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Eglise
au portail roman, intérieur ogival.
La partie supérieure de la
façade a été dévastée.
La partie inférieure se compose de
trois arcatures ; celle du milieu est en arc brisé, les
deux autres en plein cintre.
Les bases des colonnettes qui décorent
cette façade et la sculpture des chapeaux dénotent le 12e
siècle voire même le 12e siècle avancé, ainsi que
l’a dit l’abbé Michon, et non le 11e, comme
l’a prétendu Marvaud dans son répertoire archéologique.
Nous
retrouvons à Longré la décoration favorite des églises de
Saintonge. L’archivolte des deux arcatures latérales offre
des festons en creux. L’arcade principale a l’intrados
d’une de ses archivoltes ornée de festons affrontés.
Le
sanctuaire de l’église de Longré a conservé une petite
inscription du XVe siècle, qui se dégrade de plus en plus.
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Les
dîmes
La
déclaration que donne à nos seigneurs de l'assemblée générale
du clergé de France qui se tiendra en l'année 1730 et à
Messieurs du bureau du Diocèse de Poitiers, Jean Maillet, curé
de Saint-Pierre de Longré, des biens et revenus de ladite cure
pour satisfaire à la délibération de l'assemblée générale
du clergé de France du
12 décembre 1726.
La
cure de Longré est une annexe du prieuré de Couture-d'Argenson
membre dépendant du mouthier (monastère) et abbaye de
Saint-Florent près de Saumur de l'Ordre de saint Benoît. Le
collateur de ladite cure est l'abbé dudit Saint-Florent près
de Saumur.
-
Le
revenu de la dite cure consiste premièrement en un gros de
92 boisseaux de bled, moitié froment et moitié méture,
mesure de Ruffec, payable par chacun an par le
prieur de Couture en charge des dîmes
qu'il a levé dans ladite paroisse de Longré, lequel bled
peut valoir chaque année commune, 3 livres le boisseau
froment et 40 sols la méture qui fait en tout la somme de 230
livres.
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Plus
un autre gros de 4 boisseaux de bled moitié froment et
moitié méture dus par Monsieur le prieur de Saint-Fraigne
à cause d'une dîme qu'il lève dans cette paroisse, lequel
bled au même prix que dessus fait la somme de 10
livres.
-
Plus
une petite dîme que moi dit curé lève dans cette dite
paroisse, dans laquelle dîme il y a recueillir 40 boisseaux
de tous grains année commune lequel bled mêlé ensemble
peut valoir 40 sols le boisseau qui fait en tout 80
livres (nota
: 40 * 40 sols = 1600 sols soit 80 livres, la livre valant
20 sols).
-
Plus
19 boisseaux de froment de rente dus par plusieurs
particuliers du bourg de Longré en plusieurs articles, le
tout mesure de Ruffec, lequel peut valoir 3 livres année
commune, qui fait la somme de 57
livres.
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Plus
des prés à recueillir 4 brasses ou milliers de foin qui
peut valoir en tout la somme de 40
livres.
-
Plus
un bois taillis à faire par an 300 fagots à 40 sols le
cent, fait la somme de 6
livres.
-
Plus
un clos de vignes à recueillir par an année commune deux
barriques de droit et terrage lequel vin se vend année
commune la somme de 10 livres (la barrique), soit 20
livres.
Toutes
lesquelles sommes se montent à un total à 443
livres.
Sur
laquelle somme de 443 livres, il doit être fait déduction de
la somme de 23 livres que moi dit curé donne pour mon logement
n'y ayant point de maison presbytérale portant reste net la
somme de 420 livres.
Je
soussigné, Jean Maillet, prêtre curé de Longré, certifie et
affirme la présente déclaration véritable sous les peines
énoncées en la délibération de l'assemblée générale du
Clergé du 12 décembre 1726, de laquelle déclaration j'ai
remis le présent double à Monsieur le Syndic du Diocèse de Poitiers,
déclarant en surplus sous les mêmes peines que je n'ai omis
aucun des biens dépendants de ladite cure en foi de quoi j'ai
signé le présent certificat à Longré le 12 août 1728.
Jean
Maillet prêtre curé de Longré.
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De
l'ancien diocèse de Périgueux
??? (en
tous cas du diocèse de Poitiers et de l'archiprêtré de Bouin
en 1726),
le curé étant nommé par
l'abbé de l'abbaye
Saint-Florent de Saumur
(en tant que collateur), l'église, de la seconde moitié du
XIIe
siècle,
est un rectangle allongé, formant cinq travées, sous croisées
d'ogives en plâtre, sur consoles et sans doubleaux, percée de
trois fenêtres au Nord et au Sud.
Le
chœur possède une piscine surmontée d'une accolade avec une
inscription et la date de 1480.
Site
à consulter :
Abbaye
de Saint-Florent de Saumur.
A
noter (sources Jean-Marie Ouvrard):
-
de LA FAYE Guillaume, fut mentionné dans une donation faite par
son fils Constantin, qui suit, de domaines situés à Coutures
d'Argenson (Deux-Sèvres), à Saint-Florent de Saumur, sous
l'abbé Sigon, vers 1060.
-
de LA FAYE Constantin, donna à Saint-Florent de Saumur, divers
domaines à Coutures, du consentement de son père et de ses frères,
et des terres situées à Villemorin, près d'Aulnay
(Charente-Maritime), avant 1070 (Archives Historiques du Poitou,
3).
-
de LA FAYE Guillaume, fit hommage au comte de Poitou en 1244,
comme homme lige de la châtellenie de Saintes (Archives
Historiques du Poitou, 4).
-
de LA FAYE Guillaume, fut mentionné dans l'aveu de
Gascougnolles, par Maugot de Melle, en 1337, ainsi que le 9
juillet 1340 ou 1356 (Archives Nationales P 520(2), n°15, et
520(1), n°100). Longré
est peut-être concerné par ces donations... |

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Les
angles de la façade ont été renforcés postérieurement à sa
construction par deux contreforts.
La porte, entourée d'un
cordon orné de dents de scie, s'encadre sous trois rouleaux en
arc brisé; la brisure est plus accentuée sur les deux
premiers; les arêtes sont amorties en boudin et les chapiteaux
et leurs tailloirs sont ornés de feuillages perlés.
Elle
est accostée de deux grosses colonnes, ayant pu porter un
porche; puis de deux arcades aveugles à un rouleau, décorées
de même façon.
Au-dessus
est une petite fenêtre remaniée et un clocher-mur à deux
ouvertures. Les murs, sans contreforts, ont perdu leur corniche. |
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Les
sculptures de la porte ont souffert.
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L’archivolte
des deux arcatures latérales offre des festons en creux.
Au
milieu de la nef et à droite est apposée une plaque de
marbre sur laquelle est inscrit :
« A
la mémoire
de
M. l'Abbé François EDELIN
1738-1793
Curé
de Longré de 1783 à 1791
Martyr
de la Révolution
Guillotiné
à Angers
le
9 décembre 1793. »
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Le
père de François Gilles Edelin était marchand tanneur.
L'Abbé François EDELIN
fut successivement :
-
vicaire du Louroux-Béconnais du 16/10/1764 au 22/1/1765
;
-
Vicaire de Villemoisan du 25/1/1765 au 30/9/1771 ;
-
Vicaire de Trélazé du 13/11/1771 au 15/5/1772 ;
-
Vicaire Châtelain du 30/6/1772 au 9/10/1775 ;
-
Vicaire de Saint-Georges des Sept Voies du 15/10/1775 au
3/12/1776 ;
-
Desservant de Sobs du 24/12/1780 au 13/10/1783 ;
Curé
de .Longré du 14/11/1783 à janvier 1791.
C'est
l'Abbé de Saint-Florent de Saumur qui le présente pour
le faire nommer curé de Longré.
Sermenté
puis rétracté, il démissionne pour cause
d'infirmités le 2 août 1791 et se retire à Angers. Il
est présent le 17/3/1792 rue Sainte-Blaise après un
voyage pour affaires à Longré. Interné au petit
séminaire le 17/6/1792, il sera transféré à la
prison de la Rossignolerie à Angers le 30/11/1792 avec
les prêtres sexagénaires ou infirmes (la
suite à lire ci-contre).
Les
martyrs d'Avrillé, civils et religieux, au nombre de
99, furent béatifiés par le Pape Jean-Paul II le 19
février 1984. Parmi eux, douze prêtres seulement sur les
cinquante guillotinés. Mais le curé de Longré ne
figure pas dans cette liste...
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Marcel
Daniaud dans son livre « L'histoire de nos
villages, Couture d'Argenson, Salignac et leurs environs »
(page 207), relate la vie de l'Abbé François EDELIN.
Ce
résumé a été rédigé par M. Georges Berthu,
conseiller municipal à Longré :
«
François Gilles Edelin, né à Candé le 26 octobre
1738, fut curé de Longré du 14 novembre 1783 à
janvier 1791. Ayant prêté serment à la Constitution
civile du clergé, il se rétracta bientôt, puis démissionna
pour cause d'infirmités le 2 août 1791. Réfugié à
Angers, il fut arrêté et interné au petit Séminaire
de cette ville le 17 juin 1792, puis transféré à la
prison de la Rossignolerie le 30 novembre 1792 avec des
prêtres âgés ou infirmes.
Délivré
par l'avancée des armées vendéennes le 18 juin 1793,
il alla se réfugier chez son frère Henri, chanoine de
Saint-Pierre Montlimart (Maine et Loire). Il passa la
Loire et suivit les Vendéens dans la campagne dite de
« la virée de Galerne ». Caché aux
environs d'Angers après le siège de cette ville, il
fut arrêté par les Hussards à la Roche d'Erigné le 8
décembre 1793.
Son
sort fut rapidement scellé : traduit le même jour
devant le Comité Révolutionnaire, il est renvoyé à
une Commission militaire devant laquelle il comparaît
le lendemain. Celle-ci le condamne aussitôt à mort
« pour intelligences avec les Brigands de la Vendée ».
Il est guillotiné le soir même, 9 décembre 1793, à
cinq heures, sur la place du Ralliement à Angers
». |
Longré,
prise de possession du curé pendant la Révolution
Jean
François Marchive, cordelier, prêtre, ancien
vicaire de l ‘église Saint-André de la ville de
Ruffec
Extrait
du registre tenu pour les prises de possession de la cure de
Longré
Aujourd’hui,
8 avril 1792, an quatrième de la liberté, jour de Pâques,
le conseil municipal de ce lieu assemblé au lieu de ses séances
ordinaires, Jean André Jousse, premier officier municipal,
faisant les fonctions de maire sur la démission de Pierre ( ?)aon,
s’est présenté le sieur Jean Marchive, prêtre, ancien
vicaire de l ‘église Saint-André de la ville de
Ruffec, nommé à la cure de Saint-Pierre par le procès-verbal
de nomination de l’assemblée électorale du District de
Ruffec, département de la Charente, en date du 2 de ce mois,
lequel nous a présenté le brevet d’institution canonique
à lui accordé par monsieur Joubert, évêque du département
de la Charente, le 3 de ce mois.
Signé
Joubert, déclarons vicaire secrétaire, en conséquence a
requis la municipalité de le mettre en possession de la dite
cure de Longré. Et de suite, ce corps municipal en présence
du procureur de la commune, à sa réquisition, s’est
transporté en l’église, et avant la célébration de la
messe, en présence des fidèles assemblés, Monsieur Marchive,
curé, à juré de veiller avec soin sur les fidèles de la
paroisse qui lui est confiée, d’être fidèle à la nation,
à la loi et au roi, et de maintenir de tout son pouvoir la
constitution décrétée par l’assemblée nationale
constituante aux années 1789, 1790, 1791 et acceptée par le
roi, le tout en conformité de la proclamation du roi sur le décret
de l’assemblée nationale d 24 août 1790 et du 12 juillet
précédent, et de la loi du 26 juillet suivant, aussi rendue
sur un décret de l’assemblée nationale du 27 septembre précédent.
Fait clos et arrêté le présent procès verbal les jours
auxquels dessus ont signé Marchive, curé de Longré, Jean
André Jousse, officier municipal, Jacques Sylvestre procureur
de la commune, Bouquet officier municipal, Jacques Sylvestre
greffier.
Nous
officiers municipaux de la paroisse de Longré certifions que
la présente copie est conforme à l’original, Bouquet,
officier municipal, Jean André Jousse, officier municipal.
Source :
AD16
Nota
: Jean
François Marchive sera prêtre à Longré de 1793 à 1803 et
de 1807 à 1830.
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