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L'église Notre Dame de La Chèvrerie

 

Il n'y a plus de vieille église à La Chèvrerie, car Notre Dame fut érigée par les habitants de 1903 à 1905.

 

Avant la Révolution, la paroisse de la Chèvrerie était une annexe de celle de Villefagnan.


Il existait jusqu'au commencement du XXe siècle une chapelle dans le cimetière de La Chèvrerie. Elle fut desservie jusqu'à la Révolution par le curé de Villefagnan, puis à partir de 1802 par le curé de Bernac, entre autres. Elle était encore visible en 1920 selon "La semaine charentaise du diocèse d'Angoulême" mais : "La vieille cloche toujours existante dans le campanile de l'ancienne église en ruines ne porte aucune inscription qui soit lisible".

La chapelle primitive était visiblement très modeste

Elle se situait dans le cimetière et "avait 13 mètres de longueur intérieure et 5,62 mètres de large, ce qui fait en chiffres ronds 73 mètres carrés de surface". Mais son mauvais état et la volonté des habitants l'ont fait remplacer par une église érigée de 1903 à 1905. 

Une histoire peu banale que, grâce à la perspicacité de Jean-Marie Sicaud, ancien maire de La Chèvrerie,  le Groupe de Recherches Archéologiques et Historiques de Villefagnan (GRAHV) et avec le soutien de la municipalité actuelle, a pu mettre à la disposition de tous au travers d'un ouvrage disponible à la mairie de Villefagnan.


Mais avant d'aborder cette belle histoire, un petit retour vers l'ancienne chapelle s'impose !

Elle était donc mal entretenue : déjà le 28 mars 1778 : "J’ai reçu, Monseigneur, votre ordonnance sur le compte de la chapelle de La Chèvrerie. Votre grandeur connaît à présent, et les choses qui y manquent, et l’état d’indigence où elle se trouve. J’ai prévenu les habitants que mon vicaire n’irait point y commencer le service jusqu’à ce qu’ils aient exécutés l’ordonnance de sa grandeur. Néanmoins, si elle exige qu’on y aille tout de même, dès le premier mai, j’y enverrai mon vicaire.

Monseigneur, Votre humble et très obéissant serviteur, Le Pelletier curé de Villefagnan.


"Villefagnan le 17 juillet 1779

Monsieur (sans doute la personne en charge des affaires temporelles de l’évêché).

M. Tulas subdélégué de M. l’Intendant à Ruffec, m’écrit aujourd’hui qu’il se transportera demain en quinze jours à La Chèvrerie pour adjuger le bail au rabais des réparations de la chapelle qu’il ne considère pas comme une chapelle, mais comme une église paroissiale. Ces réparations, monsieur, se montent suivant le devis estimatif qui en a été fait à la somme de 940 livres pour les décimateurs, c’est-à-dire pour Monseigneur l’Evêque seul décimateur ecclésiastique dans cette partie. Il m’a semblé expédiant de vous en avertir, monsieur, et comme il n’y a pas de temps à perdre, je me diligente de le faire. J’ai l’honneur d’a… avec respect. Monsieur Votre humble et très obéissant serviteur, Le Pelletier, curé de Villefagnan."


"Villefagnan le 24 juillet 1779

Monsieur, Il me paraît que vous n’avez pas pris du bon côté l’avertissement que j’ai eu l’honneur de vous donner au sujet des réparations de La Chèvrerie, et il est étonnant que vous n’ayez pas vu qu’en vous donnant cet avis, je visais uniquement aux intérêts de Monseigneur… 

Un prêtre de La Chèvrerie, sur la distance où elle se trouve de Villefagnan (en raison de son éloignement de villefagnan), fit offre à ses concitoyens de leur dire la messe, et de faire leurs enterrements, s’ils voulaient faire les frais d’avoir une chapelle et un cimetière, ce qui eut lieu et fut continué par un autre ecclésiastique aussi de La Chèvrerie. Les habitants ont depuis veillé à l’entretien de cette chapelle qui est toute d’une venue et où il ne se trouve rien absolument qui puisse indiquer : c’est là la nef, c’est là le chœur (cette remarque du curé Le Pelletier pour dire que l’on ne pourra que difficilement partager les frais en vertu de cette règle du droit canon : la nef à la charge des habitants, le chœur à la charge des décimateurs).

Je sais, et Monseigneur se rappelle que lorsque les habitants lui demandèrent de leur faire dire la messe les jours fériés, ils obéirent de fournir les choses nécessaires au service divin, et il n’y avait alors ni «fonds baptismaux», ni tabernacle, ni ciboire dont la custode donnée par Sa Grandeur pourrait tenir lieu aujourd’hui. 

J’ai des registres de plus de cent ans, vu dans les actes, La Chèvrerie est dite être dans la paroisse de Villefagnan, et les habitants se sont pourvus pour faire les réparations, espèrent du tout point que Monseigneur y contribue d’autant qu’il le voudrait bien. Malgré tout cela, Monsieur, Sa Grandeur doit-elle laisser faire, sans mot dire, une adjudication et un rôle par ordre du Conseil, où qu’elle soit imposée pour la somme de 940 livres 9 sols. Il m’avait semblé que non et nul autre motif ne m’avait induit à vous écrire. Vous me permettez de dire que ce ne sera point en cherchant à me persuader que cette affaire me regarde aussi, que vous veillerez à détourner le nuage. Cette chapelle est-elle annexe ou bien succursale de l’église de Villefagnan ? 

C’est à vous maintenant à en juger. Ce que je sais, c’est que par la tournure que l’on a donné à la besogne, elle a passé à l’Intendance et passera sous peu au Conseil pour une église paroissiale. D’autres affaires survenues à M. le Subdélégué lui ont fait renvoyer cette adjudication au troisième dimanche d’août. Le Pelletier curé de Villefagnan (qui s'inquiète d'un possible changement de statut de cette église et de ses revenus).


Une nouvelle église

L'histoire qui suit, rapportée par Jean Sicard, maire à l'époque, est peu commune.

 

  

L'église en 2005

Ériger une nouvelle église, quand le Parlement discute de la séparation des Eglises et de l’Etat, démontre la détermination du maire de la Chèvrerie, Jean Sicard, et de ses concitoyens. 

L’histoire débute le 21 décembre 1900 avec la mort de l'Abbé Mareschal, 48 ans curé de Bernac, Saint-Martin–du-Clocher et La Chèvrerie.

L'Abbé Baylot, curé de La Faye, assure son remplacement et dit la messe à 9 heures le 25 décembre 1900 à La Chèvrerie - une révolution pour les fidèles qui se contentaient de vêpres - le signal de départ d’une « croisade » pour un desservant, une messe chaque dimanche matin… et une nouvelle église.

Le 14 juillet 1921, Jean Sicard, maire depuis 1893, décide à 74 ans de conter cette histoire. Il noircira 50 pages d’un cahier d’écolier conservé à la mairie.

 

"Nous décidions qu'une église d'une superficie de 120 mètres carrés serait suffisante pour la population de La Chèvrerie. Je mis les dimensions suivantes : longueur dix sept mètres, largeur sept mètres".

Le Groupe de Recherches Archéologiques et Historiques de Villefagnan (GRAHV) a mis ce récit à la disposition de tous au travers d'un ouvrage disponible à la mairie de Villefagnan.

L'intérieur de l'église se veut très simple, une fausse voûte de lambris, des murs en pierre apparente...

La cloche Marie Jeanne Mathilde fut bénite  le 11 novembre 1932. Une clochette, sa réplique exacte, fut offerte au parrain et à la marraine, de même que des dragées en boite et en cornet.

Le premier autel avait été acheté à Tusson. Il provenait de la chapelle de l'ancien couvent (selon Jean Sicard).

Le bénitier provient de l'ancienne chapelle de la Chèvrerie (selon Jean Sicard).

 

La première messe fut dite le 1er janvier 1906.

 

 

Le maire Jules Sicard et le curé Laguës devant leur nouvelle église.

La messe du centenaire fut dite le 8 janvier 2006.

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