|
La
dixme
Sainte
Marie Magdeleine de Beauvais
Déclaration
que donne à nos seigneurs de l’assemblée générale
du clergé de France qui sera tenue en l’année 1730,
et à messieurs du bureau du diocèse de Poitiers, Marc
Maillard, prêtre curé de la paroisse de Marie
Magdeleine de Beauvais, jadis annexe de Saint Vincent de
la Faye, diocèse dudit Poitiers, généralité de
Limoges, élection d’Angoulesme, des biens et revenus
de la dite cure pour satisfaire à la délibération de
l’assemblée générale du clergé de France du 12 décembre
1726.
Déclare :
1.
Que la dite cure de la Magdeleine de Beauvais est séculière
à la nomination de monsieur l’abbé de Nanteuil en
vallée, diocèse de Poitiers, et collation de
monseigneur l’évêque de Poitiers.
2.
Que pour ce qui concerne le revenu temporel de la dite
cure, déclare ledit curé que monsieur le duc de Saint
Simon est décimateur de toutes les dismes tant grosses
que menues et vertes dans la moitié de l’étendue de
ladite paroisse et dans les meilleurs fonds, sans payer
aucun gros n’y présentation à la dite cure.
Déclare
ledit curé qu’il ne recueille dans l’autre moitié
de disme grosse, qu’environ 30 boisseaux de froment
mesure de Ruffec, le boisseau pèse 78 livres et vaut le
boisseau froment de disme qui n’est jamais pur à
cause de la diversité, 50 sols, partant vaut ledit bled
75 livres.
Plus,
grosse méture, 18 boisseaux et ce étant le boisseau
année commune 35 sols, et quant au tout 17 livres 10
sols.
Plus
seigle, 4 boisseaux, étant le boisseau année commune
40 sols, partant vaut en tout 8 livres.
Plus
baillarge de toutes les espèces, 35 boisseaux, et le
boisseau valant au plus, année commune, 30 sols, fait
en tout 52 livres 10 sols.
Plus
avoine, 25 boisseaux, vaut 15 sols le boisseau, année
commune, ce partant se monte ladite avoine 18 livres 15
sols.
4.
Déclare ledit curé qu’année commune il recueille 14
barriques de vin blanc et 2 de rouge. La barrique est de
27 veltes et la barrique vaut 7 livres 6 sols année
commune, et les 16 barriques valent 120 livres.
5.
Déclare ledit curé qu’il a 1,5 boisseau de froment
et 1,5 boisseau de méture blanche mesure de Ruffec de
rente noble, ladite rente vaut 7 livres dix sols.
Plus
jouit de deux chapons, d’une géline, de 20 sols en
argent, le tout de rente noble, avut en tout 50 sols.
6.
Déclare ledit curé que sans ladite moitié de terre
restant à la disme de la cure, il ne perçoit aucune
disme d’agneaux, quoique dans l’autre moitié ledit
Sieur de Saint Simon la prenne..
7.
Déclare ledit curé que les menues et vertes dismes
dans l’étendue qui lui appartient, peuvent valoir année
commune 20 livres.
8.
Déclare ledit curé que l’Angoumois ne passant pas
pour un pays de foin, il ne recueille année commune
aucune disme dans les sainfoins quoi qu’il y en ait
beaucoup dans la dite paroisse, et que suivant la même
logique les particuliers ont une boisselée de terre, de
laquelle ils ne payent aucun droit de disme.
Plus
qu’il n’y a ni pré, ni bois taillis, ni terre, ni
agriers ou terrages dépendant de ladite cure.
9.
Déclare ledit curé qu’il n’y a aucune terre en
novale dans ladite cure, et qu’en égard au petit
nombre de paroissiens qui n’excède pas celui de 250
communiants s’ils étaient catholiques, mais comme il
y en a plus de 180 qui sont de la religion prétendue réformée,
le casuel ne peut excéder la somme de 5 livres année
commune.
Enfin,
ledit curé supplie nos seigneurs de l’assemblée générale
et messieurs du bureau du diocèse de Poitiers,
d’observer qu’en 1681, 1682, ladite cure était taxée
pour tous droits (et la sous…) de 5 livres saint
qu’on pourra voir d’emblée enregistrer des susdites
années.
Total
des revenus de la dite cure la somme de 326 livres 15
sols.
Sur
laquelle somme de 326 livres 15 sols, il doit être fait
déduction des charges cy après énoncées.
1.
Savoir la somme de 60 livres pour , subventions et
autres impositions
2.
De la somme de 80 livres pour les frais convient de
faire faire, loger le vin, tant en cercles, fûts, façons
de tonnelier, nourriture des dismeurs ou complanteurs,
et pour faire conduire la vendange.
3.
La somme de 13 livres pour le logement presbytéral
attendu qu’il n’y en ayant point dans ladite cure et
que dans l’Angoumois les paroisses ne sont taxées
qu’à celle de 12 livres pour ledit logement ce qui ne
suffit pas pour nous loger, car il en coûte audit curé
la somme de 80 livres partant 13 livres de charge.
4.
Quelque maison qu’occupe le curé, il convient de déduite
tous les trois ans pour la couverture de ladite maison
la somme de 9 livres qui fait 3 livres par an.
5.
Comme il n’y a point de fabrique dans ladite cure, le
curé est obligé de fournir le pain, le vin, la cire et
l’encens, et pour l’entretien des linges et
ornements, doit être déduit la somme de 20 livres
qu’il en coûte au curé tous les ans.
6.
Pour la nourriture et le paiement d’un valet, 100
livres.
7.
Pour le droit de visite de monsieur l’archidiacre
annuellement la somme de 2 livres 6 sols.
8.
Pour les droits d’abonnement, jaugeurs et courtiers à
la recette d’Angoulême annuellement 2 livres 10 sols.
Total
des charges à déduire desdits revenus, la somme de 280
livres.
Partant,
reste net la somme de 140 livres, 15 sols sauf erreur de
calcul.
Nous,
soussigné Marc Maillard, prêtre curé de Sainte Marie
Magdeleine de Beauvais, certifions et affirmons la présente
déclaration véritable, sous les serments énoncés en
la délibération de l’assemblée générale du clergé
de France du 12 décembre 1726, laquelle déclaration
nous avons remis le présent double à monsieur le
syndic du clergé du diocèse de Poitiers, déclarant au
surplus sous les mêmes remarques, nous n’avons omis
aucuns biens dépendant de ladite cure en foy de quoi
nous avons signé les présentes à La Magdeleine de
Beauvais ce 22 décembre 1728.
Maillard
prêtre curé de Marie Magdeleine de Beauvais.
|