|

Située
dans l'ancien diocèse de Poitiers, la paroisse Saint-Martin
était très pauvre. Une
partie des dîmes étaient perçues par le seigneur de Raix.
L'église relevait de
l'archipretré de Ruffec. En cet archiprêtré il y a 37
paroisses, qui sont : Montardon, Charmé, Chenon, Souvigné,
Villiers le Larron, Taizé, Verteuil. Poursac, Saint-André de
Ruffec, Les Adjots, Le Barraut, Saint-Gervais, Villegast, Condac,
Juillé, Saint-Benoît de Ruffec, Salles, Londigné, Montjean,
Courcosme, Aisec près Verteuil, Tusson, Bernac, Nanteuil,
Saint-Georges près Verteuil, Saint-Martin du Clocher, La Faye,
Le Vieux-Ruffec, Lyzant, Villefaignan, Ebréon, Beauvais, Pougné,
Bessé, Ligné. L'église
Saint-Martin daterait
du XIe mais il n'en reste aucune trace. Elle a été élevée au
XIIe et remaniée souvent. Sa cloche porte la date de 1693.
Cette cloche classée au titre objet monument historique depuis
le 30 octobre 1944, porte l'inscription : « SIT NOMEN.
DOMINI BENEDICTUM. JE SUIS POUR ST. MARTIN DU CLOCHER. 1693 B+S
». Le
18 mars 1794 (28 ventôse an II) fut condamné à mort par le
tribunal criminel de la Vienne et exécuté le même jour, Paris,
curé de Saint-Martin du Clocher. Après
la Révolution la paroisse est rattachée d'une commune à
l'autre. Elle est réunifiée en 1853. Un tableau d'Aemélie
Xphtin (1859) représentant saint Martin à cheval et coupant
son manteau pour le partager avec un pauvre est accroché sur le
retable du XVIIe ou XVIIIe siècle. L'église
a fait l'objet de réparations en
1883.
On
dit Martin naître d'un père militaire soit en 316 ou 336
en Pannonie - la Hongrie, bien qu' élevé en Italie à Pavie. Saint
Martin devient soldat romain. Un tableau le représente en cet
état à Amiens, où il partage son manteau avec un pauvre. Il
vient en Gaule en 360 auprès de saint Hilaire de Poitiers.
C'est à Ligugé qu'il fonde le premier monastère de Gaule.
Puis il est élu évêque de Tours en 371. Il meurt en 397 à
Candes, à la jonction de la Vienne
et de la Loire.
Plus
de 500 lieux portent son nom en France et près de 4000 églises
lui sont consacrées. En France, en 1997, 246 communes
Saint-Martin... étaient recensées. |
|
|
|
|

Le
cimetière jouxte l'église en son sud. Il ne fut pas
déplacé car il y avait peu de maisons à proximité
vraisemblablement. La sacristie a été construite de moellons
et modillons en réemploi.
|

Des
fenêtres percées tardivement dans les murs de la nef sur
lesquels s'appuient de petits contreforts.
|
|

Le
clocher-mur coiffe la façade. Cloche de 1693.
|

La
nef se termine par une abside circulaire de gros appareil vraisemblablement
coiffée en cul de four. Deux pans droits coupés relient
l'abside à la nef.
|
|
|
Des
modillons ont été scellés en réemploi dans le mur de la
sacristie.
|
|
|

La
porte est voûtée en plein cintre et apposée à la porte
primitive. Elle fait partie d'un ensemble plaqué sur la
façade composé de deux contreforts et d'une niche qui abrite
une statue de la Vierge. En matériau de réemploi comme
l'attestent la corniche. Une date, 1776, est gravée sur la
clé du cintre et semble correspondre à un travail de
restauration financé sur ses fonds propres par le curé de la
paroisse Jean-René de Paris. A noter que ce curé a été
condamné pour ne pas avoir prêté serment par les tribunaux
de la Vienne et exécuté.
Une
niche est ménagée dans la façade pour abriter une statue de
la vierge.
La
dîme
1.
Ferme
de la moitié de la dîme, prés, rentes de la cure de
Saint-Martin-du-Clocher (copie de l'acte du 8 mars 1719).
Par
devant le notaire royal héréditaire en Angoumois et
présent, les témoins ci-bas nommés furent présents,
messire Charles Delesmerie écuyer prêtre curé de
Saint-Martin-du-Clocher y demeurant d'une part, André et
Jacques Raffoux laboureurs à bœuf et Jean Maisonneuve aussi
laboureur à bœuf, demeurant en ladite paroisse de
Saint-Martin d'autre part, le sieur Delesmerie a de son bon
gré et volonté affermé et afferme pour le temps et espace
de cinq ans comprenant cinq cueillettes et levée tous fruits
naturels, industrieux, droits seigneuriaux, dîme de tous
bleds cens rentes droits de prestation avec les ventes et
honneurs et généralement tout ce qui dépend et peut
comporter, appartenir et dépendre de ladite cure de
Saint-Martin en quoi le tout peut consister dans aucune
exception ni retenue, à commencer cejourd'hui et finir à
pareil jour aux dits Raffoux et Maisonneuve stipulant et
acceptant, savoir la moitié de tous les droits ci-dessus
exprimés à la charge pour lesdits preneurs de payer chacun
an la somme de 300 livres par tierce partie par chacun dit an
à commencer le premier terme à la Saint Jean-Baptiste
prochaine, 100 livres à la Saint Michel suivante, les autres
cent livres à la Noël de la même année, et ainsi continuer
pendant le cours du présent bail, bien entendu que tout ce
qui dépend de la présente ferme sera conduit en la grange du
presbytère, à l'égard des foins seront partagés sur les
prés au prix des baux qui seront faits par les parties et ce
par moitié, les rentes nobles et autres droits en dépendant
se feront payer "conicinqtement" par les parties
dont une moitié appartient au sieur bailleur et l'autre aux
preneurs en ce qui concerne les bleds de dîmes, sainfoins,
chanvres et ce qui dépend de la dîme, les parties "conicinqtement"
ensemble nommeront les "dixmeurs", le tout conduit
dans la grange du presbytère par les preneurs, battu dans
l'aire ordinaire dudit presbytère par les "dixmeurs"
à la charge que toutes les balles seront aux preneurs, les
pailles aussi bien que le bled seront partagées par moitié,
d'un homme pour donner les gerbes, si le bailleur pendant le
cours du présent bail fait des échanges, les preneurs seront
tenus de les exécuter à condition toutefois que le dit Sieur
bailleur ait des domaines en contre échange lui demeure en
entier, il en tiendra compte aux preneurs de la moitié du
revenu qui leur échoira par les échanges bien entendu entre
les parties qu'à l'égard de la dîme de sainfoin, les
preneurs pour leur moitié ce contentent du droit de dîme qui
pourrait se percevoir, sur les prés sainfoin qui leur appartiennent
ou pourraient faire ou appartenir pendant le cours du présent
bail à l'égard des autres prés sainfoin, le droit de dîme
appartient audit sieur bailleur. Les preneurs rendront audit
Sieur bailleur la moitié de la semence qu'il a fourni pour
les champs et le surplus de ce qui lui pourra appartenir sera partagé
par moitié. Le dit Sieur bailleur garantira les preneurs des
droits de décimes font les preneurs ne payeront aucunes
choses à l'exécution de toutes lesquelles clauses les
parties ont obligées et hypothéquées tout et chacun leurs
biens présents et futurs et les dits preneurs solidairement
les uns pour les autres sans division et y renoncent en leur
personne à tenir pris ou suivant l'ordonnance dont à leur
requête fait et passé au bourg de Saint-martin maison dudit
Sieur bailleur le 14 mars 1719 après midi en présence de François
Peloquin laboureur à bœuf et de Mathieu Aymé laboureur
demeurant audit Saint-Martin témoins requis qui ont signé et
a ledit Maisonneuve déclaré ne savoir signer de ce en
qui donneront les preneurs copie des présentes au
Sieur bailleur dans un mois, la minute des présentes est
signée Delesmerie curé de Saint-Martin et Raffoux et Jacques
Raffoux et Mathieu Aymé et François Peloquin par devant
notaire royal contrôlé à Villefagnan le 18 mars 1719 reçu
3 livres 12 sols et signé Granier et Prenot notaire royal
pour copie.
2.
Déclaration que donne à nos seigneurs de l'assemblée
générale du clergé de France qui se fera en l'année 1730
à messieurs du bureau du diocèse de Poitiers par nous
messire Charles Delesmerie prêtre curé de
Saint-Martin-du-Clocher des biens et revenus de ladite cure,
pour satisfaire à la déclaration du clergé de France du 12
décembre 1726.
C'est
la copie du bail à ferme qu'a fait ledit Sieur Delesmerie
curé de Saint-Martin et dont il promet de rapporter
l'original si besoin est, le revenu de ladite cure est ordinairement
de 600 livres n'ayant que les fermes, aussi je suis obligé de
la régir par mes mains, et aussi de ma dite cure est revenus
annuels de 600 livres par quoi je suis obligé d'entretenir
mon presbytère et mon église attendu qu'il n'y a point de
fabrique ni de revenus, je paie pour mon presbytère un
boisseau et demi de bled mesure de Ruffec et "suis"
obligé de dire deux messes par an et un service avec trois
prêtres par an à cause dudit presbytère et de l'entretien
de ladite maison qui est en très mauvais état, il en coûte
beaucoup pour la rétablir, je mets les dites réparations de
mon presbytère à 300 livres suivant le procès verbal qui en
a été fait et ensuite pour l'entretien de mon dit presbytère
et de mon église que je suis tenu à cent livres par an, et
paye par an pour décimes en tout 80 livres et 20 livres
qu'est un boisseau de marrons que je donne par an au seigneur
de Raix pour le tout des dîmes qu'il a dans ma paroisse
défendant au seigneur de rendre le tiers de ladite dîme en
me donnant par an 63 boisseaux de blé et certifie et affirme
la présente déclaration véritable attendu que tous les
revenus de ma dite cure sont compris dans ladite ferme dont la
copie est ci-dessus. Fait à Saint-martin le 20 décembre
1728.
Delesmerie
curé de Saint-Martin.
NOTA
: un acte passé
à Raix par Deloume notaire Royal, en présence de Louis le
Musnier et Jean de Paris, Curé de Saint-Martin-du-Clocher, le
9 novembre 1763, précisait qu'une partie de la dîme de cette
paroisse revenait de droit au Seigneur Le Musnier. Cependant
un tiers de cette dîme était affermée au curé de cette
paroisse : "moyennant la somme de trente livres
et deux boisseaux de marrons Ozillac, beaux et bons, payable
à la feste de tous les Saints (Toussaint) prochaine".
|
|