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La
religion prétendue réformée à Salles
11
octobre 1724,
certificat
de Monsieur Suraud, curé de Salles, et de Lonnes son
annexe.
Je
certifie que suivant et conformément la déclaration du
roi concernant la religion, j’ai été voir le sieur
Cante, aubergiste dans ma paroisse, lequel est de la
religion prétendue réformée, en particulier, après
avoir reçu la déclaration du roi qui concerne la
religion, où je l’ai exhorté le mieux qu’il m’a
été possible à se reconvertir. Et malgré les bonnes
et salutaires remontrances que je lui ai pu faire, il
m’a déclaré qu’il voulait persister dans sa prétendue
religion. Et
étant tombé quelque temps après dans une maladie très
fâcheuse où il m’a paru en danger de mort, j’ai été
plusieurs fois le voir, où j’ai fait tout mon
possible pour lui faire voir l’erreur et la fausseté
de sa prétendue religion. Et
même j’ai prié mon vicaire de venir avec moi,
espérant qu’il pourrait peut-être mieux le convertir
que moi, mais ni l’un ni l’autre n’avons rien pu
gagner sur son endurcissement. Enfin,
comme j’ai vu qu’il voulait persister dans sa
malheureuse religion, j’ai été obligé de mener avec
moi deux témoins, le 25 septembre, savoir le nommé
Antoine Rivière et André Daudet, lesquels ont été témoins
de son opiniâtreté, après l’avoir exhorté autant
que j’ai pu. Et
le lendemain, je fus encore chez lui avec d’autres témoins
parce qu’il m’avait dit en se moquant de moi :
« je me confesserai demain ». Mais
bien loin de se confesser et de recevoir le sacrements,
il ne me fut pas possible de le voir, car tout malade
qu’il était, il se cacha dans sa maison.
C’est
ce que j’assure véritable et que j’offre de prouver
en temps que besoin sera.
Et
comme ledit Sieur Cante est rétabli et qu’il est dit
dans la déclaration du roi qu’au cas où les malades
qui auront refusé les sacrements viennent à recouvrer
la santé, leur procès leur sera fait.
Ainsi,
ledit Cante étant dans ce cas, je me trouve obligé en conscience de délivrer
le présent certificat à monsieur notre juge.
22
octobre 1724,
le
Procureur de la Cour Goumain à monsieur Michel Martin
Juge Sénéchal de la Châtellenie de Salles :
ledit Sieur Curé a déclaré que Jacob Canté, Sieur du
Cormier, de la religion prétendue réformée etc. (idem
déclaration que le curé).
27
octobre 1724,
information
faite conformément à la déclaration du roi du 14 mai
1724.
Antoine
Rivière, 50 ans, laboureur à bras, demeurant au bourg
de Lonnes :
le 25 septembre dernier, il était en ce bourg dans la
boutique du nommé Guimard, maréchal de ce lieu. Le
Sieur curé de cette paroisse lui dit, et au nommé
Daudet de Juillé, qu’il les sommait de la part du Roi
d’aller avec lui chez le Sieur Canté de ce lieu,
lequel est de la religion prétendue réformée, pour être
témoins, ce que le déposant fit avec ledit Daudet.
Etant
entrés dans la chambre dudit Canté, ledit Sieur Curé
lui parlant, lequel était auprès du feu, dans une
chaise, avec ses habits ordinaires, à l’exception de
son bonnet, ledit Sieur Curé lui aurait dit s’il ne
voulait pas se confesser. Ledit Couste lui répondit que
oui, mais qu’il voulait examiner sa conscience, et
qu’il fallait quelque temps. Ledit
Sieur Curé le pressant et le voulant le confesser sur
le champ, il lui dit qu’après qu’il l’aurait
confessé qu’il lui irait chercher le Saint Sacrement.
Dans
ce temps là, le Sieur Canté répondit qu’il se
confesserait le lendemain matin et dit plusieurs fois
qu’il voulait bien se confesser.
André
Daudet, 30 ans, laboureur à bras demeurant au bourg de
Juillé :
il
était dans la boutique du maréchal, le curé lui dit
d’aller avec lui chez le Sieur Canté pour être témoin
si ledit Canté voudrait changer de religion… Ledit
Canté répondit que « oui , il voulait se
confesser » mais que pour aujourd’hui il n’était
pas en état et qu’il voulait faire réflexion et
rappeler sa mémoire et s’examiner. Et
ledit Sieur Curé lui répondit « et moi je veux
vous confesser tout à l’heure et vous donner le Saint
Sacrement ». Ledit Couste répondit que c’était
un peu trop pressé.
Pierre
Gerbaud, 35 ans, laboureur à bras, demeurant au bourg
de Salles : le
26 septembre dernier, le Sieur curé alla chez Jacob Canté,
Sieur du cormier. Il y avait deux personnes qui étaient
à boire dans la grange dudit Canté. Ledit Sieur Curé
en entrant dans la basse-cour dudit Canté demanda au déposant
qui était en journée pour ledit Canté. Le déposant
et les deux personnes qui buvaient ensemble lui répondirent
qu’ils n’en savaient rien, vu qu’ils ne
l’avaient point vu. Ledit Sieur Curé entra dans la
maison et chambre dudit Canté et il sortit dans la
basse-cour et dit qu’il n’avait point trouvé ledit
Canté, qu’apparemment il s’était caché.
Antoine
Imbaud, 28 ans, laboureur et valet domestique de la dame
de Nanclars, demeurant paroisse de Salles
: le
26 du mois de septembre dernier, il était environ deux
heures de soleil levé, avec Guimard, maréchal de ce
lieu, à boire dans la grange du Sieur Canté, qui est
dans la basse-cour de la maison. On vit entrer Monsieur
le Curé dans la maison dudit Canté, et quelques
moments après, il sortit et demanda à la femme dudit Canté
où était son mari. Elle lui répondit qu’il était
sorti et qu’il avait été chez le nommé Augeron,
charpentier de ce lieu. Et ledit Sieur curé dit que
ledit Canté s’était serré…
Pierre
Guimard, 26 ans, maître taillandier, demeurant au bourg
de Salles
: le
26 septembre, le déposant, dans la grange où il
buvait, vit Monsieur le Curé entrer sans heurter chez
ledit Canté et quelques moments après, il sortit, alla
dans la grange, où était la femme dudit Canté qui
mettait de l’eau dans une cuve. Elle lui répondit :
« il faut qu’il soit allé chez Augeraud,
charpentier et tonnelier, pour faire accommoder nos
vaisseaux. Allez-y monsieur, peut-être que vous l’y
trouverez ».
Et
ledit curé prend tout le monde à témoin « comme
ledit Couste s’était caché ».
Pas
de suite, mis au greffe le 6/11/1724. |