|
Brettes
possédait un château appelé Tour de Brettes. Cette
construction du XVe siècle, malgré ses multiples mutilations,
offre encore beaucoup d’intérêt.
Parmi
les seigneurs de Brettes, nous trouvons au XIIIe siècle :
Aimery de Corneille, écuyer, auquel succède son fils, Pierre,
seigneur de Brettes, qui prit à bail, en juillet 1278, quelques
terres de l’Abbaye de Nanteuil.
Les
Corneille portaient : “écartelé au I et 4 d'or au
chevron de gueules, accompagné de deux molettes de même en
chef, et d’une corneille de sable en pointe, au 2 et 3 d'azur
au sautoir dentelé d’or, cantonné de 4 pigeons d’argent”.
La
famille de Brettes était originaire de la Basse-Marche ; en
Limousin, Brette signifie vache. On cite Jeannot de Brettes,
seigneur du Cros en 1537 qui épousa le 15 avril 1532
Peyronne de Neufville, fille du seigneur de Magnac. François de
Brettes, chevalier, seigneur du Cros, chevalier de l’ordre du
Roi le 6 janvier 1571, devint le mari d’Anne du Vigier. Cybard
de Brettes, écuyer, seigneur du Cros, du Masrocher, Brouilhac,
épousait à son tour Jeanne de Salignac, le 9 octobre 1589.
Catherine
de Brettes, fille de Gédéon de Brettes, chevalier, marquis de
Cros Limousin, épousa le 6 juin 1676 à Pressac Guy d’Alloigny,
seigneur de Boismorant dont il eut seulement une fille. Catherine
d’Alloigny épousa ensuite François Taveau de La Vigerie.
Alloigny : «de gueules, à 3 fleurs de lis d’argent, 2 et
1».
Famille
Chasteigner. René
Chasteigner portait : «d’or, au lion passant de sinople,
armé et lampassé de gueules». Ils étaient les seigneurs
de la Tour de Brettes encore en 1789. « Les sieurs François
de Chasteigner et les demoiselles leurs soeurs, propriétaires
d’un domaine, rentes, dixmes et agriers dans la paroisse de
Brettes, le tout du revenu de 760 livres, payeront
quatre-vingt-trois livres douze sols. » Charles de Barbezières
époux de Marie Jeanne Chasteigner (Charles de Barbezières,
chevalier, seigneur de la Talonnière, Brettes en partie, et de
Jeanne de Chasteigner). |
Les
Brettes portaient :
"d'argent
à 3 vaches de gueules"
De
Brettes : famille noble qui habitait la Basse-Marche et le
Poitou. Elle a sans doute tiré son nom de la paroisse de
Brettes, près de Ruffec. Autres
familles : famille de Pressac (seigneurs des Egaux à Empuré),
seigneurs en partie de Brettes en 1771. 1789, le sieur
Philippier de Fonbrette fils et la dame Bretinaud, demeurant en
Poitou, propriétaires de rentes et un domaine dans la paroisse
de Brettes, le tout du revenu de 100 livres, payeront onze
livres. |
Brettes
fait part de ses doléances
Brettes,
aujourd’hui commune du canton de Villefagnan, était en 1789
de la sénéchaussée et élection d'Angoulême,
dans le diocèse de Poitiers, et le marquisat de Ruffec (1). La
paroisse était taxée en 1789, à 1.060 livres de taille, 565
livres d’accessoires, 590 livres de capitation, 790 livres de
vingtièmes.
Les
doléances sont des requêtes adressées par un tiers à une
autorité politique ou religieuse essentiellement pour faire des
remarques, ou pour exprimer un souhait.
Les
cahiers de doléances étaient préparés par le peuple à
l'adresse des États généraux, avant qu'ils soient réunis,
pour exprimer des remontrances ou faire des remarques. De tels
cahiers ont été rédigés pour la première fois lors des États
généraux de 1614, avant-derniers États généraux tenus en
France. Les cahiers de doléances les plus notoires restent ceux
de 1789. En 1789, les cahiers de doléances ont presque valeur
de sondage.
Un
procès-verbal de l’assemblée du bourg et paroisse de
Brettes, pour la nomination des députés, est rédigé (Arch.
munic. Angoulême, A A 21). La réunion a lieu le 9 mars, en
l’auditoire du lieu. Le syndic (nom inconnu) préside. Les
comparants sont Jacques Vésinat, Jacques Maisonneuve, Jean
Turcat, Jean Chambret « et autres ». La paroisse se compose de
90 feux, sont cités 2 députés, les sieurs Claude Cassant et
Jean Rouché ; apposées 13 signatures, celles des sieurs Jean
Texier, P. Chambret, Louis Boisset. P. Texier. P. Deléglise,
André Maisonneuve et Brilouet, outre celles des comparants cités
et des députés.
Suit
le procès-verbal d’élection de députés et d’instructions
et pouvoirs à eux donnés par les habitants de la paroisse de
Brettes en Angoumois, suivant le protocole anciennement observé
: le début, en forme de procès-verbal, contient la date de
l’assemblée, la mention de la comparution du syndic et des
habitants, celle de la publication relative à la convocation et
des pouvoirs donnés aux députés.
Suit
le texte du cahier, qui débute ainsi :
« Que
lesdits habitants ne sont accablés et foulés d’impôts, que
parce que les ministres ont ci-devant établi le système
injuste et meurtrier de la taille tariffée, où la Noblesse et
le Clergé, sous prétexte de différents privilèges, le plus
souvent même usurpés, possèdent les plus grands biens sans
presque rien payer, pendant que le malheureux cultivateur, réduit
à la plus médiocre fortune, paye presque tout, et encore parce
que les ministres et leurs agents, tant dans l’administration
que dans la finance, sans aucun respect pour eux-mêmes ni pour
les sujets du Roi, sans égard aux lois du royaume qui veulent
que les Français ne puissent être taxés que de leur
consentement, ont insensiblement écarté et renversé tous les
obstacles et augmenté jusqu’à l’excès, par l’effet de
leur seule volonté, la charge du peuple, dont ils ont dissipé
le produit ; que pour s’assurer à l’avenir la jouissance de
leurs biens, ils veulent et entendent :
-
ART. 1er. Qu’aucune partie de leurs propriétés ne puisse
leur être enlevée par des impôts, s’ils n’ont été préalablement
consentis par les États généraux du royaume composés, ainsi
que le veulent la raison et la loi, des députés librement élus
par tous les cantons, sans aucune exception, et chargés de
leurs pouvoirs ;
-
ART. 2. Que, suivant les intentions du Roi manifestées dans le
résultat de son Conseil du 27 décembre 1788, les ministres
soient à l’avenir responsables de l’emploi de toutes les
sommes levées sur le peuple ;
-
ART. 3. Qu’attendu que les impôts non consentis n’ont été
payés jusqu’ici que par la crainte des emprisonnements
arbitraires ou de quelques coups d’autorité qui ont arrêté
toutes les réclamations, lesdits habitants veulent et entendent
que personne ne puisse être arrêté ni emprisonné, pour aucun
motif, qu’en vertu des lois du royaume. Seront tenus lesdits députés
de faire insérer la déclaration des volontés desdits
habitants dans le cahier du bailliage d’Angoulême, et
chargent spécialement lesdits habitants ceux qui seront élus
par l’assemblée dudit bailliage d’Angoulême de la faire
valoir aux Etats généraux, et de ne consentir à la levée ou
prorogation d’aucun subside, avant que ladite déclaration ait
été adoptée par eux et solennellement proclamée ; leur
donnent néanmoins pouvoir, sous la condition ci-dessus, et non
autrement, de consentir à l’établissement ou prorogation des
subsides que les États généraux jugeront indispensablement nécessaires
aux besoins de l’État, toutes dépenses inutiles préalablement
retranchées, pourvu toutefois que les impôts soient supprimés
et remplacés par des subsides loyalement répartis entre tous
les citoyens, sans distinctions ni privilèges, à raison
seulement de leurs propriétés.
-
ART. 4. Chargent, en outre, lesdits habitants lesdits députés
de représenter à l’assemblée de la sénéchaussée d’Angoulême
qu’il serait très salutaire de remédier aux abus qui se
commettent dans l’administration de la justice, dont les frais
immenses appauvrissent un [grand] nombre de citoyens ; de représenter
aussi d’établir une cour souveraine dans une des villes
capitales la plus voisine, pour éviter les frais immenses
qu’il en coûte pour plaider dans le Parlement de Paris, éloigné
d’eux de plus de cent lieues ; demander le retour périodique
des États généraux, et surtout un Etat provincial et
particulier pour l’Angoumois.
Suit
la formule des pouvoirs.
Fait
sous les seings de nous juges et greffier, les jour et an que
dessus. Figurent 11 signatures, les mêmes (moins deux) qu’au
procès-verbal, notamment celles des deux députés.
A
la suite du cahier, se trouve cet ajout : Dans
la presse où se sont trouvés les officiers de justice pour présider
aux assemblées de paroisse, en conformité aux lettres du Roi
et ordonnance de M. le sénéchal d’Angoumois, quelques précautions,
quelque diligence qu’ai pu faire ladite paroisse de Brettes
pour se procurer un président à son assemblée, il ne lui a
pas été possible, tant la presse a été grande.
Voilà
le malheureux sort de ces campagnes isolées, où il n’y a
point de justice, ni aucun membre qui y ait rapport. Ces isolés
campagnards n’ont d’autre ressource dans des révolutions
qui les surpassent que le secours de leur pasteur qui dans
celle-ci, ne peut malheureusement les servir, sans préjudicier
son corps qui, cependant, mérite des égards.
Lequel
arrêté, tous les habitants de ladite paroisse, de nouveau
convoqués et assemblés sur les 4 heures du soir, ont signé
tous ceux qui savent signer, pour servir et valoir.
Suivent
11 signatures, les mêmes que ci-dessus.
C'est
dommage pour l'histoire, mais ce cahier ne revêt que des généralités
- le notaire a copié un modèle – et ne nous renseigne
aucunement sur le cas particulier de Brettes.
(1)
Source : Cahiers de doléances de la Sénéchaussée d’Angoulême
et du siège royal de Cognac pour les États généraux de 1789
- P. Boissonnade - Paris – 1907 ; reproduit par
Histoire-Passion.
|
Anomalie
à Villairet
Le
10 mai 1935, le Journal de Ruffec publiait cette anomalie, selon
lui :
« Lundi
dernier, a été célébré à Souvigné, le mariage de M. James
Babaud, domicilié à Villairet, commune de Souvigné, avec Mlle
Blanche Thébault, domiciliée à Villairet, commune de
Saint-Fraigne. Les deux jeunes époux, quoique habitant le même
village, étaient séparés administrativement.
En
effet, Villairet, petit village de 90 habitants, est partagé
entre trois communes : Souvigné, Brettes et Saint-Fraigne, qui
sont elles-mêmes régies par deux cantons, Souvigné et Brettes
par Villefagnan, et Saint-Fraigne par Aigre.
44
habitants sont sur la commune de Souvigné, 30 sur Brettes et 16
sur Saint-Fraigne.
Villairet
se trouve donc dans une situation géographique assez bizarre ;
cependant, l'acheminement de la correspondance est opérée pour
la totalité du village par le circuit postal d'Aigre, bureau de
Souvigné. »
Des
bois de valeurs différentes
L'intercommunalité
avant l'heure, même si d'autres divisions étaient à observer,
notamment quant à la classification des eaux de vie : les trois
communes produisaient de l'eau de vie des Charentes avant 1909,
seule Saint-Fraigne aura le droit à l'appellation « fin
bois », les deux autres se contentant de celle de « bons
bois ».
Gouttons
entre autres nectars cette anecdote croustillante rapportée par
les descendants des maires farceurs : « Au début du XXe
siècle, le maire de Brettes, celui de Souvigné et leur collègue
de Saint-Fraigne, résidaient tous les trois à Villairet. Ils
installèrent le 14 juillet une table ronde au point de
rencontre de leurs trois communes et banquetèrent ensemble...
sans quitter leur commune ». Serge Béguier a bien voulu
pauser pour nous sur l'emplacement du sycomore.
Nombreuses
les frairies ?
Quant
aux frairies, Villairet n'en organisait qu'une... Comme le dit
avec amusement Serge Béguier : « Souvenons-nous de l'époque
où le carrefour à trois « branches », point de
convergence des trois communes, était figuré par un magnifique
sycomore. Lequel arbre avait été spécialement taillé pour
que ses trois principales branches donnent chacune la direction
d'une des trois communes ». Les anciens étaient
imaginatifs, et ne manquaient pas d'humour.
Connaître
le loup
Les
petits bergers et les petites bergères ont dû souvent trembler
en apprenant que la région était envahie par les loups. Comme
en 1853, L'Observateur de Ruffec nous dit tout le dimanche 10 février
1895.
Avec
le froid, qui probablement leur rend la vie plus difficile, les
loups voyagent beaucoup, multipliant leurs méfaits sur divers
points de notre arrondissement. On les a signalés à Verdille,
à Tuzie, dans la forêt de Ruffec.
La
semaine suivante ils sont à Raix où ils étranglent neuf
moutons chez M. Laudoyer. Puis quatre aux Houillères à Courcôme
chez M. Rousseau, une semaine après. De grandes battues sont
organisées en forêt. On en parle encore le 14 avril 1895 chez
Boutet à Courcôme avec sept moutons égorgés. Puis à
Verdille où les loups ont égorgé une chienne. A Charmé,
Pierre Vallade a pris deux louveteaux en plein champ.
On
en parle en 1896, en 1900. Le conseil général alloue des
primes : 150 fr. pour une louve pleine, 100 fr. pour un loup ou
une louve d'au moins un an, 40 fr. pour un louveteau, 200 fr.
pour un loup qui s'est jeté sur des êtres humains...
Il
va de soit que l'expression « connaître le loup »
n'a aucun rapport avec les faits rapportés ici.
Les
moulins à eau et à vent
Après
les moulins à sang mus par les animaux, les esclaves ou les
femmes, c’est la nature, en l’occurrence l’eau et le vent,
puis l’énergie mécanique et électrique qui prendront le
relais.
Le
moulin à eau semble être apparu dès le troisième siècle au
sud de la Gaule romaine. Au IXe siècle, ces moulins connaissent
une forte croissance. Le moulin à eau est alors une source de
richesse et les moulins, qui jusque là étaient exploités par
de petites communautés villageoises, vont être alors pris en
charge par les seigneurs ou construits et exploités par les
monastères. Les habitants n’ont d’autre choix que de se
rendre faire moudre leurs bleds à ce moulin contre redevance,
c’est une obligation qui résulte du droit de banalité des
seigneurs. Cette redevance se faisait sous la forme d’un prélèvement
de un seizième sur les quantités à moudre.
La
chasse du meunier
Le
meunier n’a pas le droit d’aller « chasser » du
grain à moudre sur les terres de ses collègues voisins. Son
chasseron qui va chercher le grain chez le paysan et lui redonne
en farine est placé sous haute surveillance.
Le
moulin à vent apparaît en Europe vers 1080. En
Poitou-Charentes au XIIIe siècle. Ce sont les croisés qui ont
rapporté cette bonne idée, car ils avaient pu observer les détails
de construction et en apprécier le fonctionnement en Orient. Au
début, les ailes, le plus souvent au nombre de quatre, sont
constituées d'une armature en bois supportant une toile tendue,
du chanvre. Le meunier oriente la tête du moulin selon le vent
et déplie les voiles en fonction.
Sous
l’Ancien Régime, le meunier est parfois le propriétaire du
moulin - quand il ne l'afferme pas -, il l’érige avec
l’autorisation du seigneur moyennant paiement d’un droit.
Après la Révolution, le moulin à vent (usine) devient
entreprise libre, souvent rachetée par le meunier. Le moulin
est encore le lieu de rencontre des hommes et des femmes. On y
discute de toutes ses affaires, on y échange des nouvelles.
Le
rendement était faible, le meunier connaissait des périodes de
chômage imposées par l'absence de vent. Avec la modernisation
des moulins à eau et l’arrivée des minoteries, l'apparition
de la minoterie industrielle et la généralisation de l'électricité
dans les campagnes, l’imposition sur les moulins en tant
qu’outil industriel - même s’ils n’était pas utilisés -
ces géants ailés étaient condamnés. On leur coupe les ailes,
au mieux on les recouvre de tôles pour en faire des silos à
grain ou des poulaillers, voire des porcheries. Et ce sont
souvent les derniers construits, après 1800, qui disparaissent
les premiers. Les meules sont transférées vers un moulin à
eau.
Le
droit de mouture
La
production de la farine a longtemps constitué un enjeu national
majeur : l'État souhaitait à tout moment connaître la capacité
de production des minoteries françaises en cas de guerre et de
crise. Autour de 1935, étant donné la surproduction et la
chute du prix du blé, l'État avait imposé, dès 1936, un
contingentement de la production. Ce système, unique en Europe,
perdure encore aujourd'hui puisque les moulins doivent posséder
un « droit de mouture » qui peut s'acheter d'un
moulin à l'autre. On trouve ainsi encore quelques minoteries
familiales, où le droit de mouture se passe de génération en
génération. |
|

Le
moulin Guiet était en bon état au début du XXe siècle.
De
l'eau et du vent à Brettes
Brettes
bénéficie de la force du vent et de quelques filets d’eau,
d'où quelques moulins à blé sur son territoire. Un moulin à
eau, quatre moulins à vent. Outre la mouture des bleds (nom
commun des froment, orge, méture, etc.) pour faire la farine à
pain, le meunier devait écraser le maïs destiné aux animaux.
Avec le temps, et l’arrivée des minoteries, les derniers
moulins ne se consacraient plus qu’à cette tâche.
Trace
de moulins
Sur
la carte de Cassini (1768), nous observons quelques moulins,
mais cette carte n’a pas la réputation d’être absolument
infaillible. Sur la carte au 80.000e de 1851 nous observons un
moulin à eau aux Fillons, et quatre moulins à vent : à la
Charrière, à Marsillé, à l'ouest de Brettes et à la
Courtaudière. Certains de ces moulins ont pu être construits
juste après la Révolution avant de devenir rapidement obsolètes.
Ces
moulins, démolis, apparaissent sur le premier cadastre (1829).
Dans les bulletins communaux publiés dans les années 1990, ils
ont été répertoriés.
Le
moulin à vent dit de Brettes (aux champs Pigeon) était érigé
sur la section A122 dite du pré Merlet. Ses propriétaires
connus étaient Jean Deleigne, en 1846 ; Pierre Turbaud en 1856,
Pierre Turbaud fils en 1874 , et Denis Guiet en 1911. C'est lui
que nous pouvons admirer sur un cliché du début du XXe siècle.
Le
moulin à vent du chemin de la Courtaudière (section A 365)
appartenait à Jacques Turbaud en 1834 ; Pierre Turbaud en 1846
; Pierre Turbaud fils en 1882.
Le
moulin à vent de Marsillé situé au champ du moulin (section C
76), appartenait à Jacques Martin en 1836 ; Pierre Martin (d'Ebréon)
en 1846 ; Pierre Cornut en 1861.
Le
moulin à vent de La Charrière (section SD 259), appartenait à
Alexis Cassant en 1847. Il sera démoli en 1879.
Le
moulin à eau des Fillons (section SD 801) appartenait à Alexis
Cassant. Il fut démoli en 1879. |
Affermage
des moulins des Fillons et de la Charrière le 3 juin 1774 (Source
: archives familiales, paroisse de Brettes, affermage de
moulins.)
Cet
acte notarié montre l'association moulin à eau et moulin à
vent. Le moulin à vent supplée le moulin à eau en période de
basses eaux et d’assèchement total du cours d’eau sur
lequel il est établi. « Par devant les notaires de la
ville et marquisat de Ruffec en Angoumois soussignés, furent
présents François Roucher, Antoine Roucher et André Roucher,
laboureurs demeurant au village de La Charrière, paroisse de
Brettes, lesquels solidairement ont aujourd'hui donné à titre
de ferme à Jean Roucher, laboureur demeurant au même village
de La Charrière, paroisse de Brettes, pour le temps de cinq
années entières et consécutives dont la première commencera
à la fête de Saint- Jean-Baptiste prochaine pour finir à
pareil jour, ces cinq années terminées, c’est à savoir
leurs parts et portions dans deux moulins, l’un à eau et
l’autre à vent, situés sur la dite paroisse de Brettes,
l’un appelé le moulin des Fillons et l’autre le moulin à
vent de La Charrière, ensemble une petite pièce de terre en
chènevière, située entre les deux ruisseaux près le susdit
moulin à eau, de la jouissance à semer environ un
demi-boisseau comble de bled, touchant au dit moulin, plus une
petite « encoinssonnée » (champ triangulaire),
située et touchant au dit moulin de la contenance d’environ
trente sillons avec la liberté de prendre du bois pour boucher
les pas de la dite « encoinssonnée » lorsqu’il le
jugera à propos, et la coupe des « ayes » tout
autour des dites chènevières et « encoinssonnée ».
La
présente ferme faite à la charge, par le dit Roucher, preneur,
de donner et payer chaque année au terme de Saint-Jean-Baptiste
la quantité de cinquante deux boisseaux de bled méture mesure
de Ruffec, telle quelle sera prise et perçue pour les « moudurages »
(mouture) par le dit preneur, desquels dits cinquante deux
boisseaux de bled mouture il en reviendra au dit François
Roucher vingt-six et aux dits Antoine et André Roucher chacun
treize, tout quoy sera payé comme dit et au susdit terme de
Saint-Jean à commencer à la Saint-Jean 1775 et continuer ainsi
d’année en année au dit terme jusqu’à la fin de la présente
ferme.
Sera
tenu le dit Roucher preneur d’entretenir les dits deux moulins
de basse moudrie à ses frais et de couverture pour le moulin à
eau de la main de l’ouvrier seulement, et au regard des autres
réparations dont les dits moulins peuvent avoir besoin pendant
le cours du présent bail comme de meule ou autres ustensiles,
convenu quelles seront faites, savoir celles du moulin à eau
pour chacun une cinquième partie et celle du moulin à vent
pour chacun un tiers, feront aussi récurer l’Aume
lorsqu’elle en aura besoin par cinquième portion ainsi qu'ils
sont fondés dans le dit moulin à eau ainsi que de raccommoder
la chaussée à frais communs.
S’oblige
aussi le dit preneur outre les conditions ci-dessus de faire
moudre les pochées des dits François, Antoine et André
Roucher pour l’entretien de leurs maisons seulement, sans en
percevoir aucun moudurage pour quelque raison que ce soit, ce
qui fait une des conditions expresses du présent bail, lequel
moudurage a été évalué à quatre boisseaux par an.
Convenu
que dans le cas que le Seigneur Marquis de Ruffec vint à
demander quelques droits pour le droit de chasse des dits
moulins que les parties payeront ce droit par égale portion
entre elles suivant l’abonnement qu'ils en pourront faire avec
le dit seigneur, les dits bailleurs en garantissent par ces présentes
le dit preneur c’est à dire à proportion des portions
qu’ils sont fondés dans le susdit moulin, et au regard des
rentes dues pour raison des dits moulins elles seront payées
par égale portion entre les parties.
Tout
ce que dessus a, par les dites parties été voulu, consenti,
stipulé et accepté et à l’entretien ont obligé et hypothéqué
tous leurs biens présents et futurs les bailleurs solidairement
l’un pour l’autre un seul pour le tout renonçant aux bénéfices
de division d’ordre de discussion et d’éviction de bien. Ce
qu’ils déclarent bien savoir et entendre dont de leur
consentement volonté et requête ils ont été jugés et
condamnés par nous dits notaires.
Fait
et passé au dit village de La Charrière, maison et demeure des
dits Roucher le trois juin 1874 après-midi. Le dit André
Roucher déclare ne savoir signer. La minute des présentes est
signée J. Roucher, Antoine Roucher, J. Roucher et Bouquet
notaire à Ruffec, et Bouquet notaire, contrôlé à Villefagnan
le 9 juin 1774. Reçu 4 livres 4 sol, signé Caron. |
En
ce temps là...
Le
dimanche 3 novembre 1895, l'Observateur de Ruffec publie cet
acte de probité.
Le
24 octobre dernier, jour de foire à Villefagnan, le sieur
Pourajaud, demeurant à Paizay-Naudouin, en montant dans le
bureau du comptable de la boulangerie coopérative de
Villefagnan, a trouvé un journal appartenant au sieur Boinard,
de Brettes, et dans lequel étaient renfermés 600 fr. en
billets de banque. Pourajaud déposa sa trouvaille sur le bureau
du comptable, qui était occupé et ne fit pas grande attention.
A tel point qu'un peu plus tard, croyant que ce journal
appartenait au maître boulanger, il le porta sur la table du
magasin de vente.
Le
lendemain seulement, le sieur Boinard (ou Boissard) étant venu
demander à la boulangerie des nouvelles de son argent, en
donnant quelques indications, notamment le titre du journal qui
avait servi à plier les billets, on se mit en cherche du paquet
et on eut la chance de le trouver intact.
Le
propriétaire des 600 fr. put donc ainsi rentrer en possession
de son argent, ce qu'il ne fit point sans adresser le plus
chaleureux remerciements au personnel de la boulangerie coopérative
et au sieur Pourajaud.
Précisions
lues dans l'édition suivante
M.
Brochard, comptable de la boulangerie coopérative de
Villefagnan, nous prie de faire la rectification suivante : « M.
Pourajaud a trouvé le journal dans l'escalier de la boulangerie
et l'a déposé sur ma table, croyant qu'il était à moi, mais
il ne savait pas du tout ce qu'il renfermait. C'est moi qui ai
trouvé les 600 fr. et qui les ai remis dès le lendemain à
leur propriétaire, lorsqu'il est venu les réclamer. »
|
De
l'eau potable à Brettes
L'eau,
une simple affaire de robinet aujourd'hui. Pas si simple si on
veut de l'eau potable. Et antan ? Quelques puits et mares, taris
à la moindre sécheresse. Quelle misère ! « Vers
1900, on avait eu un peu d'eau dans les puits grâce à la neige
tombée entre Noël et le jour de l'an » rapportent
les anciens.
La
fontaine est miraculeuse
Le
lavoir Saint-Cybard, restauré par la commune, a été maçonné
au dessus du puits Saint-Cybard. La légende rapporte qu'au
cours de l'été 1893, la sécheresse a poussé le curé à
faire une procession jusqu'à ce lieu.

Cette
date n'est pas tout-à-fait exacte puisque le lavoir a été
construit en 1892 (date apposée sur un linteau). Mais ce qui
importe, c'est que de l'eau y ait été trouvée ! Ce site fut
longtemps le lieu de regroupement des mères de famille les
jours de bughée. Même une partie de la population de
Villefagnan venait s'y approvisionner les grandes années d'à
sec. Ce fait nous reporte une époque où l'eau n'était pas
source de gaspillage.
« Il
faut boire à la source »
Pour
boire sans crainte, il vaut mieux s'abreuver auprès du syndicat
intercommunal d’alimentation en eau potable (SIAEP) de la région
de Villefagnan créé le 11 octobre 1957. Syndicat qui distribue
l’eau dans dix-neuf communes, dix huit pour le canton de
Villefagnan (sauf Montjean et Souvigné) et une dans le canton
de Ruffec : Villegats.
Mais
ce syndicat n'est pas né sans heurts ni sans voir beaucoup
d'eau couler sous les ponts de l'Aume, du Bief et de la Péruse.
Le 10 avril 1939, le conseil municipal de Brettes délibère sur
son association au projet de syndicat.
En
1939 donc, Villefagnan et ses voisines (1) voulaient lancer un
syndicat intercommunal d’adduction d’eau potable. Ils ont
mis sur pied un projet syndicat en vue de former le SIAEP. Mais
il est apparu difficile de trouver une source de capacité
suffisante. Un puits de 43 mètres avait été foré à
Villefagnan mais sans succès. Il ne se remplissait que lors des
fortes pluie d'hiver.
(1)
Brettes, Villefagnan, Theil-Rabier, Paizay-Naudouin, Longré,
(Embourie et La Faye non citées), Souvigné, La Magdeleine,
Villiers-le-Roux, La Chèvrerie, Saint-Martin-du-Clocher,
Londigny, Montjean, La Magdeleine, Empuré, Raix, Bernac, La
Faye, Villegats, Verteuil, Tuzie, Salles-de-Villefagnan (Courcôme
veut puiser son eau toute seule). |
Le
5 novembre 1940, le service des ponts et chaussées esquissera
un service d’eau potable à Villefagnan, projet qui s’élève
à 12.600.000 francs. Taux probable de subvention : 60 pour
cent. Prêt à 3 pour cent.
Toutes
les communes étaient intéressées par ce projet sauf Courcôme
qui avait déjà en péniche sa propre desserte communale. Son réseau
était opérationnel dès 1943, mais ne concernait pas toute la
commune. Raix s'y raccordait quelques années plus tard, en
1950. Cependant, au début des années 1990, la qualité de
l'eau ne pouvant plus être conforme à celle imposée par les
normes, ces deux communes firent le choix de se raccorder au réseau
du SIAEP cantonal : 1991 pour Raix et 1992 quant à Courcôme.
L'essai
est transformé
Un
syndicat de communes en vue de la construction d’un réseau
d’eau potable est fondé le 29 août 1957. Nous sommes passés
du syndicat d’études au syndicat définitif, l'étude est
adoptée le 18 juillet 1957 et la décision prise de passer aux
travaux. Le syndicat de communes de la région de Villefagnan
est chargé de procéder à la réalisation des travaux.
A
partir de 1957, le SIAEP se lance dans l'étude et la
programmation de son réseau pour un montant estimé de
875.000.000 de Francs. Les travaux, répartis en huit tranches,
débuteront en 1960 pour se terminer en 1966. Le syndicat assure
le financement de ses travaux d’investissement. Villefagnan
sera raccordé en 1962...
Le
SIAEP achète l’eau aux syndicats voisins : Saint-Fraigne et
Aunac (et une petite part à Val de Roche). Il est copropriétaire
de leurs stations de pompage. Il délègue la gestion du service
et de la distribution à Véolia depuis le 1er janvier 2010 qui
assure l’entretien et la réparation du réseau.
Une
station de pompage à Brettes ?
Le
département de la Charente a lancé à Brettes en 2002 un
forage de prospection en vue de nouvelles sources
d’approvisionnement en eau potable. L’entreprise Jude Frères
de la Roche Chalais (24) fut chargée des travaux : deux à
trois semaines. Un tubage (diamètre 219 mm) réalisé jusqu’à
moins 66 m se poursuivait (diamètre 311 mm) à la profondeur de
200 m, au niveau des marnes du Toarcien, puis il se réduit à
219 mm ; enfin vers 280 m il fut limité à 152 mm.
« Si la qualité de l’eau et le débit donnent
satisfaction, ce forage sera conservé après avoir été alésé
à 300 mm et étanché au niveau des nappes supérieures (65 à
93 m) afin de ne pas polluer les nappes profondes (209 à 275
m). Dans le cas contraire, il sera rebouché avec du béton, et,
un nouveau sondage serait alors envisagé à
Salles-de-Villefagnan. » En raison d'analyses d'eau
non probantes, ce forage a été mis en attente... Il n'est pas
impossible que l'on s'y intéresse à nouveau surtout si l'on
arrivé à interconnecter les réseaux de la Charente en vue de
se secourir mutuellement, idée chère au syndicat
d'harmonisation de l'eau potable (SHEP). Un nouveau miracle?
Brettes
en appellation contrôlée cognac
C'était
en 1909 publié par Le journal de Ruffec.
Le
décret délimitant la région « cognac » ou « eau-de-vie des
Charentes » vient d’être signé par le Président de la République.
Pour le canton de Villefagnan ont été inclues les communes de
Brettes, Courcôme, Longré, Raix, Souvigné, Tuzie,
Villefagnan. De bons bois... |
|
En
1900, aucune construction ne jouxtait au Nord l'église Saint-Cybard
|
|
L'école
et la salle des fêtes
Dans
le plus pur style Ferry, la mairie école de Brettes a été
construite à la fin du XIXe siècle. Une classe accolée à
l'arrière du bâtiment, et une autre séparée à l'est.
En
1947, à l'occasion de travaux programmés à la mairie
(300.000 frs), la commune décide de transformer la classe
accolée à la mairie (classe contiguë au logement de
l'institutrice) en salle des fêtes. Mais l'inspectrice de l'école
primaire n'est pas d'accord, pour elle il vaudrait mieux
transférer la classe actuelle derrière la mairie et
transformer la classe isolée en salle des fêtes. Le conseil
municipal n'accepte pas cette requête.
Il
n'y a pas de subvention prévue pour la salle des fêtes, le
conseil n'admet pas l'ingérence de l'inspectrice, et préfère
ne rien changer à ses décisions.
|

|
|

Cette photo
du début du XXe siècle nous montrent des scènes rares. C'était
un bel après-midi les pieds dans l'eau, dans le petit Osme,
ou dans le ruisseau de Fredière : une famille brettoise
s'adonnait à la pêche aux vairons. Mais nous ne savons pas
si la friture fut délicieuse.
|
Des
vairons à plein panier
« Là
abondent vairons et goujons que l'on pêche avec un grand
panier d'osier traîné dans l'eau en remontant le courant
jusqu'aux rouches qui encombrent les rives en certains
endroits. » Tiré de « Sous le vent de galerne »,
d'André Guilloteau, publié en 1982 ; un bel ouvrage relatif
aux guerres de Vendée... à deux pas d'ici donc.
Voici
une belle légende pour expliquer ce que font nos vaillants
brettois. Complétons là par celle-ci : « Les jeunes
gens avaient projeté de pêcher au panier dans le ruisseau de
Mussy-sous-Dun ; ils seraient revenus à la maison d'école
avec leur friture de vairons... » Cet extrait est
tiré de « Marchands de participes », d'Yves
Sandre, publié en 1962.
L'instituteur
a dû expliquer aux petits Brettois
Nom
usuel : vairon ; nom scientifique : phoxinus ; ovipare de la
famille des cyprinidés ; dimension : de 6 à 10 cm de
longueur, exceptionnellement 12 cm ; le poids dépasse
rarement 13 gr. Corps allongé, cylindrique, recouvert de
nombreuses écailles très petites, ligne latérale peu
visible, généralement absente dans la partie postérieure du
corps, tête forte, museau arrondi avec une bouche
protractile. Reproduction de mai à juin, endroits peu
profonds en eau courante et bien oxygénée, fond découvert,
sablonneux. La longévité est de 4 à 5 ans, voire 7 ans en
extrême limite, sauf si un malin survient avec son panier
d'osier. Estimation
culinaire : la chair est bonne en friture. L'omelette aux
vairons constitue une spécialité appréciée. Il suffit de
presser les flancs de ce poisson pour le vider. Il demande à
être préparé très frais, dès sa sortie de l'eau si
possible.
Les
vairons sont devenus trop rares. Ils
sont la proie des pêcheurs de truite qui en font un appât de
premier choix pour taquiner leur poisson préféré. Mais il a
disparu de nos petites rivières pour d'autres raisons... que
chacun connaît. Dans le canton de Villefagnan, les spécialistes
en « dénichent » encore au printemps à Londigny
à « l'aire de la liberté ». Enfin si on peut évoquer
la liberté des vairons...
|
|
De
la vigne au lait
C’est
le phylloxéra qui provoquera les plus gros bouleversements à
Brettes à la fin du XIXe siècle. Non seulement parce que
l’on n’y produira provisoirement plus de vin, mais parce
qu'il signera le début de l’aventure de l’élevage
laitier dans ce secteur, élevage bovin et caprin plus tard.
Il est difficile de faire admettre localement ce tournant.
Chacun
constatait que le manque de fourrage réduisait le nombre des
attelages de labour, empêchait les améliorations :
« Avec plus de fourrages j’aurais plus de bestiaux,
plus de bestiaux me donneraient plus d’engrais, et ces
engrais me procureraient d’abondantes récoltes ».
L'élevage ne se consacrait qu'à la race mulassière et à
quelques ovins.
Le
Poitou, la Saintonge, l’Angoumois importaient surtout leur
beurre de Bretagne. Peu à peu des paysannes se lancèrent
individuellement dans l'aventure et s'en allaient vendre leur
petite production sur les marchés voisins. Visiblement, le
beurre et le fromage produits localement à l'aube du XXe siècle,
n’était encore que le fruit « d'un vrai travail
d’amateur ». La renommée du beurre des Charentes et
du Poitou restait donc à faire.
Les
Vendéens ont parfois pris la place des enfants du pays
« montés » à Paris, écœurés par la crise du
phylloxéra, ou déjà riches et voués à des carrières plus
valorisantes. En Vendée, la main d’œuvre était trop
nombreuse, il n’y avait que des places de domestiques. La
propriété foncière était exclusivement entre les mains des
anciens nobles.
Ils
ont répondu à l’appel des curés qui voulaient redonner du
lustre à la religion catholique en ces pays où l'on fréquente
peu l’église. Les premiers ont invité les suivants, cela
jusque dans les années cinquante. Ils se retrouvaient aux
foires de Couture-d’Argenson le 7, chaque mois, donnaient
des nouvelles, se renseignaient sur des métairies
disponibles. La guerre de 1914-1918 va graver en grand nombre
sur les monuments aux morts de la région, sauf à Brettes
faute de monument et où on a oublié d'apposer le nom d'un
brave vendéen sur la plaque de l'église. Peu à peu, ils développent
l’élevage laitier et font leur beurre.
En
1950, à Paizay-Naudouin, un amusant bambin disait avec
conviction : « Chez nous, y’a plus de Vendéens
que de Français. » Désormais, on ne différencie
personne, c’est vrai que les foires de Couture se sont éteintes,
que les mariages « mixtes » ont fait s’évaporer
les origines. Les enfants ne savent parfois pas dire d’où
vient leur famille, et ne sont jamais allés au pays…
Les
laiteries coopératives
« Nos
lecteurs connaissent tous la réputation des beurres du
Poitou. Après les désastres phylloxériques, les laiteries
coopératives ont sauvé la Saintonge de la ruine. Il y a un
demi-siècle, cette région était pleine de prospérité. Sa
richesse reposait sur un splendide vignoble que cultivait une
population laborieuse et aisée, habituée depuis longtemps à
la vie facile des contrées dont la terre généreuse produit,
sans relâche, des récoltes rémunératrices. Après
l'apparition du phylloxéra, l'agonie du vignoble lui porta un
coup terrible. (…) Comme le terrain était pauvre en eau et
ne convenait guère aux prairies naturelles, on créa des
prairies artificielles et on s'adonna, petit à petit, à l'élevage.
Les
paysans demandèrent à l'idée coopérative la solution des
difficultés auxquelles ils étaient en butte. Unis dans le
malheur et dans la ruine, ils unirent leurs efforts pour la
transformation et la vente du lait provenant de leur bétail.
Ainsi fut créée, à Chaillé en 1888, par 60 sociétaires,
la première laiterie coopérative en vue de la transformation
du lait en beurre. Fondée avec des ressources modestes, elle
acheta les instruments utilisés dans les beurreries étrangères
qui approvisionnaient le marché de Paris (écrémeuses,
barattes, malaxeurs, etc.) et qui lui permirent de fabriquer
un beurre très apprécié.
Il
n'en fallut pas davantage pour susciter un véritable épanouissement
des idées d'association qui, débordant la Saintonge, gagnèrent
les Deux-Sèvres, la Vendée et certaines parties de la
Vienne… »
Dans
le canton de Villefagnan et environs, naîtra un syndicat d'éleveurs
et engraisseurs en août 1896, nous dit l'Observateur de
Ruffec. Président, Lamigeon, notaire à Villefagnan ;
vice-présidents, de Jansac à Saint-Fraigne et Eugène
Guillaud à La Chèvrerie ; secrétaire, Edmond Forgerit à
Fondoume ; trésorier, Collin, instituteur retraité à
Villefagnan ; membres : Debenay-Lafond, vétérinaire à
Ruffec ; Ferdinand Turlais à Bouchet (Lupsault) ; Guérinaud
Henri à Villeneuve (Pioussay) ; Eugène Bonnisseau à Longré.
Membres du comité consultatif : Guillaud-Debroue, avocat à
Ruffec ; Touzaud, maire de Bessé et avocat à Angoulême.
Agent expéditeur : Denis Gornard, boucher à Souvigné. Les
adhésions sont de plus en plus nombreuses et tout permet de
croire que ce syndicat rendra de grands services aux
agriculteurs.
A
Chef-Boutonne, les agriculteurs du secteur étaient invités dès
1901 à faire partie de la laiterie coopérative. Mais ceux de
Charente n'étaient pas encore invités, ils le seront plus
tard.
A
Brettes, un syndicat agricole est créé en 1904, un bureau du
Crédit Agricole installé à la même époque. Les
agriculteurs vont grouper leurs achats d'engrais et emprunter
si nécessaire, les plus riches feront des placements. Les
prairies et les champs de céréales vont se donner de
nouvelles allures.
|
Vaches au
pré à Brettes vers 1910.
La
laiterie de Villefagnan
C’est
l’inventif et énergique Claude Brothier, maire de
Villefagnan et président du comice agricole, qui après la
mise sur pied du Crédit Agricole en 1905 fut l’instigateur
de la laiterie coopérative de Villefagnan. Notons qu'il est
aussi l'inventeur de la Naphtolette, première voiture
charentaise.
Située
route d’Aigre, la laiterie fut mise en service en 1907, débutant
ses activités sous le statut de coopérative laitière. Dès
1910, son beurre est primé à Turin. Ce sont les adhérents
eux-mêmes qui prêtèrent les sommes nécessaires à sa
construction. Ses statuts étaient modifiés le 22 février
1914. La première guerre mondiale verra la collecte de lait
chuter. A la fin de l’année 1918, Claude Brothier achète
la laiterie à l’amiable car il veut faire reprendre
l’activité le 1er janvier 1919. Le 9 mars 1920, il dépose
au greffe du tribunal de commerce de Ruffec la marque de
fromage extra « L'ouche à gayet ». Le gayet,
c'est cette plante qui a la vertu de faire cailler le lait...
Un
industriel parisien tente de contrecarrer le projet. Le
comptable de la laiterie fut même arrêté pour abus de
confiance en 1919 à la demande du Parquet de Loches (37).
Mais Claude Brothier saura résister à l'offensive et fera
enregistrer la laiterie au registre du commerce le 11 décembre
1920. Le dimanche 23 janvier suivant, il revendait la laiterie
à son gendre, Joseph Rogerie, démobilisé depuis avril 1919
pour raison de santé. L'épouse reprend les rennes après le
décès de ce dernier mais elle aura mille difficultés à
faire tourner l'établissement. En cause, c'est une femme, et
elle a en face la concurrence qui s'évertue à faire fermer
sa laiterie.
L'aventure
Lattion
La
laiterie ne fonctionnait plus depuis plusieurs mois. La clientèle
était perdue. Mais en avril 1937, Jean et Simone Lattion
visitèrent l'établissement en vue d’une location éventuelle.
La laiterie était en moins bon état que la maison
d’habitation, mais les couvertures étaient impeccables.
Jean Lattion était Suisse. Il avait des cousins à Luxé. Il
était venu travailler à la laiterie (La Charrière) durant
plusieurs années avant la guerre. C’est ainsi qu’il
connut sa femme, Simone, originaire de Brettes.
Les
époux Lattion louèrent la laiterie du 1er juillet 1937 au
1er juillet 1945. Ils ramenèrent leur clientèle de Luxé.
Travailleurs et modernes, leur commerce prospéra.
D’ailleurs, le premier jour d’exercice à Villefagnan,
Jean Lattion avait déjà collecté 835 litres de lait… Il
achète la laiterie en 1945, l'équipe et la modernise. Il développe
la production de fromage de chèvre.
En
1953, il était l’un des premiers à stériliser le lait. Il
achète une embouteilleuse allemande et un homogénéisateur
pour faire du lait U.H.T. La matière grasse après éclatement,
est répandu dans le lait puis chauffé très brièvement à
115°C. La laiterie employait à cette époque une trentaine
de personnes outre Jean et Simone Lattion. Il fallait
pour la collecte 7 ou 8 ramasseurs, et autant de camions. Une
vingtaine de personnes œuvraient à la laiterie: dix pour le
beurre et le lait ; dix pour le fromage. Les Lattion
employaient une secrétaire à plein temps. Ils géraient une
porcherie de 200 porcs à la Font de Villefagnan afin de
rentabiliser le petit lait.
En
1962, étaient traités par jour 20.000 litres de lait dont la
qualité était vérifiée aléatoirement chaque mois par un
contrôleur pour en vérifier la densité. La clientèle était
importante et s’étendait au delà d’Aigre, à Verdille et
vers la Charente Maritime.
Malgré
l’importance de la laiterie, située dans la moyenne en
Charente (16e environ sur une trentaine). A cette époque, la
concurrence était rude et peu à peu, la plupart des
laiteries de la région fermaient où se regroupaient.
Pressentant
l’évolution inéluctable vers le regroupement, les Lattion
fusionnèrent dès juillet 1962 avec la laiterie de Réparsac
près de Cognac. La collecte du lait fut toutefois maintenue
autour de Villefagnan mais le lait était traité à Réparsac.
Le matériel fût vendu à d’autres laiteries. C’était du
très bon matériel, très moderne pour l’époque
d’origine allemande et suédoise, sans conteste le meilleur
sur 300 km à la ronde. Il permettait en particulier la
pasteurisation et la stérilisation du lait. Les Lattion
avaient été dans les premiers en 1953 à stériliser du
lait.
Jean
Lattion avait employé au plus fort de ses activités une
cinquantaine d’employés. La laiterie a fermé en 1962. Jean
Lattion décédait le 5 juillet 1965 à 53 ans. Ces
renseignements ont été communiqués pour une part par
Jean-Louis Carde qui a rencontré Mme Lattion, merci sincère
à tous les deux.
Le
lait et le fromage de chèvre
Après
de nombreuses années d’interdiction, avant et après la Révolution,
la chèvre finit par s’imposer dans les petites fermes. On
voyait antan de vieilles paysannes en mener paître une, ou
quelques-unes, sur les bords des chemins. Elle s’occupait
pendant ce temps au tricot, ou au fuseau. Si une bête s’échappait,
le chien avait tôt fait de la ramener vers sa gardienne.
« D’une
économie de subsistance à une économie de marché - du XIXe
siècle à 1970. Les chèvres demeuraient à leurs côtés
[les paysans] comme s’il s’agissait de leur famille
nombreuse1. De fait, elles s’avéraient en avoir sauvé un
grand nombre pendant de longues années de malédiction et de
disette qu’avait duré la guerre. »
Il
n’y a pas longtemps, un peu de fromage et quelques litres de
lait pour la laiterie assuraient un complément de revenu.
Voire un moyen d’en compenser l’absence ou une faible
retraite. Désormais, la chèvre vit en stabulation, parfois
jusqu’à un millier. Son lait permet de faire des fromages
que beaucoup aimeraient de la même saveur que ceux de leur
enfance.
|
|
Anomalie
à Villairet
Le 10 mai
1935, le Journal de Ruffec publiait cette anomalie,
selon lui : « Lundi dernier, a été célébré à
Souvigné, le mariage de M. James Babaud, domicilié à
Villairet, commune de Souvigné, avec Mlle Blanche Thébault,
domiciliée à Villairet, commune de Saint-Fraigne. Les deux
jeunes époux, quoique habitant le même village, étaient séparés
administrativement.
En
effet, Villairet, petit village de 90 habitants, est partagé
entre trois communes : Souvigné, Brettes et Saint-Fraigne,
qui sont elles-mêmes régies par deux cantons, Souvigné et
Brettes par Villefagnan, et Saint-Fraigne par Aigre. 44
habitants sont sur la commune de Souvigné, 30 sur Brettes et
16 sur Saint-Fraigne.Villairet se trouve donc dans une
situation géographique assez bizarre ; cependant,
l'acheminement de la correspondance est opérée pour la
totalité du village par le circuit postal d'Aigre, bureau de
Souvigné. »
Des
bois de valeurs différentes
L'intercommunalité
avant l'heure, même si d'autres divisions étaient à
observer, notamment quant à la classification des eaux de vie
: les trois communes produisaient de l'eau de vie des
Charentes avant 1909, seule Saint-Fraigne aura le droit à
l'appellation « fin bois », les deux autres se
contentant de celle de « bons bois ». Gouttons
entre autres nectars cette anecdote croustillante rapportée
par les descendants des maires farceurs : « Au début
du XXe siècle, le maire de Brettes, celui de Souvigné et
leur collègue de Saint-Fraigne, résidaient tous les trois à
Villairet. Ils installèrent le 14 juillet une table ronde au
point de rencontre de leurs trois communes et banquetèrent
ensemble... sans quitter leur commune ». Serge Béguier
a bien voulu pauser pour nous sur l'emplacement du sycomore.
Nombreuses
les frairies ?
Quant
aux frairies, Villairet n'en organisait qu'une... Comme le dit
avec amusement Serge Béguier : « Souvenons-nous de l'époque
où le carrefour à trois « branches », point de
convergence des trois communes, était figuré par un
magnifique sycomore. Lequel arbre avait été spécialement
taillé pour que ses trois principales branches donnent
chacune la direction d'une des trois communes ». Les
anciens étaient imaginatifs, et ne manquaient pas d'humour.
|
Un
syndicat agricole se crée à Brettes
C'était
en 1904 publié par Le journal de Ruffec.
On
entend si souvent parler de choses qui divisent que le
chroniqueur éprouve comme une sorte de bien aise à constater
les tentatives d'union qui se manifestent ça et là. Sur ce
point la petite commune de Brettes vient de donner un exemple.
Sur
l'initiative de M. le Maire, on vient de former dans cette
commune un syndicat agricole. La
plus aimable courtoisie (ce qui n'exclue pas l'animation) n'a
cessé de régner durant les deux premières séances qui ont
été consacrées à l'examen des statuts et à la nomination
du bureau. Et
maintenant va, petit syndicat, et aux vœux de succès et de
longue durée qui ont été exprimées en ta faveur, tu me
permettras bien d'ajouter cet autre, à savoir que toujours,
suivant le désir de ceux qui ont présidé à ta formation,
tu sois dans la commune un gage de concorde et d'union.
Attentat
à la pudeur avec violence
C'était
à l'audience du 12 mars 1912 et publié par Le journal de
Ruffec.
A
l'audience du mardi matin qui a été ouverte à 9 heures, a
été appelée une affaire d'attentat à la pudeur reproché
à monsieur V., âgé de 34 ans, demeurant à Marcillé,
commune de Brettes. Les
faits se sont déroulés le 22 octobre 1911 ; à cette date,
l'accusé gardait ses bœufs près d'un bois appelé les
« Quatre Chênes » à peu de distance de la jeune
R., âgée d'au moins 12 ans. Il lia conversation avec la
fillette, puis, d'après l'accusation, il se serait livré sur
elle à des actes obscènes. Le
huit clos est prononcé.
V. reconnaît
une partie seulement des faits qui lui sont reprochés. Une
dizaine de témoins sont entendus puis l'audience est
suspendue. A
la reprise, M. Narrat, substitut, qui occupe el siège du
ministère public, prononce un énergique réquisitoire. Après
une brillante plaidoirie de Me Georgeon, le jury se retire
pour délibérer. Dix minutes plus tard il revient avec un
verdict négatif. V... est acquitté...
|
Les
chevaux, mulets et ânes de Brettes intéressaient l'armée
La
remonte permettait de fournir des chevaux aux armées. Le
service de la remonte militaire gérait le recensement et du
classement des chevaux civils pour leur éventuelle
utilisation en temps de guerre. Cette opération était préparée
dés le temps de paix grâce au recensement qui se faisait à
partir de la déclaration obligatoire en mairie des propriétaires
des chevaux et mulets. Le service de la remonte militaire gérait
le suivi administratif.
Une
affaire sérieuse
Tous
les ans, au commencement de décembre, le maire faisait
publier un avertissement adressé à tous les propriétaires
de chevaux ou mulets qui se trouvaient dans la commune, quelle
que soit la nationalité de ces propriétaires, pour les
informer qu'ils devaient se présenter à la mairie, avant le
1er janvier, et faire la déclaration de tous les chevaux,
juments, mulets ou mules en leur possession, en indiquant l'âge
de ces animaux.
Les
registres des mairies étaient envoyés au service régional
des remontes. Une commission se déplaçait chaque année dans
la moitié des communes pour le classement de ces chevaux en
chevaux de selles ou d'attelages.
La
ressource était suffisante
A
la mobilisation, des comités d'achat faisaient des tournées
dans les villes et villages avertis par voies d'affichages, et
les propriétaires étaient indemnisés selon un barème de
prix arrêté par le ministère de la guerre. Les achats se
faisaient en public, sous la direction du président du comité
de réquisition. Les chevaux, regroupés, triés, devaient généralement
être ensuite dressés pour répondre aux besoins de l'armée.
Les
ressources nationales étaient estimées en 1914 à environ
3.230.000 chevaux, ce qui permettait de satisfaire aux
besoins de la mobilisation.
|

Le
recensement devant la mairie de Brettes avant 1914.
Les
pigeons voyageurs également mobilisables
Il
existait aussi un recensement des véhicules hippomobiles, qui
se faisait tous les trois ans. Et plus surprenant, un autre décret
concernait le recensement des pigeons voyageurs.
Le 10 décembre
2011, le Journal de Ruffec publiait : « Conformément
à la circulaire du ministre de l'intérieur, en date du 1er décembre
1897, il sera procédé, avant le 1er janvier 1912, dans
toutes les communes à un recensement des pigeons voyageurs ».
Tous les
éleveurs isolés ou sociétés colombophiles qui possédaient
des pigeons voyageurs devaient déclarer en mairie le nombre
de leurs colombiers, le nombre de pigeons voyageurs qui y étaient
élevés et les directions dans lesquelles ils étaient
entraînés.
Le
décret du 2 août 1877 concernant ces réquisitions
militaires n'a été abrogé que très récemment par le décret
n°2009-254 du 4 mars 2009.
|
Coup
de couteau
C'était en
février 1911 et c'était publié par Le journal de Ruffec. Le
jeune D., âgé de 13 ans, domestique à Villairet, commune de
Brettes, revenait des champs, lorsqu'il rencontra un nommé
G., âgé de 70 ans, qui lui demanda s'il couchait toujours
dans la même chambre. Après avoir reçu une réponse
affirmative, G. continua son chemin. Dans
le courant de la nuit suivante, le jeune D., étant endormi,
sentit un individu se glisser dans son lit et tenter de le
violenter. S'étant
débattu, il reçut un coup de couteau qui le blessa peu grièvement,
puis l'individu prit la fuite. La
gendarmerie ayant ouvert une enquête, à interrogé G. qui a
nié énergiquement être l'auteur de cet acte inqualifiable.
Un
bon coup de fusil
C'était en
1901 et c'était publié par Le journal de Ruffec. Mardi,
à l'arrivée du train de deux heures en gare de Villefagnan,
une des vaches embarquées par M. Elie Fourcheraud, boucher à
Courcôme, sans doute prise de peur, partit à une allure
vertigineuse dans la direction de Brettes. Malgré
les efforts de quelques personnes qui voulurent l'arrêter
avec des fourches et des bâtons, le terrible animal allait
causer de grands malheurs sans l'intervention de M. Daniel
Flaud, propriétaire à Brettes, qui, n'écoutant que son
courage, tira presque à bout portant deux coups de fusil et
étendit raide la vache furieuse. Nous
serions heureux de voir l'administration compétente prendre
note de l'acte de courage de M. Flaud.
La
fête patronale à Brettes en 1912
C'était le
15 septembre 1912 publié par Le journal de Ruffec. La
fête du 8 septembre favorisée par un beau temps a eu un très
grand succès. De nombreux jeux ont été organisés parmi
lesquels deux courses de bicyclettes dont voici les résultats
: Course
communale de 12 km, 1er Nicolas en 24 minutes ; 2e Rousseau à
100 m ; 3e Texier à deux longueurs. Course
régionale de 25 km, 1er Olivier ; 2e Proust, à une longueur
; 3e Broussaud, à deux longueurs, qui ont couvert les 25 km
du parcours en 43 minutes, marchant à une moyenne de 34,888
km.
Courses
pour tous à la frairie de Villairet en 1921
C'était le
14 septembre 1921 publié par Le journal de Ruffec. La
frairie de Villairet, commune de Souvigné, aura lieu le
dimanche 2 octobre. A 13 heures, courses aux ânes avec 3
prix. Courses aux chiens (3 prix). Courses à pied pour jeunes
gens au dessous et au dessus de 15 ans (6 prix). Course aux œufs,
course en sac. Jeux divers, loterie, tirs. Grand bal public.
Les
maraudeurs reniflent l'ail et l'échalote
C'était le
1er juillet 1923 publié par Le journal de Ruffec. Des
maraudeurs ont pénétré dans le champ de M. Albéric Monnet,
cultivateur à Brettes, et y ont arraché 150 pieds d'ail et
50 pieds d'échalotes, qu'ils ont emportés. Une enquête est
ouverte. Notons qu'un vol de 140 têtes d'ail et 40 pieds d'échalotes,
avait été commis pendant la nuit la semaine suivante au
profit du coiffeur M. Lantourne à Villefagnan.
Poste
automobile rurale
C'était le
7 janvier 1934 publié par Le journal de Ruffec. Sur la
proposition de M. le Directeur départemental des PTT,
l'administration centrale a admis de faire desservir le
chef-lieu de la commune de La Magdeleine par la voiture du
circuit de poste automobile rurale rattachée à Ruffec. De même
le 21 janvier 1934 publié par Le journal de Ruffec. Souvigné
sera desservi à partir du 1er février 1934... les usagers
doivent désormais faire porter sur leurs adresses : « Souvigné,
par Aigre »...
Un
mariage
C'était le
29 avril 1934 publié par Le journal de Ruffec. Nous apprenons
avec plaisir le mariage de M. René Béguier, et petit-fils de
M. Frédéric Béguier, membre de Chambre d'Agriculture de la
Charente, avec Mlle Marcelle Augeron, de Villairet. La bénédiction
nuptiale leur sera donnée en l'église Saint-Cybard de
Brettes le lundi 30 avril à 11 heures du matin.
Sortir
aux alentours
Tout Brettes
pouvait se rendre à la frairie de Bellevue (Empuré) le
dimanche 20 mai 1934. Course régionale de bicyclettes, course
à pied, jeu de ciseaux, course aux œufs, jeux divers. Départ
d'un ballon montgolfière, loterie, tirs, jeux de boules. Fête
de nuit, brillant feu d'artifice, bataille de confettis, grand
bal.
Plus
on est de chasseurs...
C'était le
25 août 1935 publié par Le journal de Ruffec. Les chasseurs
des communes limitrophes de Brettes sont informés qu'ils
pourront faire partie de la Société de chasse, moyennant une
cotisation de 15 francs. Se renseigner au président ou à M.
Pierre Rodier, cafetier, où les cartes leur seront délivrées.
Brettes
en 1942
Arrondissement
d'Angoulême, canton de Villefagnan. Hameaux : 7 ; 294
habitants ; PTT ; chemin de fer réseau de l'État, ligne de
Ruffec à Niort à 4 km ; fête patronale le 2e dimanche de
septembre ; agriculture, cultures diverses ; commerce : grains
; tourisme : deux tours du XIIe ; maire : Henri Deleigne,
adjoint Félicien Trigaud, secrétaire Mme Partaud ; curé,
Debertex à Villefagnan. Cafetier
: Pierre Rodier ; coiffeur, M. Rodier ; cycles, R. Damy ; épicier,
Nicolas ; marchand de bestiaux, Deleigne ; maréchal ferrant,
S. Damy ; tabacs, H. Nicolas.
|
|