 3 novembre 1895, l'Observateur de Ruffec publie cet acte de probité.

Le 24 octobre dernier, jour de foire à Villefagnan, le sieur Pourajaud, demeurant à Paizay-Naudouin, en montant dans le bureau du comptable de la boulangerie coopérative de Villefagnan, a trouvé un journal appartenant au sieur Boinard, de Brettes, et dans lequel étaient renfermés 600 fr. en billets de banque. Pourajaud déposa sa trouvaille sur le bureau du comptable, qui était occupé et ne fit pas grande attention. A tel point qu'un peu plus tard, croyant que ce journal appartenait au maître boulanger, il le porta sur la table du magasin de vente.

Le lendemain seulement, le sieur Boinard (ou Boissard) étant venu demander à la boulangerie des nouvelles de son argent, en donnant quelques indications, notamment le titre du journal qui avait servi à plier les billets, on se mit en cherche du paquet et on eut la chance de le trouver intact.

Le propriétaire des 600 fr. put donc ainsi rentrer en possession de son argent, ce qu'il ne fit point sans adresser le plus chaleureux remerciements au personnel de la boulangerie coopérative et au sieur Pourajaud.

Précisions lues dans l'édition suivante

M. Brochard, comptable de la boulangerie coopérative de Villefagnan, nous prie de faire la rectification suivante : « M. Pourajaud a trouvé le journal dans l'escalier de la boulangerie et l'a déposé sur ma table, croyant qu'il était à moi, mais il ne savait pas du tout ce qu'il renfermait. C'est moi qui ai trouvé les 600 fr. et qui les ai remis dès le lendemain à leur propriétaire, lorsqu'il est venu les réclamer. »


De l'eau potable à Brettes

L'eau, une simple affaire de robinet aujourd'hui. Pas si simple si on veut de l'eau potable. Et antan ? Quelques puits et mares, taris à la moindre sécheresse. Quelle misère ! « Vers 1900, on avait eu un peu d'eau dans les puits grâce à la neige tombée entre Noël et le jour de l'an » rapportent les anciens.

La fontaine est miraculeuse

Le lavoir Saint-Cybard, restauré par la commune, a été maçonné au dessus du puits Saint-Cybard. La légende rapporte qu'au cours de l'été 1893, la sécheresse a poussé le curé à faire une procession jusqu'à ce lieu.

Cette date n'est pas tout-à-fait exacte puisque le lavoir a été construit en 1892 (date apposée sur un linteau). Mais ce qui importe, c'est que de l'eau y ait été trouvée ! Ce site fut longtemps le lieu de regroupement des mères de famille les jours de bughée. Même une partie de la population de Villefagnan venait s'y approvisionner les grandes années d'à sec. Ce fait nous reporte une époque où l'eau n'était pas source de gaspillage.

« Il faut boire à la source »

Pour boire sans crainte, il vaut mieux s'abreuver auprès du syndicat intercommunal d’alimentation en eau potable (SIAEP) de la région de Villefagnan créé le 11 octobre 1957. Syndicat qui distribue l’eau dans dix-neuf communes, dix huit pour le canton de Villefagnan (sauf Montjean et Souvigné) et une dans le canton de Ruffec : Villegats.

Mais ce syndicat n'est pas né sans heurts ni sans voir beaucoup d'eau couler sous les ponts de l'Aume, du Bief et de la Péruse. Le 10 avril 1939, le conseil municipal de Brettes délibère sur son association au projet de syndicat.

En 1939 donc, Villefagnan et ses voisines (1) voulaient lancer un syndicat intercommunal d’adduction d’eau potable. Ils ont mis sur pied un projet syndicat en vue de former le SIAEP. Mais il est apparu difficile de trouver une source de capacité suffisante. Un puits de 43 mètres avait été foré à Villefagnan mais sans succès. Il ne se remplissait que lors des fortes pluie d'hiver.

(1) Brettes, Villefagnan, Theil-Rabier, Paizay-Naudouin, Longré, (Embourie et La Faye non citées), Souvigné, La Magdeleine, Villiers-le-Roux, La Chèvrerie, Saint-Martin-du-Clocher, Londigny, Montjean, La Magdeleine, Empuré, Raix, Bernac, La Faye, Villegats, Verteuil, Tuzie, Salles-de-Villefagnan (Courcôme veut puiser son eau toute seule).

Le 5 novembre 1940, le service des ponts et chaussées esquissera un service d’eau potable à Villefagnan, projet qui s’élève à 12.600.000 francs. Taux probable de subvention : 60 pour cent. Prêt à 3 pour cent.

Toutes les communes étaient intéressées par ce projet sauf Courcôme qui avait déjà en péniche sa propre desserte communale. Son réseau était opérationnel dès 1943, mais ne concernait pas toute la commune. Raix s'y raccordait quelques années plus tard, en 1950. Cependant, au début des années 1990, la qualité de l'eau ne pouvant plus être conforme à celle imposée par les normes, ces deux communes firent le choix de se raccorder au réseau du SIAEP cantonal : 1991 pour Raix et 1992 quant à Courcôme.

L'essai est transformé

Un syndicat de communes en vue de la construction d’un réseau d’eau potable est fondé le 29 août 1957. Nous sommes passés du syndicat d’études au syndicat définitif, l'étude est adoptée le 18 juillet 1957 et la décision prise de passer aux travaux. Le syndicat de communes de la région de Villefagnan est chargé de procéder à la réalisation des travaux.

A partir de 1957, le SIAEP se lance dans l'étude et la programmation de son réseau pour un montant estimé de 875.000.000 de Francs. Les travaux, répartis en huit tranches, débuteront en 1960 pour se terminer en 1966. Le syndicat assure le financement de ses travaux d’investissement. Villefagnan sera raccordé en 1962...

Le SIAEP achète l’eau aux syndicats voisins : Saint-Fraigne et Aunac (et une petite part à Val de Roche). Il est copropriétaire de leurs stations de pompage. Il délègue la gestion du service et de la distribution à Véolia depuis le 1er janvier 2010 qui assure l’entretien et la réparation du réseau. 

Une station de pompage à Brettes ?

Le département de la Charente a lancé à Brettes en 2002 un forage de prospection en vue de nouvelles sources d’approvisionnement en eau potable. L’entreprise Jude Frères de la Roche Chalais (24) fut chargée des travaux : deux à trois semaines. Un tubage (diamètre 219 mm) réalisé jusqu’à moins 66 m se poursuivait (diamètre 311 mm) à la profondeur de 200 m, au niveau des marnes du Toarcien, puis il se réduit à 219 mm ; enfin vers 280 m il fut limité à 152 mm. « Si la qualité de l’eau et le débit donnent satisfaction, ce forage sera conservé après avoir été alésé à 300 mm et étanché au niveau des nappes supérieures (65 à 93 m) afin de ne pas polluer les nappes profondes (209 à 275 m). Dans le cas contraire, il sera rebouché avec du béton, et, un nouveau sondage serait alors envisagé à Salles-de-Villefagnan. » En raison d'analyses d'eau non probantes, ce forage a été mis en attente... Il n'est pas impossible que l'on s'y intéresse à nouveau surtout si l'on arrivé à interconnecter les réseaux de la Charente en vue de se secourir mutuellement, idée chère au syndicat d'harmonisation de l'eau potable (SHEP). Un nouveau miracle?


Brettes en appellation contrôlée cognac

C'était en 1909 publié par Le journal de Ruffec.

Le décret délimitant la région « cognac » ou « eau-de-vie des Charentes » vient d’être signé par le Président de la République. Pour le canton de Villefagnan ont été inclues les communes de Brettes, Courcôme, Longré, Raix, Souvigné, Tuzie, Villefagnan. De bons bois...

 

En 1900, aucune construction ne jouxtait au Nord l'église Saint-Cybard

 

L'école et la salle des fêtes

Dans le plus pur style Ferry, la mairie école de Brettes a été construite à la fin du XIXe siècle. Une classe accolée à l'arrière du bâtiment, et une autre séparée à l'est.

En 1947, à l'occasion de travaux programmés à la mairie (300.000 frs), la commune décide de transformer la classe accolée à la mairie (classe contiguë au logement de l'institutrice) en salle des fêtes. Mais l'inspectrice de l'école primaire n'est pas d'accord, pour elle il vaudrait mieux transférer la classe actuelle derrière la mairie et transformer la classe isolée en salle des fêtes. Le conseil municipal n'accepte pas cette requête.

Il n'y a pas de subvention prévue pour la salle des fêtes, le conseil n'admet pas l'ingérence de l'inspectrice, et préfère ne rien changer à ses décisions.

Cette photo du début du XXe siècle nous montrent des scènes rares. C'était un bel après-midi les pieds dans l'eau, dans le petit Osme, ou dans le ruisseau de Fredière : une famille brettoise s'adonnait à la pêche aux vairons. Mais nous ne savons pas si la friture fut délicieuse.

Des vairons à plein panier 

« Là abondent vairons et goujons que l'on pêche avec un grand panier d'osier traîné dans l'eau en remontant le courant jusqu'aux rouches qui encombrent les rives en certains endroits. » Tiré de « Sous le vent de galerne », d'André Guilloteau, publié en 1982 ; un bel ouvrage relatif aux guerres de Vendée... à deux pas d'ici donc.

Voici une belle légende pour expliquer ce que font nos vaillants brettois. Complétons là par celle-ci : « Les jeunes gens avaient projeté de pêcher au panier dans le ruisseau de Mussy-sous-Dun ; ils seraient revenus à la maison d'école avec leur friture de vairons... » Cet extrait est tiré de « Marchands de participes », d'Yves Sandre, publié en 1962.

L'instituteur a dû expliquer aux petits Brettois

Nom usuel : vairon ; nom scientifique : phoxinus ; ovipare de la famille des cyprinidés ; dimension : de 6 à 10 cm de longueur, exceptionnellement 12 cm ; le poids dépasse rarement 13 gr. Corps allongé, cylindrique, recouvert de nombreuses écailles très petites, ligne latérale peu visible, généralement absente dans la partie postérieure du corps, tête forte, museau arrondi avec une bouche protractile. Reproduction de mai à juin, endroits peu profonds en eau courante et bien oxygénée, fond découvert, sablonneux. La longévité est de 4 à 5 ans, voire 7 ans en extrême limite, sauf si un malin survient avec son panier d'osier. Estimation culinaire : la chair est bonne en friture. L'omelette aux vairons constitue une spécialité appréciée. Il suffit de presser les flancs de ce poisson pour le vider. Il demande à être préparé très frais, dès sa sortie de l'eau si possible.

Les vairons sont devenus trop rares. Ils sont la proie des pêcheurs de truite qui en font un appât de premier choix pour taquiner leur poisson préféré. Mais il a disparu de nos petites rivières pour d'autres raisons... que chacun connaît. Dans le canton de Villefagnan, les spécialistes en « dénichent » encore au printemps à Londigny à « l'aire de la liberté ». Enfin si on peut évoquer la liberté des vairons... 

De la vigne au lait

C’est le phylloxéra qui provoquera les plus gros bouleversements à Brettes à la fin du XIXe siècle. Non seulement parce que l’on n’y produira provisoirement plus de vin, mais parce qu'il signera le début de l’aventure de l’élevage laitier dans ce secteur, élevage bovin et caprin plus tard. Il est difficile de faire admettre localement ce tournant.

Chacun constatait que le manque de fourrage réduisait le nombre des attelages de labour, empêchait les améliorations : « Avec plus de fourrages j’aurais plus de bestiaux, plus de bestiaux me donneraient plus d’engrais, et ces engrais me procureraient d’abondantes récoltes ». L'élevage ne se consacrait qu'à la race mulassière et à quelques ovins.

Le Poitou, la Saintonge, l’Angoumois importaient surtout leur beurre de Bretagne. Peu à peu des paysannes se lancèrent individuellement dans l'aventure et s'en allaient vendre leur petite production sur les marchés voisins. Visiblement, le beurre et le fromage produits localement à l'aube du XXe siècle, n’était encore que le fruit « d'un vrai travail d’amateur ». La renommée du beurre des Charentes et du Poitou restait donc à faire.

Les Vendéens ont parfois pris la place des enfants du pays « montés » à Paris, écœurés par la crise du phylloxéra, ou déjà riches et voués à des carrières plus valorisantes. En Vendée, la main d’œuvre était trop nombreuse, il n’y avait que des places de domestiques. La propriété foncière était exclusivement entre les mains des anciens nobles.

Ils ont répondu à l’appel des curés qui voulaient redonner du lustre à la religion catholique en ces pays où l'on fréquente peu l’église. Les premiers ont invité les suivants, cela jusque dans les années cinquante. Ils se retrouvaient aux foires de Couture-d’Argenson le 7, chaque mois, donnaient des nouvelles, se renseignaient sur des métairies disponibles. La guerre de 1914-1918 va graver en grand nombre sur les monuments aux morts de la région, sauf à Brettes faute de monument et où on a oublié d'apposer le nom d'un brave vendéen sur la plaque de l'église. Peu à peu, ils développent l’élevage laitier et font leur beurre.

En 1950, à Paizay-Naudouin, un amusant bambin disait avec conviction : « Chez nous, y’a plus de Vendéens que de Français. » Désormais, on ne différencie personne, c’est vrai que les foires de Couture se sont éteintes, que les mariages « mixtes » ont fait s’évaporer les origines. Les enfants ne savent parfois pas dire d’où vient leur famille, et ne sont jamais allés au pays…

Les laiteries coopératives

« Nos lecteurs connaissent tous la réputation des beurres du Poitou. Après les désastres phylloxériques, les laiteries coopératives ont sauvé la Saintonge de la ruine. Il y a un demi-siècle, cette région était pleine de prospérité. Sa richesse reposait sur un splendide vignoble que cultivait une population laborieuse et aisée, habituée depuis longtemps à la vie facile des contrées dont la terre généreuse produit, sans relâche, des récoltes rémunératrices. Après l'apparition du phylloxéra, l'agonie du vignoble lui porta un coup terrible. (…) Comme le terrain était pauvre en eau et ne convenait guère aux prairies naturelles, on créa des prairies artificielles et on s'adonna, petit à petit, à l'élevage.

Les paysans demandèrent à l'idée coopérative la solution des difficultés auxquelles ils étaient en butte. Unis dans le malheur et dans la ruine, ils unirent leurs efforts pour la transformation et la vente du lait provenant de leur bétail. Ainsi fut créée, à Chaillé en 1888, par 60 sociétaires, la première laiterie coopérative en vue de la transformation du lait en beurre. Fondée avec des ressources modestes, elle acheta les instruments utilisés dans les beurreries étrangères qui approvisionnaient le marché de Paris (écrémeuses, barattes, malaxeurs, etc.) et qui lui permirent de fabriquer un beurre très apprécié.

Il n'en fallut pas davantage pour susciter un véritable épanouissement des idées d'association qui, débordant la Saintonge, gagnèrent les Deux-Sèvres, la Vendée et certaines parties de la Vienne… »

Dans le canton de Villefagnan et environs, naîtra un syndicat d'éleveurs et engraisseurs en août 1896, nous dit l'Observateur de Ruffec. Président, Lamigeon, notaire à Villefagnan ; vice-présidents, de Jansac à Saint-Fraigne et Eugène Guillaud à La Chèvrerie ; secrétaire, Edmond Forgerit à Fondoume ; trésorier, Collin, instituteur retraité à Villefagnan ; membres : Debenay-Lafond, vétérinaire à Ruffec ; Ferdinand Turlais à Bouchet (Lupsault) ; Guérinaud Henri à Villeneuve (Pioussay) ; Eugène Bonnisseau à Longré. Membres du comité consultatif : Guillaud-Debroue, avocat à Ruffec ; Touzaud, maire de Bessé et avocat à Angoulême. Agent expéditeur : Denis Gornard, boucher à Souvigné. Les adhésions sont de plus en plus nombreuses et tout permet de croire que ce syndicat rendra de grands services aux agriculteurs.

A Chef-Boutonne, les agriculteurs du secteur étaient invités dès 1901 à faire partie de la laiterie coopérative. Mais ceux de Charente n'étaient pas encore invités, ils le seront plus tard.

A Brettes, un syndicat agricole est créé en 1904, un bureau du Crédit Agricole installé à la même époque. Les agriculteurs vont grouper leurs achats d'engrais et emprunter si nécessaire, les plus riches feront des placements. Les prairies et les champs de céréales vont se donner de nouvelles allures.

Vaches au pré à Brettes vers 1910.

La laiterie de Villefagnan

C’est l’inventif et énergique Claude Brothier, maire de Villefagnan et président du comice agricole, qui après la mise sur pied du Crédit Agricole en 1905 fut l’instigateur de la laiterie coopérative de Villefagnan. Notons qu'il est aussi l'inventeur de la Naphtolette, première voiture charentaise.

Située route d’Aigre, la laiterie fut mise en service en 1907, débutant ses activités sous le statut de coopérative laitière. Dès 1910, son beurre est primé à Turin. Ce sont les adhérents eux-mêmes qui prêtèrent les sommes nécessaires à sa construction. Ses statuts étaient modifiés le 22 février 1914. La première guerre mondiale verra la collecte de lait chuter. A la fin de l’année 1918, Claude Brothier achète la laiterie à l’amiable car il veut faire reprendre l’activité le 1er janvier 1919. Le 9 mars 1920, il dépose au greffe du tribunal de commerce de Ruffec la marque de fromage extra « L'ouche à gayet ». Le gayet, c'est cette plante qui a la vertu de faire cailler le lait...

Un industriel parisien tente de contrecarrer le projet. Le comptable de la laiterie fut même arrêté pour abus de confiance en 1919 à la demande du Parquet de Loches (37). Mais Claude Brothier saura résister à l'offensive et fera enregistrer la laiterie au registre du commerce le 11 décembre 1920. Le dimanche 23 janvier suivant, il revendait la laiterie à son gendre, Joseph Rogerie, démobilisé depuis avril 1919 pour raison de santé. L'épouse reprend les rennes après le décès de ce dernier mais elle aura mille difficultés à faire tourner l'établissement. En cause, c'est une femme, et elle a en face la concurrence qui s'évertue à faire fermer sa laiterie.

L'aventure Lattion

La laiterie ne fonctionnait plus depuis plusieurs mois. La clientèle était perdue. Mais en avril 1937, Jean et Simone Lattion visitèrent l'établissement en vue d’une location éventuelle. La laiterie était en moins bon état que la maison d’habitation, mais les couvertures étaient impeccables. Jean Lattion était Suisse. Il avait des cousins à Luxé. Il était venu travailler à la laiterie (La Charrière) durant plusieurs années avant la guerre. C’est ainsi qu’il connut sa femme, Simone, originaire de Brettes.

Les époux Lattion louèrent la laiterie du 1er juillet 1937 au 1er juillet 1945. Ils ramenèrent leur clientèle de Luxé. Travailleurs et modernes, leur commerce prospéra. D’ailleurs, le premier jour d’exercice à Villefagnan, Jean Lattion avait déjà collecté 835 litres de lait… Il achète la laiterie en 1945, l'équipe et la modernise. Il développe la production de fromage de chèvre.

En 1953, il était l’un des premiers à stériliser le lait. Il achète une embouteilleuse allemande et un homogénéisateur pour faire du lait U.H.T. La matière grasse après éclatement, est répandu dans le lait puis chauffé très brièvement à 115°C. La laiterie employait à cette époque une trentaine de personnes outre Jean et Simone Lattion. Il fallait pour la collecte 7 ou 8 ramasseurs, et autant de camions. Une vingtaine de personnes œuvraient à la laiterie: dix pour le beurre et le lait ; dix pour le fromage. Les Lattion employaient une secrétaire à plein temps. Ils géraient une porcherie de 200 porcs à la Font de Villefagnan afin de rentabiliser le petit lait.

En 1962, étaient traités par jour 20.000 litres de lait dont la qualité était vérifiée aléatoirement chaque mois par un contrôleur pour en vérifier la densité. La clientèle était importante et s’étendait au delà d’Aigre, à Verdille et vers la Charente Maritime.

Malgré l’importance de la laiterie, située dans la moyenne en Charente (16e environ sur une trentaine). A cette époque, la concurrence était rude et peu à peu, la plupart des laiteries de la région fermaient où se regroupaient.

Pressentant l’évolution inéluctable vers le regroupement, les Lattion fusionnèrent dès juillet 1962 avec la laiterie de Réparsac près de Cognac. La collecte du lait fut toutefois maintenue autour de Villefagnan mais le lait était traité à Réparsac. Le matériel fût vendu à d’autres laiteries. C’était du très bon matériel, très moderne pour l’époque d’origine allemande et suédoise, sans conteste le meilleur sur 300 km à la ronde. Il permettait en particulier la pasteurisation et la stérilisation du lait. Les Lattion avaient été dans les premiers en 1953 à stériliser du lait.

Jean Lattion avait employé au plus fort de ses activités une cinquantaine d’employés. La laiterie a fermé en 1962. Jean Lattion décédait le 5 juillet 1965 à 53 ans. Ces renseignements ont été communiqués pour une part par Jean-Louis Carde qui a rencontré Mme Lattion, merci sincère à tous les deux.

Le lait et le fromage de chèvre

Après de nombreuses années d’interdiction, avant et après la Révolution, la chèvre finit par s’imposer dans les petites fermes. On voyait antan de vieilles paysannes en mener paître une, ou quelques-unes, sur les bords des chemins. Elle s’occupait pendant ce temps au tricot, ou au fuseau. Si une bête s’échappait, le chien avait tôt fait de la ramener vers sa gardienne.

« D’une économie de subsistance à une économie de marché - du XIXe siècle à 1970. Les chèvres demeuraient à leurs côtés [les paysans] comme s’il s’agissait de leur famille nombreuse1. De fait, elles s’avéraient en avoir sauvé un grand nombre pendant de longues années de malédiction et de disette qu’avait duré la guerre. »

Il n’y a pas longtemps, un peu de fromage et quelques litres de lait pour la laiterie assuraient un complément de revenu. Voire un moyen d’en compenser l’absence ou une faible retraite. Désormais, la chèvre vit en stabulation, parfois jusqu’à un millier. Son lait permet de faire des fromages que beaucoup aimeraient de la même saveur que ceux de leur enfance.

 

Anomalie à Villairet

Le 10 mai 1935, le Journal de Ruffec publiait cette anomalie, selon lui : « Lundi dernier, a été célébré à Souvigné, le mariage de M. James Babaud, domicilié à Villairet, commune de Souvigné, avec Mlle Blanche Thébault, domiciliée à Villairet, commune de Saint-Fraigne. Les deux jeunes époux, quoique habitant le même village, étaient séparés administrativement.

En effet, Villairet, petit village de 90 habitants, est partagé entre trois communes : Souvigné, Brettes et Saint-Fraigne, qui sont elles-mêmes régies par deux cantons, Souvigné et Brettes par Villefagnan, et Saint-Fraigne par Aigre. 44 habitants sont sur la commune de Souvigné, 30 sur Brettes et 16 sur Saint-Fraigne.Villairet se trouve donc dans une situation géographique assez bizarre ; cependant, l'acheminement de la correspondance est opérée pour la totalité du village par le circuit postal d'Aigre, bureau de Souvigné. »

Des bois de valeurs différentes

L'intercommunalité avant l'heure, même si d'autres divisions étaient à observer, notamment quant à la classification des eaux de vie : les trois communes produisaient de l'eau de vie des Charentes avant 1909, seule Saint-Fraigne aura le droit à l'appellation « fin bois », les deux autres se contentant de celle de « bons bois ». Gouttons entre autres nectars cette anecdote croustillante rapportée par les descendants des maires farceurs : « Au début du XXe siècle, le maire de Brettes, celui de Souvigné et leur collègue de Saint-Fraigne, résidaient tous les trois à Villairet. Ils installèrent le 14 juillet une table ronde au point de rencontre de leurs trois communes et banquetèrent ensemble... sans quitter leur commune ». Serge Béguier a bien voulu pauser pour nous sur l'emplacement du sycomore.

Nombreuses les frairies ?

Quant aux frairies, Villairet n'en organisait qu'une... Comme le dit avec amusement Serge Béguier : « Souvenons-nous de l'époque où le carrefour à trois « branches », point de convergence des trois communes, était figuré par un magnifique sycomore. Lequel arbre avait été spécialement taillé pour que ses trois principales branches donnent chacune la direction d'une des trois communes ». Les anciens étaient imaginatifs, et ne manquaient pas d'humour.


Un syndicat agricole se crée à Brettes

C'était en 1904 publié par Le journal de Ruffec.

On entend si souvent parler de choses qui divisent que le chroniqueur éprouve comme une sorte de bien aise à constater les tentatives d'union qui se manifestent ça et là. Sur ce point la petite commune de Brettes vient de donner un exemple. Sur l'initiative de M. le Maire, on vient de former dans cette commune un syndicat agricole. La plus aimable courtoisie (ce qui n'exclue pas l'animation) n'a cessé de régner durant les deux premières séances qui ont été consacrées à l'examen des statuts et à la nomination du bureau. Et maintenant va, petit syndicat, et aux vœux de succès et de longue durée qui ont été exprimées en ta faveur, tu me permettras bien d'ajouter cet autre, à savoir que toujours, suivant le désir de ceux qui ont présidé à ta formation, tu sois dans la commune un gage de concorde et d'union.


Attentat à la pudeur avec violence

C'était à l'audience du 12 mars 1912 et publié par Le journal de Ruffec.

A l'audience du mardi matin qui a été ouverte à 9 heures, a été appelée une affaire d'attentat à la pudeur reproché à monsieur V., âgé de 34 ans, demeurant à Marcillé, commune de Brettes. Les faits se sont déroulés le 22 octobre 1911 ; à cette date, l'accusé gardait ses bœufs près d'un bois appelé les « Quatre Chênes » à peu de distance de la jeune R., âgée d'au moins 12 ans. Il lia conversation avec la fillette, puis, d'après l'accusation, il se serait livré sur elle à des actes obscènes. Le huit clos est prononcé.

V. reconnaît une partie seulement des faits qui lui sont reprochés. Une dizaine de témoins sont entendus puis l'audience est suspendue. A la reprise, M. Narrat, substitut, qui occupe el siège du ministère public, prononce un énergique réquisitoire. Après une brillante plaidoirie de Me Georgeon, le jury se retire pour délibérer. Dix minutes plus tard il revient avec un verdict négatif. V... est acquitté...


Les chevaux, mulets et ânes de Brettes intéressaient l'armée

La remonte permettait de fournir des chevaux aux armées. Le service de la remonte militaire gérait le recensement et du classement des chevaux civils pour leur éventuelle utilisation en temps de guerre. Cette opération était préparée dés le temps de paix grâce au recensement qui se faisait à partir de la déclaration obligatoire en mairie des propriétaires des chevaux et mulets. Le service de la remonte militaire gérait le suivi administratif.

Une affaire sérieuse

Tous les ans, au commencement de décembre, le maire faisait publier un avertissement adressé à tous les propriétaires de chevaux ou mulets qui se trouvaient dans la commune, quelle que soit la nationalité de ces propriétaires, pour les informer qu'ils devaient se présenter à la mairie, avant le 1er janvier, et faire la déclaration de tous les chevaux, juments, mulets ou mules en leur possession, en indiquant l'âge de ces animaux.

Les registres des mairies étaient envoyés au service régional des remontes. Une commission se déplaçait chaque année dans la moitié des communes pour le classement de ces chevaux en chevaux de selles ou d'attelages.

La ressource était suffisante

A la mobilisation, des comités d'achat faisaient des tournées dans les villes et villages avertis par voies d'affichages, et les propriétaires étaient indemnisés selon un barème de prix arrêté par le ministère de la guerre. Les achats se faisaient en public, sous la direction du président du comité de réquisition. Les chevaux, regroupés, triés, devaient généralement être ensuite dressés pour répondre aux besoins de l'armée.

Les ressources nationales étaient estimées en 1914 à environ 3.230.000 chevaux, ce qui permettait de satisfaire aux besoins de la mobilisation.

Le recensement devant la mairie de Brettes avant 1914.

Les pigeons voyageurs également mobilisables

Il existait aussi un recensement des véhicules hippomobiles, qui se faisait tous les trois ans. Et plus surprenant, un autre décret concernait le recensement des pigeons voyageurs.

Le 10 décembre 2011, le Journal de Ruffec publiait : « Conformément à la circulaire du ministre de l'intérieur, en date du 1er décembre 1897, il sera procédé, avant le 1er janvier 1912, dans toutes les communes à un recensement des pigeons voyageurs ».

Tous les éleveurs isolés ou sociétés colombophiles qui possédaient des pigeons voyageurs devaient déclarer en mairie le nombre de leurs colombiers, le nombre de pigeons voyageurs qui y étaient élevés et les directions dans lesquelles ils étaient  entraînés.

Le décret du 2 août 1877 concernant ces réquisitions militaires n'a été abrogé que très récemment par le décret n°2009-254 du 4 mars 2009.


Coup de couteau

C'était en février 1911 et c'était publié par Le journal de Ruffec. Le jeune D., âgé de 13 ans, domestique à Villairet, commune de Brettes, revenait des champs, lorsqu'il rencontra un nommé G., âgé de 70 ans, qui lui demanda s'il couchait toujours dans la même chambre. Après avoir reçu une réponse affirmative, G. continua son chemin. Dans le courant de la nuit suivante, le jeune D., étant endormi, sentit un individu se glisser dans son lit et tenter de le violenter. S'étant débattu, il reçut un coup de couteau qui le blessa peu grièvement, puis l'individu prit la fuite. La gendarmerie ayant ouvert une enquête, à interrogé G. qui a nié énergiquement être l'auteur de cet acte inqualifiable.


Un bon coup de fusil

C'était en 1901 et c'était publié par Le journal de Ruffec. Mardi, à l'arrivée du train de deux heures en gare de Villefagnan, une des vaches embarquées par M. Elie Fourcheraud, boucher à Courcôme, sans doute prise de peur, partit à une allure vertigineuse dans la direction de Brettes. Malgré les efforts de quelques personnes qui voulurent l'arrêter avec des fourches et des bâtons, le terrible animal allait causer de grands malheurs sans l'intervention de M. Daniel Flaud, propriétaire à Brettes, qui, n'écoutant que son courage, tira presque à bout portant deux coups de fusil et étendit raide la vache furieuse. Nous serions heureux de voir l'administration compétente prendre note de l'acte de courage de M. Flaud.


La fête patronale à Brettes en 1912

C'était le 15 septembre 1912 publié par Le journal de Ruffec. La fête du 8 septembre favorisée par un beau temps a eu un très grand succès. De nombreux jeux ont été organisés parmi lesquels deux courses de bicyclettes dont voici les résultats : Course communale de 12 km, 1er Nicolas en 24 minutes ; 2e Rousseau à 100 m ; 3e Texier à deux longueurs. Course régionale de 25 km, 1er Olivier ; 2e Proust, à une longueur ; 3e Broussaud, à deux longueurs, qui ont couvert les 25 km du parcours en 43 minutes, marchant à une moyenne de 34,888 km.

Courses pour tous à la frairie de Villairet en 1921

C'était le 14 septembre 1921 publié par Le journal de Ruffec. La frairie de Villairet, commune de Souvigné, aura lieu le dimanche 2 octobre. A 13 heures, courses aux ânes avec 3 prix. Courses aux chiens (3 prix). Courses à pied pour jeunes gens au dessous et au dessus de 15 ans (6 prix). Course aux œufs, course en sac. Jeux divers, loterie, tirs. Grand bal public.


Les maraudeurs reniflent l'ail et l'échalote

C'était le 1er juillet 1923 publié par Le journal de Ruffec. Des maraudeurs ont pénétré dans le champ de M. Albéric Monnet, cultivateur à Brettes, et y ont arraché 150 pieds d'ail et 50 pieds d'échalotes, qu'ils ont emportés. Une enquête est ouverte. Notons qu'un vol de 140 têtes d'ail et 40 pieds d'échalotes, avait été commis pendant la nuit la semaine suivante au profit du coiffeur M. Lantourne à Villefagnan.

Poste automobile rurale

C'était le 7 janvier 1934 publié par Le journal de Ruffec. Sur la proposition de M. le Directeur départemental des PTT, l'administration centrale a admis de faire desservir le chef-lieu de la commune de La Magdeleine par la voiture du circuit de poste automobile rurale rattachée à Ruffec. De même le 21 janvier 1934 publié par Le journal de Ruffec. Souvigné sera desservi à partir du 1er février 1934... les usagers doivent désormais faire porter sur leurs adresses : « Souvigné, par Aigre »...

Un mariage

C'était le 29 avril 1934 publié par Le journal de Ruffec. Nous apprenons avec plaisir le mariage de M. René Béguier, et petit-fils de M. Frédéric Béguier, membre de Chambre d'Agriculture de la Charente, avec Mlle Marcelle Augeron, de Villairet. La bénédiction nuptiale leur sera donnée en l'église Saint-Cybard de Brettes le lundi 30 avril à 11 heures du matin. 

Sortir aux alentours

Tout Brettes pouvait se rendre à la frairie de Bellevue (Empuré) le dimanche 20 mai 1934. Course régionale de bicyclettes, course à pied, jeu de ciseaux, course aux œufs, jeux divers. Départ d'un ballon montgolfière, loterie, tirs, jeux de boules. Fête de nuit, brillant feu d'artifice, bataille de confettis, grand bal. 

Plus on est de chasseurs...

C'était le 25 août 1935 publié par Le journal de Ruffec. Les chasseurs des communes limitrophes de Brettes sont informés qu'ils pourront faire partie de la Société de chasse, moyennant une cotisation de 15 francs. Se renseigner au président ou à M. Pierre Rodier, cafetier, où les cartes leur seront délivrées.

Brettes en 1942

Arrondissement d'Angoulême, canton de Villefagnan. Hameaux : 7 ; 294 habitants ; PTT ; chemin de fer réseau de l'État, ligne de Ruffec à Niort à 4 km ; fête patronale le 2e dimanche de septembre ; agriculture, cultures diverses ; commerce : grains ; tourisme : deux tours du XIIe ; maire : Henri Deleigne, adjoint Félicien Trigaud, secrétaire Mme Partaud ; curé, Debertex à Villefagnan. Cafetier : Pierre Rodier ; coiffeur, M. Rodier ; cycles, R. Damy ; épicier, Nicolas ; marchand de bestiaux, Deleigne ; maréchal ferrant, S. Damy ; tabacs, H. Nicolas.

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