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Jean-Martin
Buchey, dans sa Géographie historique et communale de la Charente,
nous présente la commune en 1914.
Superficie :
1074, 04 ha ; population : 517 habitants
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Comme
les communes précédentes, la commune de La Forêt-de-Tessé
est limitrophe du département des Deux-Sèvres. Elle appartient
également à la partie la plus accidentée du canton et l'on y
rencontre des collines élevées d'où la vue s'étend au loin.
Aucun
cours d'eau ne l'arrose et son sol se prête principalement à
la culture des céréales qui y donne d'excellents résultats.
De nombreuses prairies artificielles ont été créées et l'élevage
du bétail est également une source de revenus des plus appréciable.
On
ne rencontre aucun établissement industriel dans la commune,
dont tous les habitants s'adonnent à l’agriculture.
Le
chiffre de sa population place la commune de La Forêt-de-Tessé
au sixième rang dans le canton et la densité de cette
population dépasse sensiblement la moyenne du canton,
puisqu'elle atteint quarante-huit habitants par kilomètre carré,
alors que la moyenne du canton n'est que de quarante et un
habitants.
La
commune de La Forêt-de-Tessé est éloignée des voies de
communication importantes. Aucune ligne de chemin de fer ne
traverse son territoire et la station la plus proche est celle
de Villefagnan, à huit kilomètres.
Pour
rencontrer une route de grande voirie, i! faut aller soit à
Theil-Rabier, à six kilomètres, rejoindre la route départementale
de Chef-Boutonne à Villefagnan, soit à Montjean à trois kilomètres.
La
principale voie de communication est un chemin d'intérêt
commun, qui traverse la commune du nord-ouest au sud-est et qui
dessert l'important hameau de Tessé.
Les
autres chemins sont tous des chemins vicinaux ordinaires, dont
l’un unit le bourg de la Forêt-de-Tessé au bourg de
Montjean. |
31
mars 1910
Chère
amie.
Je
viens par l’intermédiaire de ma carte t’inviter à manger
les boudins dimanche. Prie bien tes parents de te laisser
coucher au soir, il y aura un beau bal. Tu feras en sorte de
venir pas trop tard pour pouvoir aller au champ. Si tu vas à la
messe, tu ne retourneras pas passer à Grosbout, tu viendras de
La Forêt car moi je n’aurai pas le temps d’y aller.
E.
P.

1911
Chère
amie
Je
viens par ces quelques mots t’inviter à venir manger des
boudins dimanche 12 février. J’espère bien que tu
n’oublieras pas. Tu viendras au tantôt surtout, prie bien tes
parents de te laisser au soir. Tu coucheras. N’oublie pas tes
souliers. Bien le bonjour à tes parents, viens pas trop tard,
il faudra aller au champ.
E.
P. |
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La
Forêt-de-Tessé (28 habitants), à trois kilomètres nord de
Villefagnan et treize kilomètres de Ruffec, est un bourg
insignifiant, n'offrant aucune particularité remarquable. C'était
le siège d'une seigneurie qui,
dans les dernières années du seizième siècle, était la
propriété de Louis de Vessac, écuyer. Ce dernier était alors
en procès avec son voisin, Antoine Corgnol, seigneur de Tessé.
Cette
seigneurie comprenait les fiefs de Vieille Forge et du Menou en
Angoumois, ainsi que celui de la Motte de Lorigné en Poitou.
Elle relevait de la baronnie d'Empuré.
Quelques
seigneurs :
-
Heliet de Voulon, mort avant 1406, époux d'Hélys d'Artion.
-
Pierre de Voulon, écuyer, seigneur de la Forêt en 1434, le
vendit en 1434 et 1437.
-
Martin du Verger, avant 1442.
-
Françoise fille de Martin du Verger porte en dot la terre de La
Forêt par son contrat de mariage du 23 mai 1457.
-
Le 13 juin 1473, aveu et dénombrement pour le fief de
Vieille-Forge, appartement et dépendances, rendu par Jehan
Trilhart (son fils Philippe) à George Taveau chevalier,
seigneur d'Empuré.
Nota
: 14 septembre 1499, contrat de mariage entre Huguet de Vessac
écuyer, seigneur de Hurtebize en Angoumois et demoiselle
Catherine du Breuil-Bernac.
-
Alain Eschalle, écuyer, seigneur de la Forêt vers 1515.
-
3 octobre 1528 : cession de la moitié par indivis de l'hôtel
et seigneurie de la Forêt faite à Guiot de Vessac, écuyer,
seigneur de Combenavière, par els héritiers de Guillemette
Trilhard.
-
Pierre de Vessac, écuyer, seigneur en 1558.
Nota
: Jussien Guillaume est seigneur de la Motte en 1561.
-
Anne-Catherine
Desmier épousa le 30 octobre 1686 François de Vessac, écuyer,
seigneur de la Forêt de Tessé. Elle n'eut pas d’enfants et
étant donataire de son mari, elle légua la Forêt de Tessé à
son neveu François Desmier, fils cadet de son frère aîné.
Elle fut inhumée dans le sanctuaire de l'hôpital de Ruffec, le
15 janvier 1720. « Le
quatorze janvier mil sept cent vingt deux, est décédée dans
le logis noble de la Forêt-de-Tessé dame Catherine Desmier,
veuve de Messire François de Vissac, écuyer seigneur du dit
lieu et paroisse de La Forêt... inhumée dans le chœur et en
chaire de la chapelle de l’hôpital de Ruffec"
François
Desmier, écuyer, seigneur des Coudrais et de la Forêt-de-Tessé
(par donation de sa tante, veuve de François de Vessac). Il
était le fils de Charles DESMIER, écuyer, seigneur du Roc, la
Faye, la Remigère (Genouillé, Vienne) et de Françoise
Gaultier, épousé le 20 mars 1692 (Chauvin, notaire à Angoulême),
fille de Pierre, et de Marie Plumet.
Le 16 décembre 1742, il passait un acte, étant prisonnier à
Angoulême.
Mais
attention : le 11 mai 1711, dénombrement du fief de la Forêt
de Tessé ; rendu par François Marie de Ceris, 2e seigneur de
Jervasac, à Dame Charlotte de l'Aubépine, Duchesse douairière
de Saint Simon, marquise de ruffec, Aisie, Empuré, à cause de
son château d'Aizie.
De
même: le 12 ami 1711, dénombrement du fief de Chez Derais ;
rendu par Ithier de Chouly, Marquis de Permangle, à Dame
Charlotte de l'Aubépine, Duchesse douairière de Saint Simon,
marquise de ruffec, Aisie, Empuré, à cause de son château d'Aizie.
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Desmier
Ecartelé
d'azur et d'argent à une fleur de lis de l'un en l'autre.
François
Desmier
vendit le fief de La Forêt le 17 mars 1760, à François
Louvart, écuyer, seigneur de Pontlevoy.
Il avait été baptisé à St-Gaudent le 8 mars 1709 et décéda
au Roc en août 1775.
Le
15 avril 1771, acte de foi et hommage de François
Louvart, écuyer, seigneur de Pontlevoy, à Charles Comte de
Broglie, Marquis de Ruffec, baron d'Empuré, à cause et raison
du fief de l'Eglise ou Vieilleforge.
Le
18 avril 1771, bail du logis et dépendances du logis de la
Forêt et de la métairie Chez Bertrand par le seigneur François
Louvart, écuyer, seigneur de Pontlevoy, à Barthélemy Ayrault
demeurant à Tessé.
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Le
centre le plus important de la commune est le gros hameau de
Tessé, situé à 1500 mètres au sud du bourg. On voit
donc à Tessé les restes d'un vieux château, qui, depuis le milieu
du quinzième siècle jusqu'à la fin du dix-huitième, demeura
propriété de la
famille Corgnol.
Ce
manoir possède des éléments protégés "Monuments Historiques"
depuis le 23 décembre 1994 : donjon ; charpente, époque de
construction 12e siècle ; 15e siècle. Le donjon date des
11e, 12e siècles. L'extension du logis est du 15e siècle, puis
au début du 19e siècle.
La
famille Corgnol
était une des plus anciennes et des plus
importantes de la région et ne s'est éteint que vers le milieu
du dix-neuvième siècle.
En
1634, Louis Corgnol, vendit Tessé à son cousin, Charles
Corgnol, écuyer, seigneur de Beauregard, et Ebréon, et par
cette vente fit passer la seigneurie aux mains de la branche
cadette de la famille.
Ainsi que nous l’avons dit dans la
monographie de la commune d’Ebréon, cette branche dut s'éteindre
dans le dernier tiers du dix-huitième siècle.
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Guy
Faubert, chevalier, seigneur de la Vergne (Secondigny, 79), d'Oyer
(Bioussac, 16), et des Deffends, servit dans les compagnies
d'ordonnance du Roi en 1500. Le 9 juin 1524, il échangea avec
Marie Corgnol, veuve de Guyot Brun, écuyer, seigneur de la Forêt,
le fief de la Barre en Pliboux (D.-S.) pour celui de la Forêt
(Livre des Fiefs).
Pour
suivre la généalogie complète des Corgnol, rendons visite au
site de M. Ouvrard :
Corgnol...

D'or
à deux chevrons de gueules. |
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La
Commanderie d'Ensigné située sur la commune de Ensigné
(canton de Brioux sur Boutonne (79) ), fut fondée au XIIe siècle
par Hugues de Payns...
Cette
commanderie possédait des terres dans la paroisse de Tessé la
Forêt.
Suite
à la confiscation des biens des Templiers, un document de 1313
fait mention de la remise de la « méson de Brez et Dansigné
» aux Hospitaliers de l’Ordre de Saint Jean de Jérusalem.
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Le
bourg de La Forêt |
Parmi
les principaux hameaux, nous citerons : Grosbout (117 hab.),
dans le nord de la commune; L'Houmeléee (49 hab.), limite du département
des Deux-Sèvres ; Eparon (60 hab.), dans l'est, à proximité
de la route de Montjean. Chez-Bertrand (38 hab.), au nord du
bourg ; La Grange (22 hab.) sur la route de
Villiers-le-Roux ; la Boufferie (17 hab.), au nord de Tessé,
etc. |
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Jean
Queron offrait à son tour "sa version historique" en
1990
Vraiment
peu de choses avant 1789, la tradition si ce n'est la légende
qui veut qu'autrefois, il y a des siècles, la commune
s'appelait Feuchaud, lieu-dit qui existe toujours et aurait pu
convenir du fait de sa situation centrale, carrefour de deux
chemins, ayant un puits. Il y a environ 25 ans, dans un champ
situé à proximité, du côté ouest, un affaissement de
terrain provoqué par la passe d'un tracteur en train de
labourer a fait découvrir une cavité souterraine d'une
certaine importance en surface et en hauteur à tel point qu'un
être humain pouvait s'y tenir debout; l'examen des lieux avait
permis de supposer qu'il s'agissait de quelque chose fait par la
main de l'homme et pouvait être comparé à la cave d'une
maison. Cela prouverait bien qu'il y avait eu là des maisons,
voire un village, il y aurait bien longtemps, sans aucun doute,
des siècles.
Cette
commune aurait été à peu près complètement détruite, sans
doute à la suite de quelque épidémie dévastatrice, il ne
serait resté que trois personnes qui se seraient appelées ;
Bertrand, Ménard, Marsaud, qui seraient allées ensuite faire bâtir
à, en somme, peu de distance et seraient à l'origine de Chez
Bertrand, Chez Ménard, Chez Marsaud, existant actuellement. On
peut se demander si les villages de Chez Dereix, de Chez Cadet
ne seraient pas tout au moins d'une origine semblable.
A
la Révolution, c'est-à-dire en 1789, on trouve une certaine
quantité de documents et même des noms dont il semble que
certaines familles en soient les descendants. En vue de l'établissement
du cahier de doléances et de la désignation des députés aux
États Généraux, une réunion a eu lieu à la porte de l'église
paroissiale le 9 mars 1789. La commune dépendait de la Sénéchaussée
et élection d'Angoulême, Marquisat de Ruffec, Diocèse de
Poitiers.
En
ce qui concerne cette réunion, on trouve les données suivantes :
Président:
M. Joseph Balland, le jeune procureur du Marquisat de Ruffec
Greffier:
M. Jean Moreau
Comparants
: Jean Quéron; Louis Rousselot; François Terrassier; Pierre
Fouet; Louis Quéron; Jean Fabien.
La
paroisse se compose de 146 feux.
Deux
députés: Jean Hérault de Tessé, Jean Quéron de Grosbout.
30
signatures, les autres ne sachant pas signer.
Monuments
Le
château de Tessé, ancien logis des Corgnol de Tessé, autrefois
entouré de douves dont il ne reste que quelques vestiges, aurait
été le départ
de nombreux souterrains. Il était le point stratégique
dominant la région avec vue au sud sur la voie romaine, dite du
chemin de la Marche. A son point culminant, tout passage d'une
certaine importance était immédiatement signalé au château.
1.Un
peu d'histoire sur ce logis transformé par les hommes et par
les siècles (cliquer ci).
ARSIMED
est une association de médiévistes qui restaurent le logis.
2.Visitons
la restauration du logis avec (et par) l'association ARSIMED
(cliquer ici)
Chez
Dereix, les restes d'une ancienne maison noble, avec une tour et
des créneaux, voire des oubliettes.
Curiosités

La
cave au prêtre
Sorte
d'abri naturel ayant servi de refuge au curé de la paroisse
pendant la Révolution, d'avril 1791 au 30 avril 1793, date à
laquelle il fut emprisonné à Angoulême, mais revient en 1800. Depuis on
appelle ce lieu : "la cave au prêtre". Nom
de ce prêtre :
Gabriel de Pressac, né à
Empuré en 1733, insermenté, condamné à la réclusion par la
loi du 3 brumaire an 3.
"Gabriel
de Pressac, curé de la Forêt-de-Tessé, était du nombre de
ces prêtres qu'Alexis Lavialle, alors président du district
d'Angoulême, avait fait visiter par un officier de santé, le
29 avril 1793, pour déterminer s'il pouvait ou non être
déporté; étant alors malade, il avait échappé à cette
obligation. Reclus aux Carmélites, puis libéré en l'An III,
il allait connaître à nouveau de longs mois de détention."
L'abri
aurait été utilisé pendant la dernière guerre, d'abord par
les réfractaires du STO puis par les maquisards.
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Un
tilleul au lieudit « Chez Bertrand », dit tilleul de
Sully. |

Un
châtaignier géant situé au nord d'Eparon, circonférence
de 8,16 mètres, producteur de châtaignes de très bonne qualité,
serait à l'origine de la variété dite Belle épine (les
Grand’pues en patois local).
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| Il
y a lieu de mentionner aussi le carrefour dit de La Croix
Pissepoule, point de rencontre des communes de La Forêt de Tessé,
Pioussay et Lorigné; soit de 3 communes + 3 cantons + 2 départements.
Cinq chemins arrivant à un calvaire restauré assez récemment,
lequel était le lieu de rencontre des processions des rogations
de l'ascension des trois communes, peut-être même en plus y
aurait-il eu celle de Montjean.
A
Tessé (ci contre), au lieu-dit La chapelle, une cheminée datée de 1616
est surmontée d'un écusson.
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En
1898 Aubergistes
et débitants Guilhaud
Amédée ; Veuve Meunier ; François Laurent Marchand
de bestiaux François
Branger Boucher Alfred
Raffoux Charpentier Alexandre
Demondion Charron Alexandre
Gobeau Epiciers Veuve
Tisseuil, Pierre Bernard Maître
maçon François
Laurent Maréchaux-ferrants Amédée
Guillaud, Jean Thomas Moulin
à huile François
Queron Marchands
de vin Etienne
Thomas (Eparon) |

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L'artisanat
est en voie de disparition (1990), alors qu'au début du siècle
on trouvait certainement plus d'une douzaine d'artisans dans la
commune : charpentiers, menuisiers, chaisiers, scieurs de long,
maçons, tailleurs de pierre, maréchal-ferrant, tisserand,
huilier, tailleur ainsi que lingères et couturières,
pressureur.
On
trouvait aussi quelques commerçants, épiciers, cafetiers,
buraliste, marchand de vin, il y avait même un notaire encore
en place à la Révolution.
L'artisanat
se réduit aujourd'hui à un menuisier et un entrepreneur de
travaux agricoles, un ouvrier maçon, un ouvrier menuisier.
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