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L'église Saint-Hilaire de Paizay-Naudouin

Un monument construit dans un marais

Le seigneur temporel de la paroisse Saint-Hilaire de Paizay-Naudouin était l'abbé de Valence (abbaye cistercienne des environs de Couhé-Vérac 86).

L'église Saint-Hilaire était dans l'ancien diocèse de Poitiers, archidiaconé de Brioux et archiprêtré de Ruffec. Après la révolution, elle fut rattachée à celui d'Angoulême.

Elle date du XIIe avec quelques restes du XIe.

Elle s'écroula en 1702. Elle fut rebâtie sans art pour 2700 livres et bénite le 30 décembre 1703.

Le prieuré-cure appartenait à l'abbaye de Saint-Séverin (17) de l'ordre des Augustins, dans le diocèse de Poitiers. L'église était attenante à l'ancien prieuré-cure. A proximité, derrière le lavoir et le four communal, on voit les vestiges d'une tour.

Un clocher avec flèche en pierre, qui aurait existé à l'époque de l'église romane et aurait survécu, fut foudroyé en 1750. 

Le clocher actuel a une flèche élancée en charpente.

La cloche Magdeleine fut baptisée le 10 juin 1777 puis refondue à 502 kg par Guillaume d'Angers et bénite le 30 octobre 1863.

L'église a reçu des réparations en 1877.

 

Les fenêtres du chevet plat ont été bouchées.

 

Des fûts de colonnes en réemploi

Le sol argileux est très profond. Il a fallu construire des arcs de décharge sous le mur sud.

 

Des vestiges de modillons ont été incrustés dans la maçonnerie des piliers.

Les seigneurs de Saveille étaient collateur d'une chapelle, Sainte-Catherine, bâtie dans l'église en 1236 par Simon Barrière (1), seigneur de Saveille (Pouillés de 1782 et 1869). Cette famille était représentée en dernier lieu par les Ithier. Les murs de la chapelle dépassaient au midi. Une autre chapelle, Sainte-Marguerite, fut bâtie par René de La Rochefaton. En 1703, l'église s'écroule mais est reconstruite  sans les chapelles. Les Bourdeille, seigneur de Saveille, substitueront à leur chapelle un simple banc (six pieds au carré) fermé à clef jusqu'en l'année 1790 quand il fut enlevé et brûlé. Il fut remplacé par un nouveau en 1816.

(1)  Barrière portait (sceau de Guillaume Barrière en 1349) : d'or à une fasce de gueules et 6 fleurs de lys d'azur, 3 en chef, 3 en pointe.


Chapelle et banc seigneurial dans l’église de Paizay-Naudouin.

"Avant l’année 1703, les seigneurs de Saveilles avaient une chapelle dans ladite église, dont les murs ressortaient extérieurement du côté du midi. Elle était sous l'invocation de sainte Catherine ; et on trouve dans les registres de l'état-civil de la dite année 1703, la chute et la réédification de la dite église seulement. Depuis cette époque, un simple banc de six pieds au carré fermant à clef servait à la maison de Bourdeilles, jusqu’en l'année 1790 qu'il fut ôté et brûlé. Il a été remplacé par un nouveau en 1816. L'ancien banc y existait depuis l'année 1703, que la chute de l'église fit écrouler les deux chapelles de sainte Catherine et de sainte Marguerite; la première appartenant et étant bâtie par Simon Barrière, Seigneur de Saveilles en 1236, et la seconde bâtie par René de La Rochefaton, en l'année suivante, et qui épousa l'héritière dudit Barrière et vint demeurer audit Saveilles."

Extraits des "vieux papiers" mentionnés à la page 5 des Bulletins et Mémoires, SHAC année 1915.


La dîme

Déclaration que donne à nos seigneurs de l'assemblée générale du clergé de France qui sera tenue en l'année 1730 et à messieurs du bureau du diocèse de Poitiers, messire François Delavau prieur curé de Saint-Hilaire de Paizay-Naudouin, des biens et revenus dudit prieuré-cure pour satisfaire en la délibération de l'assemblée générale du clergé de France.

Le prieuré-cure de Saint-Hilaire de Paizay-Naudouin était il y a soixante ans en règle et est tombé en commende par ce qu'on appelle par désertion à cause de la modicité du revenu, le collateur est monsieur l'abbé de Saint-Séverin de l'Ordre des Augustins.

  • Le revenu du prieuré-cure consiste premièrement dans un supplément de portion congrue de 150 livres par an payable par quartier par monsieur l'abbé de Valence seigneur temporel de la paroisse.

  • Il y a un petit canton de dîme qui avec quelques novales peut produire année commune 30 boisseaux de tous blés à la mesure de Ruffec qui pèse 70 livres, valant année commune 40 sols le boisseau, fait ledit blé 60 livres.

  • Les menues et vertes dîmes valent 12 francs.

  • Plus un pré valant 18 francs chargé de trois messes par mois, comme il parait par le testament de Charles Hérard, écuyer, seigneur de Bramefan, passé par Jean Drault notaire royal en date du 11 mars 1673 et au autre pré chargé de deux messes par an comme il parait par le testament de Mathieu Joseau passé par Le Béguenot notaire à Paizay, en date du 22 mai 1661, valant le dit pré par an 100 sols ce qui fait le tout 25 livres.

  • Plus 8 francs de petites rentes

  • Plus un bois taillis qui est un legs comme il parait par les dénombrements de Peuchebrun qui sont à l'évêché de Poitiers, ledit legs fait à la cure de Paizay par les seigneurs de Peuchebrun valant ledit bois de revenu 15 livres.

  • Plus le service de la chapelle des Baré de deux messes par semaine, 40 livres.

  • Plus le casuel peut valoir année commune les paroissiens étant pauvres 15 livres.

Total des revenus de ladite cure, 324 livres sur laquelle somme de 320 livres il doit être fait déduction des charges ci-après énoncées.

Les charges sont l'entretien de la maison qui peut aller à 5 livres par an, celui de l'église pour la couverture, linge, cierges et autres choses, ni ayant point de revenu de fabrique les paroissiens étant trop pauvres, va a 15 livres par an, total des charges à déduire 20 livres.

Partant, reste net 304 livres.

Nous, soussigné prieur curé de Paizay-Naudouin, certifions et affirmons la présente déclaration sincère et véritable sous les peines énoncées en la délibération de l'assemblée générale du clergé du 12 décembre 1726, de laquelle déclaration nous avons remis le présent double à monsieur le syndic du diocèse de Poitiers, déclarant au surplus sous les même peines que nous n'avons omis aucun des biens dépendants de ladite cure, en foi de quoi nous avons signé le présent à Paizay-Naudouin le 1er juillet 1728. Delavau, prieur curé de Paizay-Naudouin.


Dime des chapelles Saint-Cyr et Sainte-Juliette

Ces chapelles étaient contiguës au mur sud , elles furent fondées dès 1326 par la famille de Barrière.

Déclaration que donne à nos seigneurs de l'assemblée générale du clergé de France qui sera tenue en l'année 1730 et à messieurs du bureau du diocèse de Poitiers, Charles Gestreau chapelain de la chapelle de Saint-Cyr et Sainte-Juliette dans la paroisse de Paizay-Naudouin, et des biens et revenus de ladite chapelle qui est à patron laïque pour satisfaire en la délibération de l'assemblée générale du clergé de France du 12 décembre.

Les biens et revenus de ladite chapelle consistent en terre labourables, prés et petites rentes.

  • Il y a 20 boisselées de mauvaise terre sujettes aux droits de dîme affermées 10 francs (10 livres).

  • Plus 6 boisselées de prés affermés 60 livres.

  • Plus 4 francs (4 livres) de rente foncière.

Total du revenu de la dite chapelle : 74 livres.

Sur quoi il faut déduire 40 livres pour le service de ladite chapelle qui est de deux messes par semaine, et 4 livres de rente noble qui sont dues au seigneur du lieu sur les dites terres.

Partant, reste 30 livres.

Je soussigné chapelain de la chapelle de Saint-Cyr et Sainte-Juliette à la nominations des Barrés, certifie et affirme la présente déclaration véritable sous les peines énoncées en la délibération de l'assemblée générale du clergé du 12 décembre 1726,  de laquelle déclaration nous avons remis le présent double à monsieur le syndic du diocèse de Poitiers, déclarant au surplus sous les même peines que nous n'avons omis aucun des biens dépendants de ladite chapelle, en foi de quoi nous avons signé à Poitiers le 1er juillet 1728. Charles Gestreau chapelain de la chapelle des Barrés.


La chapelle du Château de Saveilles

"Le 18 janvier 1703, permission est donnée par Jean-Claude de la Poype de Vertrieu, évêque de Poitiers, à N. de Touchimbert, chevalier, Sgr de Saveilles, de faire construire une chapelle pour y dire la messe, dans l'enceinte du château, et délégation faite à l'archiprêtre de Bouin de la bénir avec les cérémonies requises.

Le 9 mars suivant, le sieur Loullier, archiprêtre de Bouin, assisté de messire Bardin Quérouau, curé d'Empuré, de messire Jean Giraud, prieur de Pioussay, de messire Marin Favereau, curé de Montjean, et de messire François Grolleau, curé de Paizay, et en présence de messire François de La Rochefoucauld, messire Pierre de La Couture-Renon, de messire Balthazar de Beauchamps de Villeneuve et d'un grand concours de peuple, a consacré la dite chapelle et béni une cloche."
La dite pièce scellée du sceau plaqué de Mgr de La Poype, portant de gueules à la fasce d'argent.
Par suite de la Révolution, le service des églises ayant été anéanti et les ornements, vases sacrés, etc. et le four banal de Saveilles ayant été abandonné, M. de Bourdeilles a transformé ladite chapelle en boulangerie en 1806.
Selon M. Biais, Bulletins et Mémoires de la Société Archéologique et Historique de la Charente, année 1920, p. XXXV.

 

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